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Vracadam

Publié le par Buster Casey

Bonjour à tous !

C'est le retour en terre sainte, le temps d'une petite bafouille histoire de me changer les idées de mes élucubrations metalliques et, surtout, de virer les pubs qui empuantissent ma page du fait de mon inactivité sur ce blog. Comme quoi, à la moindre faiblesse, les marchands du temple investissent la place. Nous sommes bien peu de choses...

- Ma page dédiée au metal se porte bien. J'ai pris la décision de laisser tomber la régularité de parution, après deux ans de tentatives acharnées à créer un rendez-vous fixe. Compte tenu de la quantité de vues que cela génère (et je ne parle même pas des commentaires), je n'ai pas senti l'intérêt de m’arracher à les pondre à toute berzingue pour une deadline à la con et m’empêcher de pratiquer d’autres activités, personnelles mais passionnantes. Alors, à ce niveau de lecture, je vais préciser plus en avant le « se porte bien » de début de paragraphe, moins évident d’un coup. Je continue malgré tout ma prose heavy avec un plaisir certain et le fait de pouvoir prendre mon temps est plus qu’appréciable. Quand à mes lecteurs… Ben, certes, il n’y a vraiment pas de quoi crâner mais bon… On va dire qu’il y a du passage, c’est toujours ça.

- La fin d’année m’ayant particulièrement gâté en terme de jeux vidéo, je crois avoir de quoi m’occuper pendant quelques longs mois. J’ai ainsi pu me plonger toute terreur dehors (du fait de quelques cris poussés malgré moi, cris que je précise comme extrêmement virils néanmoins, je ne veux pas de doutes là-dessus !) dans Dead Space et Dead Space 2, deux excellents jeux d’horreur pure, proposant un contenu graphique assez inédit en termes d’abominations visuelles et déferlements gores. C’est bien simple : je crois qu’ils s’agit des jeux les plus dégueulasses auxquels j’ai pu jouer. Les hardcore gamers se gausseraient probablement devant ma franchise de noob et s’empresseraient de me sortir une horreur en provenance du Japon, ridiculisant les « pauvres » nécromorphs que j’ai découpés, tranchés, décapités et écrasés de ma botte rageuse des heures de jeu durant. C’est ainsi, après avoir repeint de vermillon 70% des décors du jeu, que j’ai aussi pu frissonner devant un scénario citant ses aînés avec déférence (même si un peu plus de tenue dans le deuxième épisode aurait été bienvenu) mais comportant son lot de scènes cultes/impressionnantes/effrayantes/gerbantes. Petits plus non négligeables, l’absolu noirceur de l’histoire générale, n’hésitant pas à malmener le héros jusque dans sa santé mentale, et une bonne claque derrière la nuque à tous les fanatismes religieux. Quand Alien rencontre The Thing… Un résumé qui s’applique mot pour mot pour Spec Ops : The Line, hormis qu’il n’y a aucun monstre, ni vaisseau spatial en perdition, ni S-F d’aucune sorte. Le jeu vous met dans la peau d’un chef d’une équipe de reconnaissance envoyée à Dubaï, dévasté par une tempête de sable cataclysmique. Parti pour localiser un mystérieux signal radio au milieu des ruines, le trio va s’enfoncer dans les ténèbres. Si la partie technique est excellente (l’ambiance sonore globale est exceptionnelle), c’est la remarquable qualité du scénario qui fait la différence. D’un classique shoot à la troisième personne, l’histoire tire nos personnages (et le joueur) dans un abîme sans fond. D’une violence absolument inouïe et ne se refusant aucune image choc capable de vous hanter bien après avoir éteint votre ordinateur, The Line vous met surtout face à vous-même et à vos choix. Dans un univers vidéo ludique étouffé par les Call Of Duty, Medal Of Honor et autres Battlefield où le décanillage en batterie de pixels vengeurs est monnaie courante, ici, chacune de vos actions aura des répercussions. Et comme le jeu vous obligera toujours à choisir entre la peste et le choléra, chacune de vos décisions vous enfoncera encore plus dans l’abject. A vous de vivre avec par la suite… Une apnée qui trouvera sa conclusion dans un twist d’une perversité abominable, remettant en cause tout ce à quoi vous venez de jouer. Depuis le suicide final de Far Cry 2, je n’avais jamais vu ça ! Comme quoi, quand les studios ont des couilles ET un cerveau, on peut ressortir aussi secoué de son jeu que d’un film ou d’un livre. Chapeau !

- Mon visionnage de films avance toujours, tant bien que mal. Je suis fièrement à la lettre C qui ne devrait pas tarder à capituler devant mon intraitable volonté. Cette méthode de visionnage provoque toujours autant de lever de sourcils de mes petits camarades mais bon… Au bout du bout, j’aurai vu une quantité de films dont ils n’ont pas idée. La seule embûche est celle tendue par les films déjà vus : dois-je les revoir ? J’avoue que j’en profite pour en revoir quelques uns (les films de Dupontel, par exemple…) mais pas tous, sinon, j’en ai pour cent ans ! Une méthode rigide mais qui me fait découvrir des petites perles comme Le Complexe Du Castor (au point de départ « plus casse-gueule, tu meurs ! »), Les Côtelettes ou le diptyque Cold Prey (pas vu le 3 par contre…). J’ai aussi pu apprécier à ma grande surprise Constantine avec Keanu « j’ai une paralysie faciale mais je m’en sors bien quand même » Reeves pour une série B remplie de défauts mais très attachante au bout du compte. Que demander de plus ? Ceci dit, comme je suis allé changer mes verres de lunettes une heure après, mon jugement a pu être faussé. A revoir alors avec ma nouvelle vue.

- Ma consommation de CDs reste en constante augmentation. Un rythme qui désespère mon banquier mais fait le bonheur de mon disquaire et de Ikea. Un rythme qui m’interroge aussi sur moi-même : aime-je autant la musique ou ces achats sont-ils simplement compulsifs ? Au lieu de me gaver de chocolat et de prendre trente kilos, au lieu de claquer mon épargne en prostituées, au lieu de dépenser mon bas de laine sur des canassons dans la cinquième avec Royal Manifico à dix contre un, au lieu de prendre un crédit sur vingt ans pour assouvir ma passion de vieilles bagnoles, au lieu de couler mon salaire dans le fond d’une bouteille… J’achète de la musique ! Physique ! Avec le CD dans son boîtier et tout. Mais quand je regarde mes (nombreuses) étagères remplies, que je passe dix minutes à savoir quoi écouter pendant que je vais boire mon thé le matin et que je (re)découvre avec surprise des groupes que j’ai achetés deux mois avant… Ne serai-je pas victime d’un TOC ? L’achat compulsif n’aurait-il pas dépassé l’achat plaisir ? Je sais qu’il y a une crainte absurde de ne pas savoir, de rater un train, de ne pas « être dans le coup » si je n’arrive pas à écouter les nouveautés du moment. Mythe de Sisyphe musical érigé en mode de vie, je sais bien que la course est truquée, la ligne d’arrivée s’éloignant toujours plus vite que ma course, et que tout ça ne sert strictement à rien. Je continue à penser que la musique est un des meilleurs médicaments au monde, capable de soigner bien des maux et de réparer provisoirement les cœurs brisés. Mais j’ai surtout peur de faire une surconsommation médicamenteuse, le genre qui finit par ne plus avoir d’effets à la longue. Et je dois avouer que cela m’arrive, à pousser un soupir quand devant un mur de disques, je suis incapable de faire un choix. Déconfit, j’ai l’impression de ne pas pouvoir trouver les notes adéquates à mon humeur du moment. Et mon humeur du moment n’arrive apparemment pas à s’accorder aux innombrables mélodies que je possède.

- J’ai terminé les cinq saisons de The Wire (stupidement traduit Sur Ecoute en français) et je pense qu’il s’agit d’une des meilleures séries de HBO. Réalisation, castings, scénario, acteurs… On touche au très très haut panier pour une série qui n’a jamais remporté de prix, une aberration totale mais compréhensible. Sur un canevas policier dont elle explose tous les codes, The Wire raconte le quotidien d’une ville, Baltimore, et ne le fait pas avec des gants. Si la lutte contre la drogue est le fil rouge à toutes les saisons, les créateurs/scénaristes montrent vite à quel point tout ceci est une farce. La force de cette série est de nous montrer des personnages d’une extrême complexité se débattant dans le bordel de leur vie et surtout de bien marquer la porosité de la frontière entre flics et trafiquants, dressant un parallèle effrayant entre les deux. Résumer en quelques lignes ce chef-d’œuvre télévisuel est impossible et ne servirait à rien de toutes manières : le public lambda a détesté, critiquant la complexité du show et son aspect anti-spectaculaire. Un comble quand je pense que ce doit être les mêmes qui se paluchent sur Game Of Thrones. Bref, si la boboisation télévisuelle ne vous a pas encore rattrapé, vous savez que vous pouvez découvrir une pépite exigeante mais remarquable dans son intégralité.

- Du coup, pour me changer les idées de toute cette noirceur, je me suis mis à Big Bang Theory et même si je dois avouer que je ne partage pas le culte précipité de certains de mes camarades (mais je n’en suis qu’à la saison 2) et qu’une certaine forme de systématisme geek peut m’agacer, quand c’est drôle, c’est supérieurement drôle.

- En soi, la dépression ne vous abandonne jamais vraiment. Que vous arriviez à la vaincre avec l’aide d’un spécialiste des boyaux de la tête ou seul par des moyens personnels (bon courage à vous !), cette maladie fera toujours partie de vous. Elle est comme une tâche indélébile qui vous souillera l’âme jusqu’à votre mort. A titre de comparaison rapide et déplacée, la dépression vous ampute de quelque chose d’émotionnel comme une mine vous ampute d’une jambe ou d’un bras. Si vous parvenez à sortir de cette brume, vous devrez vivre avec une absence définitive. Un trou au coeur, un entrain qui déraille, une joie en cendres, une force à l’abandon, une fadeur généralisée… La dépression plante d’innombrables graines dans votre cerveau et votre cœur, vous étouffant et vous écorchant de leurs nombreuses racines et épines une fois ses fleurs poussées. La dépression vous épuise, vous décourage, ne vous fait plus penser droit. Il n’y a pas de vainqueur dans cette bataille, au mieux un armistice, une trêve unilatérale insignifiante, les combats pouvant reprendre d’une minute à l’autre. Et si elle n’a pas votre vie, elle aura quand même votre peau, celle-là même dans laquelle vous flotterez, hagard, exsangue, coquille vide sans but ni lieu. Elle aura le visage de votre boss, de vos voisins, de votre femme, de votre conjoint, de votre ex… Ce sera l’écran de votre ordinateur, votre bureau, votre lieu de travail, votre travail, l’écho de votre voix dans le silence. Elle sera l’absence de celui ou celle qui ne sera jamais là. Elle sera la place vide de celui ou celle qui ne sera plus là. Elle est l’inachevée, le résultat qui n’aura jamais lieu, l’échec avant la tentative. Elle est votre reflet dans le miroir, à coté de vos envies et rêves inaccessibles. Gagner est possible mais il s’agit d’une victoire quotidienne demandant énormément d’efforts, le bonheur étant une salope toujours insatisfaite. J’envie ceux qui ont la chance de ne pas croiser sa route ou ont assez de force pour la repousser au loin.

- Depuis quelques jours, je fête des départs. Des départs à la retraite, des départs démissionnaires, des départs précipités, des départs vers d’autres lieux et contrées. Ironie du sort, tout cela s’est concentré sur quatre jours. Des collègues de boulot avec qui j’avais lié sympathie et respect. Des carapaces qu’il a fallu percer avec tact et patience, des deux côtés d’ailleurs. Je suis peut-être un grand sentimental mais quand je « perds » un membre de mon entourage, j’ai, au fond des tripes, ce petit sentiment d’abandon, presque de trahison. Rien non plus de psychologiquement traumatisant, mon pessimisme et mon défaitisme naturels se chargent de laisser paisiblement suppurer tout ça, histoire d’avoir une belle cicatrice une fois la douleur partie. J’ai appris à me résoudre à beaucoup de choses, même si je ne les accepte pas. Et pourtant, j’ai accepté que mon cœur parte en morceaux épars que je ne récupérerai jamais. J’ai accepté que mes nerfs finissent en miettes. J’ai relevé le défi de balayer dans un coin mes rêves brisés, comme je le ferai probablement pour les derniers encore intacts. J’ai accepté de vivre avec mes semblables humains, au sacrifice de mes émotions. Et de temps en temps, enivré d’une bouffée démentielle de prétention, je me prends à croire que tout ceci, cette vie terne que je m’oblige à supporter, est une forme de courage. Parce que dans tout ce que je m’obstine à faire volontairement de travers, il y a une rébellion, une revanche ironique. Mais…

- Là, maintenant, à la rédaction de ces lignes, c’est une personne spéciale qui va partir loin. Trop loin. Et j’ai beau digérer cette certitude depuis déjà bien des jours et des semaines, je ne sais pas quelle sera la partie de moi, la partie de mon cœur, la part d’humanité que je vais devoir accepter d’arracher et de perdre une fois la chose devenue tangible. Car ce que vous apprenez dans votre vie minable, c’est que dans ce tombeau d’ordures qu’est le monde, il existe malgré tout des personnes qui, à la différence de leurs congénères bons pour l’abattoir, dégagent une lumière. Même s’ils n’en ont pas conscience, même si leur vie est aussi faite d’embûches et de cicatrices à soigner, leur contact vous élève, vous rend meilleur, vous pousse à sortir de votre léthargie. Parce que, sans vous en rendre compte, vous ne voulez pas les décevoir. Même quand votre tête fait des nœuds. Même quand vos démons vous tirent vers le bas. Il existe des gens qui vous aiment véritablement, qui croient en vous, qui ont mal quand vous souffrez, qui balaient votre cynisme et votre bouclier et vous permettent pendant un instant, un bref instant, de toucher le bonheur.

 C’est ce phare qui va partir après m’avoir accompagné et éclairé le chemin pendant tant d’années. C’est ce phare qui va désormais aller toucher d’autres personnes, répandre ce bien-être à d’autres âmes perdues mais qui ne le savent pas encore. Et c’est à moi, désormais, d’apprendre à évoluer dans le noir en essayant de ne pas me casser la gueule. Car, même si mon monde intérieur est en charpie et que mon cœur n’a plus assez de place pour une nouvelle cicatrice, ceci n’est pas un abandon, ni une trahison.

 Juste un au revoir.

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seb 01/06/2014 14:45

Personnellement, j'aime bien ta façon de regarder des films. Ca t'oblige à te pencher sur celui qui est la mais qu'on remet toujours a plus tard parce que ce n'est pas le bon jour, pas la bonne humeur ou parce qu'un autre nous tente plus.
Ceci dit, j'ai quand meme vu cold prey ( les deux premiers), le complexe du castor et j'adore Constantine ;)

Custer Basey 01/06/2014 15:45

Ah !!! Enfin quelqu'un qui me comprend !!! :)