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Occasion manquée

Publié le par Buster Casey

 Je ne sais pas à quel moment je suis passé à côté. A quel moment j’ai raté mon tour. A quel moment ton regard s’est éteint, ton sourire devenu poli, tes mains respectueuses des distances. J’ai beau connaître le chemin, la destination, le terminus, cela n’enlèvera rien au gâchis perpétuel de cet ensemble. Car après force jérémiades, peine, tristesse, larmes ravalées, boule dans le ventre, j’en serai toujours au même point. Le porteur d’eau. Le con de l’histoire. Le témoin du bonheur des autres. Mais est-ce que je ne me trompe pas moi-même ? Suis-je tant demandeur de ce bonheur ou est-ce la position de l’éternel malheureux qui me manque ? J’attends ce moment, ce geste de ta part qui me permettra d’embrayer ma machine, incapable chronique du premier pas que je suis. Mais je sais surtout que ce qui arrivera sera ce moment où mes chances seront balayées par une remarque innocente, un sms de trop ou une annonce sans rien de méchant. Une brise suffisante à renverser mes fragiles remparts, mes rêves taillés de cristal, mes fantasmes de fumée. Je sais que ça me tombera dessus au moment où rien ne semblera l’annoncer, une entaille qui se fera dans le calme, un sourire aux lèvres, sans méchanceté, je le répète. Juste avant un évènement heureux, un repos mérité. Juste de quoi le foutre en l’air par une immense vague de tristesse, de dégoût et de mal-être. Que serai-je en train de faire, à quoi serai-je en train de penser ? Plutôt le matin, le soir ? A quel moment exact vas-tu me fendre le cœur ? Combien de temps mettrai-je à avaler ma colère sans rien dire, conscient que rien ne peut t’être imputé dans cette histoire, innocente des malheurs que je m’inflige ? Je ne sais même pas ce qui me fait le plus mal dans cette histoire : savoir que j’aurai pu te prendre dans mes bras ? Savoir que j’ai été écarté au profit d’un concurrent misérable ? Savoir que je n’avais aucune chance en fin de compte ? M’en vouloir d’être tombé dans un piège grossier que j’évite pourtant depuis des années ? Ma soudaine faiblesse d’être à ce point retombé dans ces travers ? Ou de savoir que, pour aller mieux, je vais de nouveau m’empâter, me renier, me réfugier pour m’oublier ? J’aimerai tellement le tenter avec toi. Me pousser à devenir quelqu’un de meilleur. Et reposer la bête qui rugit dans ma poitrine.

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