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Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix

Dimanche 1 novembre 2009

 Elle est là, bien présente. Ma boule sur l'estomac.

 Pendant un moment, j'ai réussi à la tenir à l'écart. A l'éloigner de moi. A lui faire face. Mais à croire que je lui manque, elle revient sans cesse. Ce poids écrasant sur la poitrine, sur le ventre. Ce truc immatériel qui vous appuie et qui vous fait mal, un mal de chien. Entre la douleur de l'âme et la présence dérangeante. Cette boule que votre esprit vous fabrique tranquillement dans un coin de votre crâne et vous balance à l'instant adéquat pour réaliser un strike de toute beauté.

 Cette boule, c'est dedans et dehors. Elle est le fruit d'un travail patient d'évènements extérieurs qui laissent des traces. Des traces qui sont mixées, cuisinées et servies chaudes par notre psychologie intérieure, tout ça pour en faire un beau condensé de névroses, un vrai festin de stress qui feront la joie de vos intestins. C'est la recette miracle de peurs, de rêves brisés et de souffrances existentielles. C'est notre désespoir par le menu.

 Ma boule est faite de peur, d'angoisses passées et à venir, de plans sur la comète, d'amours déçus et d'un amour infaisable.
 C'est une transition qui se fait dans la douleur.
 C'est un blog muet.
 C'est Cellequej'aime.
 C'est Cellequej'aime avec quelqu'un d'autre, cet inconnu à venir qui me la prendra sous mes yeux.
 C'est moi impuissant, victime d'une injustice.
 C'est la difficulté d'être quand on se déteste.
 C'est un personnage créé il y a 17 ans qui ne veut plus partir.
 C'est une lutte incessante avec soi-même.
 C'est l'impossibilité d'être aimé quand on arrive à peine à se trouver des qualités.
 C'est la volonté de se laisser mourir parce que plus rien n'en vaut la peine.
 C'est faire mal à ceux qu'on aime parce qu'on paraît toujours ce que l'on n'est pas.
 C'est une fragilité et une hypersensibilité destructrices.
 C'est une haine qui flambe comme un feu de forêt.
 C'est être à la merci d'un destin sarcastique.
 C'est une quête désespérée de la paix intérieure.
 C'est donner des leçons et tirer la couverture à soi.
 C'est être le voisin de douleurs habituelles.
 C'est ne plus faire la différence entre ce qu'il y a derrière soi et ce qu'il reste devant soi, tellement le paysage est désolé et désolant.
 C'est être le témoin d'un monde qui va aux chiottes et du malheur de notre entourage chéri.
 C'est le nombrilisme, l'égoïsme et l'auto-affliction comme médaille et trophée.
 C'est savoir qu'on arrivera jamais à être heureux.
 C'est ne pas pouvoir trouver quelqu'un à qui dire qu'on en peut plus, que cette vie est épuisante et qu'on souhaite en finir au plus vite.
 C'est ne pas arriver à avouer qu'on a envie d'abandonner, dans un dernier acte privé.
 C'est se forcer à se lever tous les matins pour affronter une journée merdique et que l'on n'a plus de motifs pour le faire.
 C'est la peur, à tous les étages.
 C'est se demander quand arrivera le moment où je passe mon tour, où je quitte la partie pour me mettre à vivre et à aimer et laisser le malheur à un autre candidat.
 C'est le visage d'une fille que l'on aime. C'est la fabrication du fantasme de l'amour salvateur.
 C'est une suite de choix dont on ne se débarrasse jamais des conséquences.
 C'est savoir que notre malheur n'est rien par rapport à d'autres personnes mais que malgré tout, le notre est insurmontable.
 C'est essayer de changer...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey
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Vendredi 16 octobre 2009

 Cellequej'aimais m'a sorti des nuages pour me ramener à la réalité.

 

 Jusqu'alors, la grande confusion des sentiments n'était pour moi qu'une vague idée, un domaine fantasmé où je pouvais imaginer tout ce que je voulais. Les malheurs comme les bonheurs, tous étant extrêmes bien entendu car toutes les bonnes histoires portent en elles des sentiments extrêmes. Les contes de fée comme la majorité des films américains nous bercent dans cette illusion : tout doit être déchirant ! Et pendant longtemps, j'ai cru que souffrir donnerait lieu à une récompense car, comme dans toutes bonnes histoires, le mal est vaincu à chaque fois et le bien triomphe.

 Alors je portais mon coeur en bandoulière et je faisais la grande scène du IV à chaque pépin, grand comme petit. Je me persuadais que chaque histoire merdique que je pouvais vivre me donnait une sorte d'expérience qui me servirait pour la prochaine. Mais je restais dans mes nuages, dans mon pays des songes, le seul endroit qui me permettait de tenir le coup, chaque jour qui passait.

 Cellequej'aimais est entrée dans mon univers et m'a emmenée avec elle. Je n'ai pas été pris en otage, elle ne m'a pas forcée la main. Je l'ai suivi de mon plein gré (avec des réticences, on ne se refait pas). Et, en la suivant, j'ai alors découvert la véritable confusion des sentiments, le véritable amour que l'on peut avoir pour quelqu'un et que ce quelqu'un peut vous donner. Cellequej'aimais m'a mis au monde, humainement et physiquement. Elle m'a montré ma vraie nature, mon taux de résistance à l'horreur humaine. Elle m'a montré qu'aimer quelqu'un, ce n'est pas un conte de fée et que les sentiments seuls ne colmatent aucune brèche. Que le grand déballage romantique ou l'attitude pseudo-torturée ne remplacent pas les actes concrets. Elle m'a prouvé qu'une personne pouvait m'aimer jusqu'aux larmes et que je pouvais être absolument sans défense devant ça. Elle m'a prouvée que je pouvais être beau, simplement dans son regard et que la beauté dépasse de loin l'aspect purement physique.

 Elle m'a prouvé que l'amour ne colmate pas tout. Elle m'a fait comprendre le vrai sens de la solitude et de l'abandon. Pour elle et pour moi.

 Qui te remplacera maintenant que tu es partie en me laissant en lambeaux ?
 Qui me prendra dans ses bras quand ma douleur deviendra de nouveau ingérable ?
 Qui me caressera les cheveux en m'appelant "ninou" ?
 Qui se serrera contre moi pour me dire je t'aime ?
 Qui pourra avoir la force de calmer mon coeur stupide ?
 De qui pourrai-je devenir à nouveau le petit ange ?
 Qui pourra encaisser ce que tu as subi ?
 Qui aura un coeur assez gros et solide pour avaler ma bile ?
 Qui sera assez résistant face à un homme qui n'arrive plus à se guérir ?
 Qui refermera cette boite de Pandore ?

 Je ne peux pas te regretter, je ne peux pas ignorer ce que j'ai ressenti. Mais aujourd'hui, je ne vois aucun happy-end. Je ne vois pas une fin de conte de fée. Je ne partirai pas avec la princesse et ne vivrai pas heureux avec elle pour les années à venir. Parce que, oui, ce monde est injuste parfois et que baisser les bras est souvent la seule option.

 Je suis peut-être quelqu'un de meilleur. Je saurai peut-être mieux gérer une possible relation. Je saurai la planter comme la réussir. Je sais que je ne sais rien, finalement... sauf que je ne suis plus le même. Et je ne sais pas si j'aime ça.

Par Buster Casey
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Samedi 5 septembre 2009

 J'ai rencontré Cellequej'aimais à mon boulot. A la base, elle remplaçait une collègue qui était en arrêt maladie et qui devait subir une opération. Honnêtement, lors de notre première rencontre, elle ne me fit aucun effet particulier. Tout le monde était aux aguets de la petite nouvelle, quelques anciens notamment (partis depuis). Il faut dire qu'elle possédait un physique agréable malgré un visage marqué qui lui donnait plus que son âge. Mon ex-binôme et moi lui donnions d'ailleurs une ancienneté qui nous fut rapidement démentie par la suite. En effet, elle s'avérait plus jeune que moi (mais de peu).

 Toujours est-il que, ce soir-là, hormis le fait de me donner 19 ans (!!!!), Cellequej'aimais, elle me l'avoua plus d'un an plus tard, avait ressenti une vive émotion à mon encontre. Pas un coup de foudre mais un gros machin bien bath, le truc qui donne chaud et qui fait perdre la raison un court instant. Et moi, de mon coté, rien. Et puis elle avait un mec, un gars, un copain, un connard resplendissant. Un boulet qu'elle traînait depuis des mois et des mois. Ce fut une raison suffisante pour ne pas m'emballer les neurones plus que ça. Je sortais d'une année assez cuisante sentimentalement et je tenais surtout à faire une croix sur beaucoup de choses. Prendre des vacances et laisser le temps filer. A cette époque, je parvenais à me supporter, à gérer mon mal...

 Perdu !

 Notre relation, notre "histoire", notre gâchis aura duré deux ans. Deux ans durant lesquelles nous avons passé notre temps à nous engueuler, nous séparer et revenir dans les bras l'un de l'autre. Deux ans où ce que j'étais ou pensais être a pris du plomb dans l'aile avant de crever la gueule ouverte. Deux ans qui m'ont révélé à moi-même.

 L'orgueil, d'abord. Pendant quelques semaines, j'ai fait marcher mon ego à bon compte. Car, outre Cellequej'aimais, une autre CDD me courait après. Deux filles ! Deux filles pour Buster Casey, en même temps !! Enfin... Qui lui couraient après en même temps (bande de petits chenapans). Et là, pour l'indécrottable frustré du coeur que je suis... j'ai profité de la situation. Quel pied de savoir que la sauce montait toute seule et que je pouvais être au centre de sentiments exacerbés. J'ai un peu joué avec ça, soyons francs. Attiser les jalousies. Provoquer. Flatter mon petit nombril. Comme si j'arrivais enfin à faire payer mes histoires ratées, à me venger d'avoir été le dindon de la farce de mon Premier Amour.
 Oui, c'est nul. Non, ce n'est pas glorieux. Surtout si je sentais la souffrance de Cellequej'aimais, parce que sa jalousie me faisait exister, enfin...

 La peur, ensuite. La CDD et moi avons fini en bons termes. Mon coeur battait la mesure pour Cellequej'aimais. Mais, la réflexion onaniste étant un mode de vie ralenti, je me devais de me torturer encore un peu le ciboulot. Et puis, l'avancée des choses, par petites touches, calmement, satisfaisait quelques vieilles lubies romantiques. On ne se refait pas... Mais la peur est là, tapie dans l'ombre de mon crâne. Et elle profite d'une rencontre fortuite lors d'une évènement important pour faire chavirer le navire et mes belles convictions. Et d'une résolution de départ, j'en arrive à un retournement de situation total à l'arrivée. Le coup de foudre ? J'ignore, peut-être. Le contexte, la ferveur du moment, je n'en sais rien. Bref, je me monte un film et Cellequej'aimais se prend un mur. Et quand elle laisse éclater son désarroi (et ses premières insultes), quand je me rends compte de ses sentiments, je choisis la solution la plus simple : je m'enfuis. Je n'ai pas changé de pays, j'ai juste esquivé. Je n'ai rien dit, j'ai laissé pourrir. Dans ma tête, elle m'attendait de toutes façons, alors un peu plus un peu moins... Cela n'aurait guère apporté de différences. Et puis, si ça marchait avec l'autre, je ne perdais pas mon temps. L'absence de blanc entre deux non-relations : le pied !

 Résultat punition : le "coup de foudre" ne s'est plus jamais manifesté et Cellequej'aimais a tourné les talons. On perd rapidement tout quand on est pas doué. Et j'ai géré ça. Cellequej'aimais m' a mis un peu le nez dedans quand elle a pu mais c'était une vengeance en soi bien méritée. Le temps a passé, notre relation s'est mis au point mort, passée sous le couvert d'un flirt insistant. Puis, par une coïncidence ironique (comme toujours), un vieux démon assoupi revient me titiller les neurones au moment où Cellequej'aimais franchissait, encore, une étape dans notre relation. J'ai eu la bonne idée de déconner mais cela partait d'une idée que je jugeais bonne : me débarrasser du démon avant de me lancer vers elle. Je ne me sentais pas prêt, j'ai tergiversé. La peur, toujours tapie.

 Et mon attentisme. Mon indécision. Mon profit. Profiter d'elle tout en la jugeant. Maintenir une illusion tout en sachant que c'était faux. Nous l'avons vécu tous les deux d'une certaine manière. Mais elle s'est accrochée tant qu'elle a pu, jusqu'aux larmes, me mettant face à moi-même. Je l'aimais.

 Mon démon est parti. J'ai alors commencé à développer une relation "sérieuse". En gros, c'est elle qui décidait pendant que j'attendais. Mais j'étais là, avec elle. Nous nous sommes pourris encore une fois. Et c'est elle qui fit (encore) le premier pas, de la manière la plus originale qui soit. Et là, j'étais amoureux. Elle était imprévisible, lunatique, jalouse, difficile, sans aucun sens de l'humour... mais elle était aussi d'une douceur infinie et d'une gentillesse peu commune. Une curiosité intéressée mais réelle. Même si je n'étais (jamais) d'accord avec ses jugements, ils avaient le mérite d'exister suite à une vraie démarche. Et son charme me rendait dingue. En plus, elle dessinait.

 En me prenant par la main, Cellequej'aimais m'a sorti des nuages. Aussi bien durant les périodes troublées que les moments calmes ou intimes, je me suis senti vivre. Je ne peux pas l'expliquer et je n'ai pas à le faire, vous connaissez ça mieux que moi. Mais je pourrai presque avancer le terme d'heureux. Mon boulot était correct, mon binôme extra, je dormais bien et je pensais à elle. Le coté "secret" de notre relation assouvissait mon instinct fleur bleu. Non, j'étais heureux. Pas béat mais rassuré. Ses baisers, ses sourires, nos sorties... Je "vivais" avec une fille qui ne ressemblait pas à mes projections mais j'apprenais à aimer quelqu'un avec ses défauts et loin de mes schémas établis. Pour une fois, je me projetais déjà dans un avenir réel.

 Et puis non ! Est-ce que je ne voulais pas voir les signes ? Étais-je si désintéressé que ça ? Je n'ai peut-être pas été assez jaloux et elle un peu trop. L'ironie de la chose est frappante : au moment où je naissais, elle s'éloignait. Alors que je faisais de mon mieux pour être présent, elle quittait le navire en catimini. Mon instinct me prévenait de quelque chose mais je ne voulais pas l'écouter... jusqu'au jour où je n'ai pas eu le choix.

 Vous connaissez ce moment ? Ce moment où vous basculez, vous plongez dans des eaux si profondes qu'aucune lumière ne parviendra jamais à filtrer ? Cet instant où, en un claquement de doigts, vous percutez un ensemble d'informations passées, présentes, futures, leurs corrélations, leurs poids, leurs conséquences... et tout ça en une seconde ? Ce triste moment où vous devenez un être que vous ne connaissiez pas et qui vous fait peur ? Voilà ma bascule, celle où je suis devenu un étranger à moi-même, un étranger rempli d'une haine effroyable. Vous savez, cette période où l'amour se transforme en cauchemar hideux, comme une lèpre derrière un superbe masque vénitien.

 Cellequej'aimais m'a pris par la main pour me sortir des nuages et me plonger dans un océan de merde. Avec un acharnement minutieux et une innocence de gamine, elle a brisé tranquillement tout ce qui pouvait me relier à elle, à notre histoire et à notre passé. Je l'ai écrit plus haut, elle pouvait être particulièrement revancharde, blessante et lunatique mais, au bout du bout, elle se calmait. Comportement que je blâmais à demi-mots (corsés) vu que je pouvais être autant si ce n'est pire. Mais là, c'était comme assister à une transformation de film d'horreur ou quand le héros apprend que sa petite amie est une serial-killeuse sanguinaire et qu'il va y passer aussi. En gros, quand vous tombez de votre perchoir pour ne plus reconnaître celle qui, une semaine auparavant, était votre amour. Juste un être humain rempli d'égoïsme, occupé par son énorme nombril et qui s'est acharné à tout casser autour d'elle, bornée et stupide jusqu'à la nausée.

 Ne croyez pas que j'exagère ou que je dramatise (...) ! Ma rage de l'époque était bien plus écrasante qu'aujourd'hui et je ne vous raconterai pas tous les détails qui y ont conduits. On n'est pas dans une émission de Delarue, non plus. Mais elle a cristallisé mes terreurs. Tout ce que je pouvais craindre, tout ce je gardais caché dans mon placard secret, toutes mes angoisses... Tout a été sorti et étalé au grand jour, sans finesse, sans pudeur et surtout sans explications. Rien d'autre qu'un énorme "Moi Je...". Et le monstre était là, sommeillant. Et il s'est gavé le cochon !

 Vous voulez savoir comment ça s'est fini ? Nul, ça vous étonne ? Je me suis ruiné les nerfs pendants quelques semaines. Suffisamment longtemps pour me dégoûter de cette situation qui n'allait nulle part, me déconnecter d'une personne qui avait choisi son camp. J'ai fait ce que j'ai pu, j'étais même prêt à oublier ce qui s'était passé. Mais non : Cellequej'aimais avait une vie à vivre, une vie passionnante faite de connard en barre (toujours), de frustrations larvées et de tour d'ivoire d'artiste. J'ai abandonné, définitivement. J'ai tourné les talons et je me suis fermé, sous-vide et dans le noir. Elle a fini par partir suite à un plan social, dans des adieux digne d'elle. Je n'ai jamais recherché le contact par la suite. Quant à moi, j'ai doucement commencé à glisser, à développer une maladie sans nom au fond de moi. La démotivation, l'abandon progressif de tâches habituelles, la fatigue chronique... Jusqu'au jour où j'ai rallumé la lumière et là, j'ai sombré pour de bon. Ironique, non ?

 Conclusion ? Une histoire triste et banale (j'ai pas menti sur le titre). Rien de neuf sous le soleil en soi. Rien que du banal. Un garçon, une fille, il s'aiment, ils se quittent. Bon, j'ai expurgé les détails les plus sanglants mais, au fond... c'est tout ce qu'on retient. Deux personnes trop stupides pour parvenir à se créer un vrai cocon de quiétude, trop égoïstes pour se mettre de coté pour l'autre, trop occupés d'eux-même. Je ne dis pas que mon cas est isolé et unique. Des gens subissent des épreuves bien plus dures pour le moral et pour l'estime de soi. Cette histoire est triste et banale. Ce qui, pour moi, la rend unique et déprimante est qu'elle aurait pu donner lieu à quelque chose. Peut-être... ou peut-être pas, je n'en sais rien. Au final, ça aurait très bien pu marcher... ou pas (comme dirait Héphaïstos). Peut-être que je serai encore heureux, peut-être que je n'aurai pas peur de la lumière, peut-être que j'affronterai mieux mes démons. Peut-être...Ce qui me vrille, c'est d'avoir raté ça et de l'avoir perdu. Égoïstement, j'étais heureux. Quand je la tenais dans mes bras, quand elle dormait près de moi, quand elle réagissait au moindre bruit la première fois qu'elle a dormi chez moi... Ce sont les images que je souhaite garder, des moments que j'aimerai regarder avec tendresse tant je me sentais verni d'être avec une fille qui ne s'arrêtait pas à mon physique, à mes erreurs et à ce que je suis. Je pourrai me dire que ce bol a toutes les chances de recommencer. Après tout, regardons le verre à moitié plein.

 Mais si vous pensez ça, vous lisez le mauvais blog.

Par Buster Casey
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Mardi 11 août 2009

 Cela va paraître cliché mais depuis quelques jours, je n'ai pas la niaque d'écrire. Original, non ? Mais ce n'est pas simplement un manque d'envie, c'est aussi une sensation étrange de vide. Reprenons.

 Mon avant-dernier post n'était pas, en soi, une nouveauté. C'était un post commencé au mois de juin et mis au placard. Plusieurs fois, j'avais pensé le supprimer, n'arrivant pas à trouver l'impulsion de la suite. Et puis, un soir où l'inspiration s'était un peu carapatée ailleurs, j'ai décidé de terminer Déclaration à l'inconnue. Sur le coup, pas mieux. Je suis resté bloqué, incapable d'embrayer. Et, comme je le fais souvent, j'ai choisi de le faire à l'instinct. Lancer l'écriture et voir jusqu'où cela me mènera.

 Résultat ? Un effet boeuf. Les nerfs qui craquent en pleine rédaction, les larmes aux yeux. La sensation d'une pelleteuse qui remue une fange glauque au fond de moi. Pour la première fois de ma vie d'écriteur (ça n'existe pas, ne cherchez pas dans le dico), j'ai été dépassé par ma création. Elle ne m'a pas seulement dépassé, elle m'a attrapé, elle m'a bouffé et elle m'a recraché, rincé, à la fin de mon post.

 Ce que vous avez lu est probablement ce qui se rapproche le plus de moi, Buster Casey. Vous ne me connaissez pas ou si peu. Vous pensez me connaître ou sans plus. Sans le vouloir, juré-craché, j'ai déchiré un pan de moi pour vous l'exposer sans pudeur. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, rien n'était prémédité. Et je ne cherche pas ici à m'attirer un peu plus de lauriers ou à faire mousser mes blessures, je veux juste expliciter un état.

 Je vis, comme le savez si vous êtes fan (mercimerci), une période sombre. Mon boulot m'assassine, mon moral a coulé à pic, mes sentiments amoureux sont étouffés dans l'oeuf et ma perception de moi-même est peu glorieuse. Par un hasard ironique, mon patron est venu me féliciter pour mon boulot, une fille qui ne m'intéresse pas me colle et tous mes clients repartent avec un sourire et un mot gentil. D'extérieur, je suis le bon gars.

 C'est toujours pareil. Par un jeu de coïncidences subtiles et bien placées, tout un tas de choses mirifiques me tombent sur le crâne. Je suis bon à mon boulot. Mes formations se sont très bien passées, j'ai été félicité par le formateur, par mes collègues qui ont aussi appréciés mon humour et ma compagnie. Je provoque la sympathie.

 Au fond de moi, rien n'arrive à éclaircir des ténèbres persistantes dans lesquelles vit une chose qui grandit, qui rampe et qui me bouffe. Une bête immonde qui se nourrit de mes angoisses, de ma dépression, de mes peurs, de mon attentisme. J'ai beau avoir des amis aimants et présents, des encouragements, des signaux positifs, mon monde se peint en noir, inexorablement. Et je sens que je passe une sorte de nouveau cap, un cap effrayant. Une sorte de point de non-retour que j'ai longtemps fantasmé et idéalisé mais qui semble se préciser de plus en plus. Et je ne sais pas comment j'en sortirai...


 Je veux vivre. Plus simplement survivre mais vivre. M'accomplir avec quelqu'un, me partager, m'occuper de Cellequej'aimerai pour ne plus penser qu'à moi. Je me sens prêt, comme si toutes mes expériences passées m'avaient enfin emmenés jusqu'à ce moment où je peux sauter le pas. C'est peut-être (sûrement) égoïste mais je veux essayer, étrangler mes peurs, me faire face et me vaincre. Me construire pour quelqu'un et arriver à m'apprécier. Je ne veux plus seulement être bon dans mon boulot, attirant, cultivé et toutes les autres bêtises que les autres pensent que je possède. Je veux aussi avoir raison et me dire que je ferai un gendre idéal, un compagnon agréable sur qui on peut compter. Je ne parle pas de mariage, de relation jusqu'à la mort, je ne parle pas d'enfiler le costume du noble chevalier ou du héros. Je veux juste être moi. Moi en mieux. Moi en plus. Je veux vivre et être heureux. Ne plus être pétrifié devant des sentiments d'amour ou devant ma propre fragilité. J'ai perdu Cellequej'aimais à cause de ça...

 En gros, Buster Casey est cuit, flingué par des émotions qui le mettent à mal. Donc, nous vous étonnez pas si ce blog prend une allure plus sporadique. Ce n'est pas une mort, ni un ras-le-bol (...). C'est juste que je suis fatigué.

 Merci...

Par Buster Casey
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Mardi 4 août 2009

 Tu es assise devant moi. Cela va faire cinq bonnes minutes que nous n'avons plus parlé et tu me regardes de cette façon qui me trouble toujours autant. De cette façon dont je ne perçois jamais les véritables enjeux. Je sens que je devrai faire un geste, un mouvement, placer une pièce ou une repartie drolatique dont j'ai le soi-disant secret. Je devrai être drôle et détendu, t'assommer t'enivrer de paroles, te faire croire que je suis un garçon respectable.

 Mais j'en suis incapable face à toi. Je suis nerveux, tendu, mal à l'aise. Chaque parole me rapproche du gouffre parce que je ne fais rien que je voudrais vraiment faire à cet instant. A savoir te prendre les mains. Caresser tes joues. T'embrasser sur le front. Te serrer contre moi. T'embrasser. Non pas parce que c'est romantique mais juste parce que j'en ai envie.

 J'aimerai te dire tant de choses afin de casser définitivement cette tension palpable que je sens entre nous, dès que nous sommes proches. Ne plus me contenter d'une discussion de politesse. En fait, si j'avais du courage, je te dirai... Je te dirai...

 D'abord, je te dirai que je ne t'aime pas. Tout simplement parce que je ne te connais pas. Ton sourire, ton regard, ton charme ou ton caractère forment un tout adorable qui me rend fébrile. Cette fébrilité qui, inconsciemment, me pousserait à te prendre dans mes bras. Mais cette histoire n'en est pas encore là parce que le charme et les manières adorables cachent souvent des caves intérieures mal éclairées. Des personnalités mal digérées, des comportements incompréhensibles, des justifications fictives... Des ombres que je ne souhaite plus combattre parce qu'elles font trop écho aux miennes. Et que je sais ce que j'y laisse à chaque fois que j'y succombe.

 En fait, si j'avais du courage, je te dirai que nous devrions tenter notre chance tous les deux. Essayer de voir si ça marche. Évacuer le romantisme. Vivre le quotidien. Développer. Tenter de survivre.

 Je devrai avoir le courage de te dire ça plutôt que de l'écrire dans un petit blog minable. Te dire que le romantisme ne fait pas une vie, ni un quotidien... mais que je me damnerai pour un baiser. Pour être celui qui ferait battre ton coeur. Et que vivre avec toi me fera vivre avec moi, enfin. Et que ton amour sera un acte de foi, un acte aveugle, un acte de courage face à un homme qui pourra tout donner comme tout te reprendre. Un homme dont l'indécision est une logique de vie. Un homme qui, à un moment certain, se brisera complètement devant toi, parce que c'est comme ça, parce que le démon qui lui dévore le coeur grandit chaque jour qui passe et qu'il n'arrive plus à le combattre. Et ton amour devra être un acte de patience et de compassion pour ramasser tous les morceaux et l'aider à se reconstruire, bien, en mieux, en plus fort.

 Tu devras apprendre à aimer quelqu'un qui ne s'aime pas. Une personne qui n'arrive plus à communiquer tellement il se broie lui-même. Tellement il a honte. Tellement il se colle une pression délirante qui le fait déjanter. Tu devras apprendre à aimer un parfait connard, stupide et arrogant, qui fustige, juge, assassine, boude et bat froid parce que son orgueil ou son ego auront été bêtement froissé. Un nabot de la vie qui a besoin d'un tabouret pour se voir grand. Un lâche qui fuira devant ses responsabilités, trop peureux d'assumer ses propres erreurs et préférant les rejeter sur les autres. Tu devras porter un fardeau mal dégrossi qui distille son spleen comme un alcool rare. Car ton acte d'amour devra être un acte de masochisme. Apprendre à supporter les sarcasmes, l'humour à froid, les rebuffades, les marques de mépris, la jalousie larvée... Supporter un homme qui souhaiterait se tailler les veines plutôt que de changer, plutôt que d'avouer sa peur. Qu'il n'est rien d'autre qu'un gamin effrayé par le noir, les gens, lui.

 Mais si ton amour est fort, si nous parvenons à nous survivre l'un l'autre, si notre auto-destruction déraille... Tu aimeras un homme qui sera prêt à te suivre. Qui ne rechignera jamais à ton bon vouloir (si tu lui bottes le cul une fois sur deux !). Ton acte d'amour mettra en marche un système qui n'a jamais servi mais qui est flambant neuf. Ton acte d'amour sera un acte de patience. Au bout, tu découvriras un homme patient, hyper-sensible, ouvert à la discussion. Un homme cultivé (n'importe comment mais bon, la culture est vaste), curieux et qui a autant de bonheur à partager ses passions qu'à en découvrir de nouvelles. Un homme qui n'aura de cesse que de manier son humour pour pouvoir te faire rire. Un homme qui ne comptera pas le temps passé avec toi, avec tes petites manies, tes habitudes, tes coups de gueule, tes problèmes, tes coups de blues... Parce que mon acte d'amour sera aussi un acte de foi, de courage, de masochisme et de patience. Et peut-être... Peut-être... Je pourrai te dire : "Finalement, c'était pas si compliqué !"

 Tant que cette histoire durera, tant que j'essuierai tes colères (justifiées), tant que j'aurai cette motivation d'être près de toi, tant que j'étranglerai ce petit con qui vit en moi, je t'aimerai, belle inconnue. Mon romantisme ne sera pas un romantisme fait de jonquilles et de roses agréablement parfumées, au son d'une musique de violons par une nuit brillante d'étoiles. Mon romantisme sera plus proche d'un bouquet de fleurs mal en point, tenu par des mains sales au son d'une guitare saturée par une lampe halogène. Mais cet amour sera intact et identique.

 Mais normalement, le temps que je dise tout ça, tu seras déjà partie...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey
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