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Aperçus d'un monde en décomposition

Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 07:33

 Sans vouloir mettre les deux pieds dans la polémique (ce n'est pas mon genre, je n'aime pas ça !), ne trouvez-vous pas qu'il régne en ce moment une ambiance fétide ? Outre un hyper-président qui n'a d'hyper que le nom, une régression dans tous les domaines (social, culturel, intellectuel...) et une tension sociale palpable et dangereuse, voilà que nous tombe sur le bec une double affaire de moeurs : Polanski et Mitterrand ! Deux pour le prix d'une, c'est la promo dans le sordide !

 Sans vouloir répéter ce que dit Hephaistos dans cet
article (et il le dit bien, même s'il le dit avec les mots d'un autre), l'affaire Polanski est un ratage total. Que savons-nous ? Que Polanski, il y a plus de 30 ans, lors d'une séance photo, s'est un peu emballé pour tirer le portrait de son jeune modèle (13 ans au moment des faits !). Plainte, procès, scandale, prison, fuite... Voilà tous les ingrédients d'un savoureux thriller si tout cela n'était pas tragiquement vrai. Poursuivi par un juge qui avait envie de se payer une star, harcelé par un pays qui ne l'a jamais accepté (le meurtre de Sharon Tate, sa femme, par l'autre taré de Manson lui y a été pratiquement reproché, si ce n'est justifié), Polanski se barre avant la fin de son procès. Et là, que se passe-t-il ? Est-il traqué comme le serait un effroyable nazi ? Est-il condamné à se terrer au fond d'un égout afin que personne ne le lapide ? Recourt-il à la chirurgie esthétique ? Non. Il trouve refuge en Europe et reprend le boulot. Toutes les stars mondiales (y compris américaines) tourneront avec lui, il alignera une palanquée de chef-d'oeuvres, sera accueilli à bras ouverts partout et Le Pianiste le consacrera définitivement avec une cascade de prix. Il est président du festival de Cannes, on lui remettra une Palme... Bref, hormis cette impossibilité de fouler à nouveau le sol américain, Polanski est un artiste comblé.

 Patatra ! Plus de 30 ans après, suite à un malicieux coup fourré, Polanski se fait serrer comme un voleur lors d'un festival cinéma en Suisse. Motif : une affaire vieille de 30 ans, telle une épée de Damoclés. Normalement, on aurait du tiquer devant l'absurdité de la chose. Polanski vit en Suisse depuis 30 ans, il y passe ses vacances, il a une maison, il fait ses courses, tout le sait et tout le monde le connaît. Et soudain, sorti du chapeau, voilà que la Suisse le coffre avec une extradition à coups de pied au cul pour les U.S.A.. Pourquoi ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Pour calmer sa méfiance ? Sûr, ça a bien marché. Le problème, c'est qu'avant d'analyser calmement cette situation, on a joué l'émotion indignée et tout est parti en couilles. Déclaration à chaud du ministre de la culture et pétition foireuse des artistes ont créé un amalgame douteux : un "artiste" n'aurait donc pas les mêmes droits que les autres, parce que c'est un génie il a donc tous les droits y compris de violer les petites filles, justice à deux vitesses, dégueulasse, pendez-le par les couilles, etc...

 Qu'importe si personne ne connaît le nom de la jeune fille en question, qu'importe de savoir ce qu'elle est devenue aujourd'hui, qu'importe ses déclarations disant qu'elle a pardonné à Polanski et qu'elle puisse le défendre malgré tout, le bon sens populaire (oxymore !!!) est entaché par une pensée mononeuronale : Polanski viole les petits enfants ! Son avocat aura beau se débattre dans différentes émissions pour essayer d'expliquer les tenants et les aboutissants, rien n'y fera : Polanski viole les petits enfants ! Bravo la justice américaine ! C'est pas en France qu'on verrait ça, nous qui sommes laxistes, corrompus et qu'y a plus de justice ma bonn' dame ! Et tant pis si la justice américaine peut-être illogique, raciste, partiale et complètement à l'ouest parfois, pour ce cas, elle satisfait nos appétits fascistes.

 Car c'est, pour moi, de cela qu'il s'agit. Du fascisme. Un appel à la violence. Oeil pour oeil. La victime n'a même plus droit de parole. Et si elle dit quelque chose, on lui rétorque : "oui mais elle a été payée !". Ha ha ! L'argent corrompt tout, cette pauvre fille ne sait plus ce qu'elle dit. Mais le bon sens populaire (oxymore !!!) est là, qui veille au grain, qui sait voir à travers les mensonges. Comme pour Dreyfus, Outreau ou l'affaire Baudis. Voilà une affaire qui permet à chacun de vomir sa haine et de se poser en justicier et en être droit et impartial.

 Comme si cela ne suffisait pas, dans l'émission Mots Croisés, Marine Le Pen, sentant qu'il y a avait un coup à jouer, balance, avec une mauvaise foi et un aplomb digne de papounet, que Frédéric Mitterrand n'a pas sa place dans ce gouvernement car, scandale, il se serait tapé des petits garçons en Thaïlande et qu'en plus, il l'a écrit dans son livre. Benoit Hamon, le Rantanplan du P.S., abonde dans sa direction... alors qu'il n'a même pas lu le livre. Boule de neige et on ressort les ordures. Coupable d'avoir soutenu Polanski, Mitterrand se fait étriller dans un mauvais procès. Alors qu'il était simple de voir là une bête manoeuvre politicienne d'un parti exsangue, la presse s'en fait l'écho et remet le FN sur le devant de la scène. Mitterrand, d'abord lointain, se voit obligé de répondre avant que l'affaire ne lui glisse des mains et se vautre en direct sur TF1. Il aura beau répéter qu'il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie, rien n'y fera : Mitterrand viole les petits enfants !

 Reprenons. Polanski viole une mineure, devient ennemi public N°1, s'enfuit et trouve une Europe accueillante qui va l'héberger jusqu'à aujourd'hui. La même Europe qui le siffle maintenant. Frédéric Mitterrand écrit un livre où il raconte sa "mauvaise vie". La presse est élogieuse, les plateaux télé sont ouverts, le livre est un carton des ventes. 4 ans plus tard, Marine Le Pen dénonce un passage que tout le monde a lu sans le comprendre (apparemment), critiques comme public, et c'est le tollé général. Les justifications deviennent inutiles, le doute, la méfiance, la méchanceté populaire (pléonasme !!!) a déjà infecté tout débat. Si Mitterrand est allé en Thaïlande, c'est pour se taper des petits garçons. A croire qu'il n'y a que ça à faire là-bas. Sauf que rien ne l'indique clairement dans le livre. Rien ne prouve qu'il s'est tapé des mineurs... ou pas. Mais comme c'est un notable qui a de l'argent... et que la Thaïlande... Non, il n'y a que ça a à faire là-bas, non ?

 Dans son dernier livre, Mangez-le Si Vous Voulez, Jean Teulé raconte un fait divers atroce où une foule, d'un simple malentendu, soleil tapant, se retrouve à manger un homme. Ses assassins, lors du procès, plaideront qu'ils n'ont pas compris le pourquoi de leur geste et qu'au fond, ils l'aimaient bien le gars en question, ils n'avaient rien contre lui. Avec minutie, Teulé décrit un lynchage populaire, sur fond de bêtise crasse et d'effet de foule. Succès critique et public, où tout le monde se tape sur le ventre en se disant qu'une chose pareille n'arriverait plus de nos jours.

 Ha bon ?

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Aperçus d'un monde en décomposition - Communauté : Vive le désordre !
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 21:45

 Quand on est dépressif et introverti, que la solitude tape à votre porte et qu'on supporte de plus en plus difficilement les couples et autres émanations d'amour, quand vous n'êtes plus au lycée, à l'université, que vous ne sortez pas en boite, n'allez pas tous les vendredi et samedi soirs en pub histoire de "pécho"... Bref, quand vous êtes inadapté socialement et que dire bonjour à une fille vous met dans tous vos états, il ne reste plus grand chose à faire : soit vous rencontrez à votre boulot, soit le hasard s'en charge pour vous (soyez patient, le hasard est souvent en retard).

 Ou alors, vous avez la troisième voie : le site de rencontres. Et là vous pénétrez dans un monde merveilleux...

 Autant briser une hypocrisie immédiatement : je suis sur un site que je ne nommerai pas, mais disons que, vu son ancienneté, on peut le considérer comme un site mythique. Bizarrement, j'en ressens toujours une sorte de honte. Pas que j'en relève le col de mon manteau à chaque fois que je sors en pleine rue mais bon... Pour moi, ça ne fait pas "naturel". J'ai l'impression que l'on participe à une course au couple qui dévie un peu : les sites, les chat, le speed-dating (on ne perd pas de temps !)... Vous me direz à raison qu'internet ne fait que prendre le relais des petites annonces de journaux et que ce genre de recherche d'un conjoint existait sous d'autres formes bien avant l'informatique. On pourrait même avancer qu'internet a permis de faire avancer les choses. Certes, mais dans quelles directions ?

 Reprenons. J'ai atterri dans ce merdier site sous la pression amicale de mon ex-binôme qui pense (trop) à moi et aussi par un besoin ethnologue. Je n'espère guère trouver une fille par ce biais (dites ce que vous voulez, je m'en fous) mais la curiosité l'a emporté. Et comme je suis un gros guedin, je me suis même inscrit à deux !! Ah oui, le guedin, je vous avais prévenu...

 Ben, dans les deux cas, on se marre. D'abord, inscription gratuite. Profitez-en bien quand vous cliquez sur cette option, prenez vous en photo à coté, faites venir un témoin parce qu'après tintin. Le moindre bidule un peu poussé, c'est l'abonnement qui vous est mis sous le nez. Et puis avantageux l'abonnement, dégressif selon la durée. En gros 40 € l'année pour vous prendre des râteaux, c'est quand même avantageux, non ? Vous me direz, ça coûte moins cher que des râteaux après apéro-restau-cinéma. Et je vous réponds : même pas, c'est pareil ! Vous vous ferez jeter quand même (l'abonnement en plus !)!

 Bref, vous vous inscrivez et arrive l'idée du siècle. Afin de briser le coté "fourre-tout" et "marché" du site de rencontres en général (tout le monde arrive et cherche quelqu'un n'importe comment), ceux-ci développent maintenant le site de rencontres par "affinités psychologiques" ! Késsecé ? Hé bien il s'agit de sites qui, à l'inverse des généralistes, permettent au célibataire exigeant de pouvoir rencontrer quelqu'un pour établir une relation sérieuse grâce aux affinités psychoaffectives. Oui, ça fait intello dit comme ça alors que c'est juste con comme la lune. Et pour parvenir à cette connexion psychobidule, vous devez répondre à un questionnaire long comme le bras. En gros, vous définir en 80 questions, bien tartes pour la plupart, et dont vous répondez avec la plus grande hypocrisie. Oui, vous ne vous définirez pas comme gros, petit, moche, macho, salope, boulimique... à moins d'avoir un besoin d'auto-destruction véritable (mais il y a mieux que les sites de rencontres pour ça !). Le top est que, si vous ne voulez pas répondre à ce type de questions, vous pouvez ne pas y répondre. Vous laisserez un laconique "non renseigné" ouvert à toutes les interprétations.

 - Taille : non renseigné
 - Poids : non renseigné
 - Profession : non renseigné
 - Satisfaite de son apparence : elle le garde pour elle.

 Fastoche, non ? On en arrive, logiquement, à la conclusion : ou moche, ou boudin, ou sac d'os. Mais à aucun moment une sensation d'attirance particulière. J'exagère ? Je suis gratuitement méchant ? Imaginez-vous : vous cherchez une partenaire et vous tombez sur ce type de fiche auquel se rajoute "ne peut résister à : la gourmandise". Vous pensez vraiment réagir avec tact ? Donc, par défaut, on renseigne hypocritement. Le domaine est vaste : sa religion (et sa pratique), sa consommation d'alcool, fumeur ?, son boulot, son salaire, ce qu'on pense de son physique, ce qu'on attend de son futur compagnon (là, ça peut être comique), etc...

 Une fois ce long questionnaire achevé, vous êtes synthétisé et les maths commencent. Une liste de personnes compatibles vous est alors proposée et vous faites votre choix. Comme au marché précédent. Mais eux ne le voient pas comme ça : c'est psychoaffectif ! C'est juste des équations ? Non ! C'est PSY-CHO-A-FFECTIF !!!
Rien à voir avec le coté bourrin du généraliste, là c'est ciblé, calculé, pesé, écarté pour vous décrocher LA perle !

 Au final, vous vous retrouvez avec une fiche d'identité qui n'est pas vous (ouiiii, je sais, l'Homme est complexe et ne tient pas dans une fiche mais bon, là...), une demi-inscription (et un abonnement qui vous pend au nez pour la totale) et des partenaires "compatibles" en pourcentage. Là, on est dans l'amour matrixien, ses lignes de codes, ses tableaux et c'est l'utilisateur qui est vert.

 Tout ça pour quoi ? Pour faire la même chose que précédemment. Site généraliste ou pas, la cueillette est la même. On picore, on regarde, on tâte, on essaye, ça marche pas, on réessaye, ça remarche pas, on re-ressaye, et gnagnagna. Alors oui, l'hypocrisie est moins de mise. Les gens présents sur ce genre de sites ne sont pas là suite à un mauvais clic ou par inadvertance. Ils sont là pour ça. Mais tout le monde semble jouer les effarouchés. Peu de renseignement (ou les plus bateaux), peu de prise de risques, peu de messages de présentation et quand bien même ils se réduisent à "je cherche quelqu'un mais pas vraiment bof voilà". A croire qu'à force de multiplier les moyens de communication, l'être humain n'arrive plus à se parler, ni à se comprendre.

 Bref, j'observais ceci de mon petit perchoir, me gardant bien de participer à ce jeu mais en reluquant de temps en temps quelques profils. Grosse idée : permettre aux filles un accès gratuit aux photos des mecs (eux, ils raquent ! Bien fait, ça leur apprendra à pas accoucher !). Un peu comme les bars ou les pubs : gratuit pour les filles, histoire d'attirer les mecs qui se diront qu'ils vont pécho plein parce qu'il y aura forcement de la meuf. Donc, du haut de ma grandeur, je me permettais de laminer quelques profils et laissez moi vous dire que ça y allait sévère (mon ex-binôme en est un témoin privilégié) : et vas-y le profil, et vas-y le message, et vas-y l'âge et zyva !! Le nettoyage par le vide, d'autant plus délectable qu'il n'est soumis à aucune angoisse ou aucun retour. Et puis, au bout d'un moment de grande inanité intellectuelle (de ma part), je me suis lancé à mon tour. Après tout, si je suis si bon à critiquer, c'est que je dois bien pouvoir dépasser toute cette piétaille de la tête et des épaules, non ? J'ai ainsi concocté une petit message d'introduction à mon image, c'est-à-dire bizarroïde, légèrement tordu, plein d'humour un peu noir... mais pas trop non plus. Hééé oui, je vieillis, je ramollis.

 Quelle ne fut pas ma stupeur de constater en cliquant que mon message aller passer entre les mains d'un modérateur. Un peu beaucoup surpris, je me suis aussitôt dit qu'un tel organe était normal, histoire que ne fleurissent pas sur les pages perso quelques accroches du genre "cherche minous à défoncer avec ma grosse bite" ou autres "frisées s'abstenir". Quelle ne fut pas ma surprise, alors, de constater que mon petit message avait été raboté, salement qui plus est. Toute trace d'humour et d'auto-dérision seconde degré avait été balayée, toutes remarques sur le site lui-même aussi. Le vice fut poussé jusqu'à me supprimer une ligne hautement répréhensible. Je cite : "j'aime voir des films (au cinéma, en DVD, même en VHS mais surtout pas en Divx)". Cela, sous les doigts de fée du modérateur, devient : "j'aime voir des films (au cinéma, en DVD,". Oui oui tel que ! Déjà, parenthèse pas fermée, histoire de passer pour un débile. Ensuite, venez me dire : en quoi la portion de phrase enlevée va changer FONDAMENTALEMENT quelque chose ?

 Sur le coup, j'ai été tenté de rajouter à ma conclusion (massacrée sans remords aussi) que je pissais à la raie du modérateur afin de renvoyer le message à qui de droit. Mais bon, je préfère le faire ici, espace de liberté à moi. Donc, je pisse à la raie de ce site big brother et fascisant, payant, foutage de gueule et naze comme les autres malgré son gadget clinquant de test "psychoaffectif" à la con. Ces sites sont une purge, un camouflet pour les solitaires en souffrance et un marché reste un marché, que les produits soient bio ou à la chaîne.

 Et la solitude continue de taper à la porte...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Aperçus d'un monde en décomposition
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /2009 22:20

 En terme journalistique, un marronnier est un article qui revient régulièrement. L'exemple le plus flagrant est par exemple la recrudescence d'articles vous conseillant de perdre du poids et de gagner la ligne après les fêtes, avant l'été, après l'hiver, la nuit et tout ça...

 Un des marronniers que j'attends avec impatience chaque année parce qu'il est toujours source de rebondissements incroyables dans le n'importe quoi touche à un héros culte : Tintin et, par extension, Hergé. Ce brave reporter à la timide coupe simili-punk, après avoir été colonialiste, antisémite, arrangeant avec l'histoire, misogyne, anti-coco et j'en passe, devient cette année, sous la fine et pertinente analyse, parue dans le Time, d'un ancien député conservateur anglais, un héros... gay !

 Hééééé oui, on ne l'avait pas encore faite celle-là mais il faut dire que cela lui pendait un peu au nez. Le maintenant journaliste auteur de ce scoop, lui-même ouvertement gay, est apparemment convaincu de ses dires. Ainsi, son étrange solitude est suspecte. Son look androgyne et ses fringues chelous aussi. Sa relation avec un capitaine marin barbu et vieux garçon est troublante. Il ne parle jamais de ses parents, signe évident d'un passé volontairement oublié par cause de coming-out douloureux.  L'absence de femmes est parlante et la seule ayant réellement une importance est une caricature : la Castafiore, somme de tout ce qu'il y a de pire chez le sexe opposé. Ou alors, il s'agit d'une figure de travesti. Le débat est ouvert sur ce point.

 Bref, 80 ans après, Tintin est un classique de la petite polémique annuelle inutile . Sans vouloir bruler les étapes, je prévois pour le prochain une question brulante : Tintin serait-il pédophile ? Analysons ses relations avec Tchang et le petit vendeur d'oranges... Hein ? Vous trouvez pas que...? Sans oublier sa relation avec Milou mais bon, je ne veux pas gacher toutes vos surprises.

 Ce qui est amusant à travers cet exemple et mille autres (Harry Potter accusé entre autres de satanisme ; Stephenie Meyer dont l'appartenance au "culte" mormon fait sous-entendre une immense parabole sur l'abstinence dans ses livres ; Télétubbies et son apologie de l'homosexualité ; etc...), c'est qu'on en revient toujours à une vieille lubie humaine, à savoir décrypter des sens cachés partout. Malgré sa supposée modernité, l'humanité est toujours à la recherche du démon tapi dans l'oeuvre : incitation au meurtre, à la marginalité, à l'homosexualité... Bref, toujours bloquée à une pensée de Moyen-Âge. Le plus drôle étant que l'on cherche et trouve(?) des sens multiples et planqués à des oeuvres qui n'en demandent pas tant et que l'on en zappe d'autres sous prétexte que ça ne raconte rien alors que c'est plus profond que ça (Titeuf).

 

 D'ici qu'ils nous révèlent que Tintin est belge...

 

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Aperçus d'un monde en décomposition
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /2008 21:30

 Très honnêtement, cher lecteur/lectrice, j'ai grandement besoin de sommeil. Je dors peu ou plutôt, je ne dors pas assez, je me couche tard et je me réveille tôt, j'accumule la fatigue et mes nuits sont assez agitées en ce moment. Probablement un stress post-traumatique de cette foutue guerre du Viet-Nam. Toujours est-il que je suis claqué tous les soirs de la semaine mais bien que répétant tous les matins "ce soir, je me couche tôt", rien à faire. Je me donne des résolutions : moins de télé, moins de jeux vidéos, pas de blog... Au final, je traîne sur mon lit à minuit passé et je ne m'endors pas avant une heure du matin. Ce qui donne des fins de semaine pleine de vie et des week-ends de pure foly.

 En gros, je suis abruti d'épuisement. Malgré tout, pendant ces temps où je me persuade que je vais me coucher, je tombe sur quelques petites perles télévisuelles qui font mon bonheur. La dernière fut la véritable déculotté qu'Eric Nolleau, le fin chroniqueur de l'émission nocturne de Ruquier le samedi soir, s'est reçue lors de La Grande Librairie sur France 5, correction administrée par un Pierre Bergé furax. Pourquoi, me demandez-vous ? Nolleau avait-il lâché un étron, appelé "critique" selon ses termes, sur le livre de Bergé ?

 Nenni. Pour une fois, Nolleau était venu faire de la réclame pour présenter son nouvel ancien livre, Le Jourde et Nolleau (une ressortie augmentée, en fait), clin d'oeil au Lagarde et Michard. Avec la classe et la modestie qu'on lui connaît, Eric a donc expliqué qu'il avait tout compris à la littérature et que, comme il était éditeur de livres inconnus même de leurs propres auteurs, il était en droit de vomir sur les écrivains qu'il jugeait indignes. Un tour de moulinet par-ci, de l'égocentrisme ventripotent par-là, en quelques 10 minutes, Eric nous réduit la littérature à deux auteurs et à lui-même, gardien auto-proclamé du roman qu'il faut avoir lu. A ce niveau d'arrogance, l'animateur fait ce qu'il peut pour faire à la fois la promo (obligée) du bouquin et essayer de dégonfler le monstrueux melon de l'Alain Delon littéraire assis en face de lui. Et c'est lors d'un coup à deux bandes qu'Eric s'est retrouvé à la place qu'occupent, en général, les invités d'On n'est pas couché. En voulant faire lire le portrait écrit sur Christine Angot à un Fabrice Luchini étonnament discret (il se rattrapera après en offrant 15 minutes hallucinées à son auditoire), ce dernier demande la permission à Bergé. Bien vu : mis en avant, celui-ci exprimera l'avis négatif qu'il porte sur ce livre. Au-delà de toute espérance puisque le pugilat durera jusqu'à la fin de l'émission, un Bergé la bave aux lèvres et un Nolleau coulant, répétant "mais non mais non" à l'envi.

 Au début, j'aimais bien Nolleau. Je ne savais absolument pas qui il était, d'où il venait, il adoptait un style chemise ouverte de bon aloi et semblait faire un contre-poids idéal au passéiste Eric Zemmour. Il remplaçait surtout un Michel Polac gâteuxet quasi-liquide. Et puis, un animateur qui semblait vouloir débattre intelligemment, ça changeait. Sans parler qu'il avait failli coller une beigne à Cali (qui avait massacré l'interview parce que les deux "flingueurs" ne disaient pas du bien de son génie), ce qui avait automatiquement attiré toute ma sympathie.

 Badaboum. Après avoir fait pleurer Laurence Boccolini, Nolleau fait le tour des plateaux télé pour parler de son rôle de "sniper". Il développe alors une idée juste : l'univers médiatique consensuel où les artistes se font cirer les bottes dans toutes les émissions ne permet pas un avis "critique", c'est-à-dire parler et/ou mettre le doigt sur les défauts ou simplement donner une voix négative dans ce concert de louanges. Il a raison. Sauf qu'à être exposé ainsi comme étant la voix du juste parce que dissonante, Nolleau a chopé le melon. Et ses critiques n'en sont plus, sauf des tirs à vue, histoire de faire le bon mot, de casser gratuitement parce que ça fait bien et ,surtout, que l'invité ne saura pas se défendre.

 Parce que l'invité a une image qu'il veut garder et il sait que sortir de ses gonds face à un abruti qui vous titille pour exister et justifier son rôle, ça peut lui coûter cher. Et le petit Eric le sait et fait son beurre comme ça. Une technique lâche de ramener sa fraise devant un mutisme obligée. Sauf que le petit Eric n'est pas si féroce. Face à un BHL (que je déteste aussi) impérial et à aucun moment déstabilisé, toujours répondant et faisant barrage bec et ongles, Nolleau n'a pas pu faire son malin. Coincé, ridiculisé et envoyé dans les cordes plus d'une fois par la répartie sanglante du "philosophe", le critique a fini par montrer son vrai visage : un type haineux, plein de rage et de frustration, là uniquement pour se payer les invités. Devant la résistance de BHL, Nolleau a pété les plombs, rabrouant vertement un Zemmour qui voulait en placer une (et qui n'a pas pu) pour finir, non pas une de ces fameuses critiques dont il se gargarise, mais un combat de coqs pour savoir qui aurait la plus grosse (crête).

 Ainsi, face à Bergé qui lui a signifié son mépris le plus total, Nolleau est devenu un invité lambda, à savoir un type qui n'accepte pas la critique qui lui est faite, se justifiant par tous les moyens possibles pour expliquer à son contradicteur qu'il avait tort. Tout l'inverse de son discours habituel en somme, lui le "tueur de promo". Bergé, à bloc, lui aura donné le coup de grâce lorsque Nolleau tenta une dernière justification de son livre par son amour de la littérature, ce qui lui vaudra un paralléle pas faux où Bergé le comparera à ces chasseurs qui tuent les animaux en affirmant qu'ils sont respectueux de la nature. Rassurez-vous, cela ne lui a mis aucun plomb dans la tête. Dès le samedi suivant, chez Ruquier, il s'est empressé de faire des courbettes devant le suffisant et prétentieux Aznavour (qui ne se prend pas non plus pour une merde, celui-là), lui cirant les pompes avec une vigueur à rendre jaloux l'animateur de l'émission. Il faut dire qu'avec une pièce musicale dédiée à l'artiste dont Ruquier est le producteur/créateur et deux mercenaires médiatiques ici transformés en nounours rose bonbon, Anazvour avait champ libre pour étaler sa réussite sans que personne ne lui gêne le chemin. Chapeau, l'artiste ! Et quel dur métier que celui d'"antidote à la promotion" ! Démolir les artistes faciles et s'aplatir devant les grands, voilà qui demande une souplesse remarquable.

 Rendez nous Baffie !!!

 Bonne nuit...

 P.S. J'ai été absent un moment de cette page et je m'en excuse. Faute à ma santé, la fatigue et un ordinateur capricieux. J'essaierai d'être plus fidèle aux prochains rendez-vous... Merci...

Par Buster Casey - Publié dans : Aperçus d'un monde en décomposition
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /2008 21:34

 Je travaille avec un geek. Je ne parle pas de mon binôme, hein. Lui ne fait que frôler les berges de la geekitude sans jamais vraiment y plonger. Mais depuis peu, nous bossons avec un geek, un vrai nerd.

 (Si ces mots ne vous sont pas familiers, je ne peux que vous conseiller d'aller chercher par vous-même)

 Bref, ce brave gars comporte tous les aspects que l'on peut retrouver chez ce type de personne, à savoir une habitude alimentaire désordonnée et basée sur les sucreries ce qui donne des repas assez délirants. Vient ensuite la base de la geekitude et là, en l'occurrence, c'est le jeu vidéo. Ne serait-ce qu'aujourd'hui où il  est allé chercher son extension World Of Warcraft à Micromania (exemplaire qu'il avait réservé depuis... depuis... imaginez une date loin !) et dont la disponibilité jouable ne sera possible que ce soir minuit, et où il est revenu avec son exemplaire, au bord de l'apoplexie et le pantalon prêt à craquer. Je n'ose pas imaginer dans quel état on va le retrouver demain.

 Rajoutez à cette passion affolante des jeux la possibilité de siffler des génériques de mangas tous plus inconnus les uns que les autres et une vie dédiée aux saintes manettes...

 Ouais, je bosse avec un geek...

 Bonne nuit...

 P.S. Si l'utilité de ce mail ne vous saute pas immédiatement aux yeux, rassurez-vous, c'est normal...

                             
                                  
Par Buster Casey - Publié dans : Aperçus d'un monde en décomposition
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