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Des fois, je m'emballe tout seul...

Mardi 20 octobre 2009

 A l'heure où on nous gonfle avec des artistes à deux balles découverts grâce (ou à cause) d'internet (Sliimy, Lorie, PQZ et j'en oublie sciemment), il serait peut-être temps de vous ouvrir les oreilles et de faire en sorte que la radio et la télévision ne deviennent pas uniquement vos robinets à culture tiède. C'est pourquoi, grâce à (et non pas à cause de) ce blog souffreteux et de son maître à penser qui ne l'est pas moins, je me consacre à essayer de vous ouvrir les sens à l'inédit. Puisque le web devient le nouveau réseau pour découvrir des artistes, ce serait nouille de ne pas suivre le courant, même si je sais pertinemment que ces précieux musiciens n'ont aucune chance de finir dans vos oreilles. Pas grave, j'avais besoin d'un sujet de post de toutes façons...

 Donc, là, je vais vous parler de Steve Von Till. Qui ? Lui, sur la photo.


 Oui, vu comme ça, on imagine bien le gars assagi qui vient de se faire une crise de narcolepsie sur sa guitare alors qu'il reprenait du Johnny Cash. Et vu sa barbe, il a l'air d'en écraser depuis un moment, le bougre. Bon, passé cet instant de déconne, redevenons sérieux. Ce brave gars concentré sur ses notes fait surtout parti d'un groupe culte. Pas "culte" dans le sens connu de trois aficionados et auteur d'un album maudit. Non, là on parle de "cuuulte", le genre de groupe sorti de nulle part et qui a fait trembler les fondations du metal par une attaque sonore sans précédent. Ce groupe, c'est Neurosis. Et pour l'attaque sonore, c'est à portée de clic :



 L'air de rien, Neurosis, à force de travail et de tournées, a su se créer un style propre, fait d'apocalypse, de mysticisme et d'émotions décharnées. Sous ce torrent de violence couve une musique à fleur de peau, parfaite construction sonore progressive et tragique. C'est perturbé, cru et à vif. On y entre à reculons et on en ressort pas forcement entier. Toujours est-il que Neurosis a influencé et influence encore nombre de groupes tragi-musical (Cult Of Luna, Isis, Mouth Of The Architect, Minsk...). Ses membres, extrêmement discrets, sont respectés par tous pour leur intégrité musicale. Scott Kelly, l'autre chanteur du groupe, a d'ailleurs poussé les cordes vocales sur les derniers efforts de Mastodon. Bref, même s'il ne vend pas des tonnes de disques de platine, Neurosis est un groupe majeur.

 Ce qui nous emmène à 2009 et à la sortie du troisième album solo de Steve Von Till, A Grave Is A Grim Horse. Un album à l'exact opposé de son projet prioritaire. Là où la furie règne chez Neurosis, Steve Von Till développe une ambiance majoritairement acoustique, limite folk. Peu d'effets, une guitare sèche, un violon, une batterie de temps en temps, un peu d'électrique mais pas trop, l'homme baigne dans une économie de moyens appréciable, d'autant que si la musique est plus calme, le propos ne bouge pas. Les atmosphères distillent une étendue de douleurs et de tristesse à peine croyable. Sombre est encore trop réducteur pour décrire justement l'émotion qui vous étreint à l'écoute de ces titres. Une émotion qui perce par LA voix de son chanteur : grave, profonde, éraillée... Une sorte de mix entre Leonard Cohen et Johnny Cash en attente de leur dernière cigarette. N'allez pas croire que cet album est suicidaire, il est simplement bouleversant. Évidemment, il est ardu d'apprécier pleinement ce son si vous faites la vaisselle ou si vous conduisez la vitre ouverte. Mais au casque et/ou dans une ambiance claire-obscure, c'est le carton plein. Von Till se met à nu et nous invite à une merveilleuse mélancolie. Alors ne soyez pas grossier, ça vous changera de ces merdes jetables que vous écoutez à longueur de temps...


 Bonne nuit...
Par Buster Casey
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Mardi 6 octobre 2009

Art


 Il y a des moments dans la vie où il se faut se rendre à des évidences. Et l'une d'entre elles est qu'on ne saura jamais tout. On ratera forcément des choses, on passera à coté d'un truc formidable même en faisant un tri énorme à la base. La probabilité de louper un morceau de bravoure culturel est grande, même si votre curiosité est infatigable et que vous essayez d'avoir l'oeil sur tout. Il faut savoir vivre avec ça, se dire qu'il y a de fortes chances que vous mourriez en ayant loupé une oeuvre majeure. En même temps, si ça peut vous consoler, 99% de la population mondiale mourra dans une bêtise crasse et une vacuité culturelle béante. Considérez-vous comme privilégié.

 Malgré tout, il y a des moments dans la vie où vous avez la chance de tomber sur une véritable perle, qui plus est par un média hautement méprisé par une frange d'intelligentsia imbécile. Ce média, c'est la bande dessinée. Cette perle, c'est De Cape Et De Crocs.

 J'avais abandonné la BD depuis plusieurs années. Je ne la suivais plus que d'un oeil et encore, la production ayant des titres qui n'avaient guère d'intérêt à mes yeux. A la place, je m'étais mis à dévorer un genre assez mis au rebut : le roman policier. J'en ai lu des tonnes, découvert des auteurs incroyables et n'ai cessé d'y replonger. Lorsqu'un jour, une personne digne de bon sens a eu la fabuleuse idée de me faire découvrir une nouvelle BD : La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires. Et c'est le choc frontal ! Du dessin à la profondeur de l'histoire, c'est un chef-d'oeuvre engloutissant tout sur son passage. L'auteur, c'est Alan Moore, sorte de Raspoutine génial de la BD. A la lecture de Watchmen, autre oeuvre de ce dingo, c'est un fait entendu : le huitième art peut faire naître des chefs-d'oeuvre absolus qui n'ont pas à rougir face à la concurrence "littéraire".

 De Cape Et De Crocs suit cette lignée. Progéniture de Masbou et Ayroles, cette oeuvre est un parfait enchantement, une sorte de miracle prodigieux. De la qualité des dessins (qui n'auront de cesse de s'améliorer) à la qualité de l'histoire, DCEDC est une expérience comme on en lit peu en BD. Chant d'amour aux films de cape et d'épées (on s'en serait douté !), à la bravoure et l'héroïsme, aux héros plein d'honneur et aux amours chevaleresques, au théâtre et à la littérature classique, à la poésie et à l'humour précieux, DCEDC truffe son intrigue de mille et une references sans tomber dans l'hommage poussiéreux mais toujours avec truculence et dans une grande aventure picaresque. Les rebondissements s'enchaînent sans temps mort grâce à une mise en page percutante et on est bercé dans un récit constamment surprenant et superbement construit. Et qui oserait encore écrire aujourd'hui des dialogues aussi touchants et justes sans tomber dans le ridicule :

 - Bravo, Don Lope ! Vous êtes un héros !
 - Un héros n'aurait pas eu peur.
 - En ce cas, vous fûtes bien plus qu'héroïque... Vous fûtes courageux.

 Ben, personne ! Ou encore :

 - Vous n'êtes donc pas si lâches, vous qui risquez vos vies, l'un par amour, l'autre par amitié ! Allons ! Filez, héroïques pleutres !

 Sans oublier une des plus belles :

 - Promettez-moi de me revenir sain et sauf !
 - Hélas ! Cher ange, je ne saurais faire une telle promesse ! Je puis en revanche vous promettre, si vous m'offrez un sourire, de ne jamais égarer ce merveilleux présent !

 Bref, à moins d'être jeune, lycéen, étudiant, analphabète ou tout simplement con, il est absolument impossible de ne pas mettre un genou à terre devant cette oeuvre complète et absolu, à ranger près d'Astérix, dont elle a de fortes parentés. Il y a de fortes chances de ne pas tout connaître dans la vie. Il serait toutefois ballot d'en louper une quand l'occasion se présente.

 En gros, soit vous aimez, soit vous êtes déjà mort...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey
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Mardi 22 septembre 2009

 Ma télé est allumée. Elle ronronne en débitant sans fatigue une nombre incroyable de conneries. Là, au moment où j'écris ces lignes, j'ai trouvé un petit havre de paix dans la rererediffusion de Dr House, une des meilleures séries américaines de ces 20 dernières années. Mais ces moments de quiétude sont rares. Les (bonnes) séries sont diffusées à des heures ignobles (qui a vu la saison 2 de Heroes d'ailleurs ? Et des Sopranos ? Et si je vous dis Six Feet Under ? Non ? Personne ?), revues jusqu'à la nausée (Les Experts en ligne), passées dans un désordre à faire peur (TF1 pour Les Experts qui diffuse la conclusion d'une longue enquête dimanche et le début de celle-ci... la semaine d'après !) et balancées comme des promos de Franprix (des grappes d'épisodes de deux ou trois). Le reste du paysage audio(aïe !)visuel(aïe plus fort) est à l'avenant. Reality Show désastreux (maintenant les candidats meurent, c'est trop lol !), débats creux, émissions de divertissement à se tailler les veines, reportages de voisinage atterrants, présentateurs prétentieux et ignorants, brosse à reluire à tous les étages ou flingages en règle tout aussi vide de sens...

 En gros, ma télé sert majoritairement à visionner mes DVDs. Sauf une grosse exception. Groland.

 Association de malfaiteurs divers réunissant des anciens de l'équipe d'écriture des Nuls, des Guignols, des dessinateurs et autres paumés trouvés au fur et à mesure du temps passant, Groland est leur création, un pays fantasmatique, un Monaco en plus riche et en plus pleutre, aux dires de ses créateurs. Je n'ai pas l'intention de me lancer dans un historique de ce phénomène, de la genèse à aujourd'hui. Ce n'est pas le but et je ne suis pas assez informé pour le faire. Mais c'est juste pour dire...

 On trouve la télé vulgaire et elle l'est. Ne serait-ce que les candidats de Secret Story 3, on a dépassé tous les stades du crétinisme télévisuel. La télé n'a plus de limites, tout est gras, bête, par le bas et, paradoxalement, rien n'a jamais autant été politiquement correct. Les humoristes "subversifs" racontent tous la même chose (les femmes, la vie en couple, le comportement des gens, ils égratignent le quotidien et blablabla...) et choquent les plateaux de Michel Drucker par leur impertinence. Ou alors, ils sont justes bêtement vulgaires histoire de choquer le bourgeois mais comme ils n'ont aucun fond, ben... ils sont doublement vulgaires.

 Je ne vais pas vous faire une démonstration fine en vous faisant passer Groland pour ce qu'il n'est pas. Oui, c'est grossier, parfois vulgaire, très bête, très con, gratuit et surréaliste. Mais eux le font sans arrière pensée. Ils sont juste des fils bâtards et spirituels du Professeur Choron et de toute la clique d'Hara-Kiri. Un humour bête et méchant, punk, rock'n roll et qui ne s'arrête à aucun tabou, aucun doigt dans le nez, aucune blague pipi-caca... Juste parce que ça les fait marrer. Et aussi parce qu'ils font partie des rares à la télévision à aimer réellement les vieux. Certes à leur faire faire des sketchs atroces, à les foutre à poil, à leur faire réciter des horreurs et à les coller dans des situations inimaginables mais derrière je pense qu'il y a une affection profonde pour des gens très souvent laissés pour compte. Ensuite parce Groland sait reconnaître les siens, d'où qu'ils viennent. Ils ont rendu un hommage émouvant à Guillaume Depardieu (bref mais émouvant) ainsi qu'à Carlos, comique oublié et dénigré par la grande presse, mais considéré comme un "vrai" Grolandais.

 Car, succès grandissant, devenir citoyen grolandais est aujourd'hui très recherché. De même que la vignette "GRD - Je mourrirai pour toi" à coller sur la vitre arrière de la voiture (et dispo gratuitement par Internet). De même que les jumelages de village français avec Groland, le dernier ayant eu lieu dans la région Picarde avec installation du consulat Grolandais (une cabine de bain). Aujourd'hui, Groland est devenu, calmement, un vrai morceau de notre culture. Et dans une télévision française toujours plus naze, une génération de comiques tous plus mauvais les uns que les autres (à savoir celui qui imitera le mieux Elie Semoun ou Jamel, le démago pas drôle), un politiquement correct qui progresse de plus en plus vite dans le n'importe quoi (profitez bien de pouvoir encore fumer CHEZ VOUS, ça ne va pas durer), Groland est un peu la brise d'air pur, la soupape de sécurité salvatrice à force d'être trop sérieux. Une brise qui sent peut-être le cassoulet et la bière mais ces gens ont choisi d'être volontairement cons pour notre salut mental. On ne va quand même pas faire les dédaigneux.

 Et histoire d'illustrer mon propos...

 



:)

Par Buster Casey
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Vendredi 21 août 2009


 Vous me connaissez : pas le genre à m'emballer pour un rien. Mais voilà un sérieux concurrent à Steven Wilson pour le titre de meilleur album 2009. Pourtant, celui-ci tape dans un genre assez différent, plus costaud et plus "metal". Malgré tout et puisqu'il s'agit de mon blog je fais ce que je veux, il me semble difficile voire impossible de ne pas parler un peu de cet album qui, avec celuiquevoussavez, me met le coeur en pièces à chaque écoute. Je vous entends râler : "Rôô la grosse chochotte, il nous verse une larme tous les deux albums !". Oui... mais je pourrai aussi vous parler de Cannibal Corpse ou Deicide. Mais je préfère plutôt perdre mon temps à vous expliquer que Isolation est une perle, un condensé miraculeux de rage et de spleen, de mélodies fragiles et de riffs bastons, de chant hardcore et de voix claires splendides. Déjà auteur d'un Guided By Fire de fort bonne facture, Ghost Brigade met la barre trèèès haut sur ce deuxième effort. Sorte de Cult Of Luna plus pop mais tout aussi dramatique, Isolation Songs mettra à nu vos sentiments les plus sombres et les plus tristes sans pathos ou vocaux niais. Si l'on omet un chant hurlé proche d'un Lemmy enrhumé et des textes parfois un peu abscons, la musique d'une haute tenue en terme de mélodicité et monstrueusement émotionnelle sera votre compagne lors des longues nuits sans lune. A garder délicatement près de votre coeur endolori.

Par Buster Casey
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Jeudi 23 juillet 2009

Tag

 Grand retour du tag aujourd'hui grâce à ma tagueuse en chef, Mââme Lizly. Un questionnaire sur les chiffres (encore) un peu plus sensé que le précédent (ce qui n'était pas compliqué, avouez-le). C'est tipar !

 1. Le jour où tu as mérité un zéro de conduite.

 Ben, sans mauvais jeu de mots, le jour où mon père a essayé de m'apprendre à conduire. Nous étions dimanche sur un parking désert d'une grande enseigne. Et à vouloir faire le malin, j'ai dégommé une roue en tapant sur un renfort en béton (vous savez, là où ils plantent leurs arbres). Quelques milliersde francs de réparations et je n'ai plus touché un volant depuis. Et puis, il y a toutes les fois où je me suis comporté comme un con mais là, le post serait interminable.

 2. Pour ça, tu as un poil dans la main.

 Le rangement. Le ménage. L'organisation planifiée. Pour ça, ma pilosité est digne d'un yéti...

 3. Ce que tu fais en deux temps, trois mouvements.

 Assommer de paroles absconses mon interlocuteur. Écrire. Ranger mes Cds ou DVDs (dès que je les range). M'avachir sur moi-même (trop baléze sur ce point). Mon ancien boulot. Mais en fait, comme je suis quelqu'un dont la réflexion intensive est un véritable frein de vie, je suis pas rapide sur beaucoup de choses.

 4. Ce qui, tout compte fait, ne casse pas trois pattes à un canard.

 Le rangement. Le ménage. L'organisation planifiée. Inviter Cellequej'aime à boire un verre. Apprendre quelque chose, à cuisiner par exemple.

 5. Merci de nous éclairer sur la vraie recette du 4-quarts.

 Prendre quatre ingrédients et les mettre à part égale dans un truc fait pour. Ensuite, vous le cuisez dans un machin, vous le démoulez dans un bidule prévu pour ça et à la fin, vous le servez à ce qui vous reste d'amis (vu vos dons de cuisinier).

 6. Ce que tu ferais volontiers avant d'être six pieds sous terre.

 Le ménage, le rangem... ouais, non ça fait lourd, là. Dire à Cellequej'aime que je l'aime et que je donnerai tout pour rester avec elle le plus longtemps possible. Est-ce que je donnerai tout, je ne sais pas mais je le penserai au moment où je le lui dirai. Me faire éditer. Avoir des enfants.

 7. Ce que tu faisais le dimanche soir pendant 7 sur 7.

 J'apprenais sûrement mes premiers mots. Par la suite, je regardais une autre chaîne (Maguy sur la 2).

 8. Ce que tu fais tous les 36 du mois.

 Le ména... Inviter Cellequej'ai... Pfff...
 Être détendu et réfléchi. Achever tout ce que je commence. Commencer tout ce que je prétends échafauder. Arrêter d'être con et nombriliste. Essayer de me comporter en adulte raisonnable. Remercier mes amis, toujours auprès de moi malgré ce que je suis.

Par Buster Casey
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