Ne vous laissez pas piéger par le titre fallacieux de ce post, il ne s'agira pas en effet de vous soumettre ici quelques images verbales décadentes au son d'une musique moite et
Barrywhitesque. Il s'agit d'un top 5 tout con sur les 5 albums sur lesquels j'aurai rêvé de jouer. Bon, comme d'hab', pas d'ordre préférentiel, tout ça...
(oui, le titre est con mais bon, faut trouver quelque chose, j'allais pas mettre "poil de cul" non plus...)
1. Deep Purple : Made In Japan
Bon, on commence par deux exceptions. C'est mon favori donc il est en premier quoi qu'il arrive et ensuite, il ne s'agit pas d'un album en tant que tel mais du plus grand live de tous les
temps. Ouioui, vous avez bien lu. Et je ne m'emporte pas comme certains aiment à le faire croire. Il s'agit vraiment du plus grand live enregistré à ce jour. Sorte de best-of de trois concertes
donnés au Japon les 15, 16 et 17 août 1972 (avant pléthore de ressorties diverses et variées jusqu'à l'intégrale des trois concerts sur trois Cds... Si vous mettez la main dessus, laissez un
commentaire pour une rencontre discrète au 3e sous-sol d'un parking de supermarché et venez seul !), le Pourpre Profond gravait ces soirs-là ce qui allait rester comme la plus monstrueuse claque
musicale jamais administrée. Les titres sont transfigurés, jouent la rallonge, les soli s'enfilent comme des perles et on ne se fait pas chier une seconde tellement ça bande comme un âne
pendant plus de 70 minutes. Tant pis si quelques pains se retrouvent ça et là, l'énergie et la patate qui sortent de vos enceintes suantes vous collent au mur. Et quels titres ! Avant que
Black Sabbath n'enfonce tout le monde dans un tunnel sans lumière, Deep Purple entrait dans la légende. Et que ceux qui n'ont pas ce live essentiel, primordial, obligatoire et séminal (j'aime
bien ce mot) soient honnis pour quatre générations !!
2. Sex Pistols : Never Mind The Bollocks
Thèse, antithèse. Alors que le rock se durcit de plus en plus fin des années 60 et devient de plus en plus progressif jusqu'au milieu des années 70, la révolte sociale qui gronde en
Angleterre va donner naissance à une version encore plus radicale du rock. Pas "métal" mais... punk ! Ici, pas besoin de savoir jouer d'un instrument, d'enchaîner des solos de dingues à six
doigts, de jouer avec un archer ou de faire des concerts de quatre heures. Trois riffs maximum, un tempo pas compliqué, des refrains gueulés et hop, l'affaire est dans le sac. Et tant pis pour
les cheveux longs, les vestes à franges et autres colifichets "satanistes" ! Le punk est en vrac : épingles à nourrices, vêtements sac à patates, attentats capillaires... Le contre-courant du
contre-courant était né ! Beaucoup auront eu loisir à gloser sur la véritable influence (néfaste) de leur escroc de manager, les Sex Pistols sont LE groupe de punk emblématique et porte-étendard
de cette époque. Ils étaient jeunes, modelables, laids, grossiers, bêtes, destroy, têtes brûlés. Ils ont tout fait. Ils sont partis de rien pour exploser en plein vol. Ils n'ont sorti qu'un album
avant de se cramer complètement grâce à leur manager pousse au crime. Ils ont sorti le plus pur des albums de punk, jusqu'auboutiste, gavé de hits et de chansons immortelles, bruyant, sale, faux
et honnête jusqu'au bout de leurs chicots. L'album intouchable, celui que n'importe quel ignare punkoïde se taillerait les veines pour oser l'écrire. Une pièce d'histoire qui n'a pas pris
une demi-ride plus de 30 ans après. Respect, les mecs et pour ça, on s'en battra pas les couilles.
3. Machine Head : Burn My Eyes
1994. Le métal semble revivre. Après des années 80 qui ont fait mal à tout le monde musicalement (et notre genre favori y a eu droit aussi), les 90's sortent d'une grosse gueule de bois dès
1991 avec Nirvana et la scène grunge. Après les années fric, les années malaise. La musique de ferrailleur retrouve aussi des couleurs par un retour à plus de férocité et moins de galéjades que
par le passé. On déconne plus, les temps sont durs. C'est dans cette ambiance chaleureuse que débaboule de son trou du cul américain Machine Head. Avec sa pochette... heu... "autre", son titre
chanmé ("Brûle mes yeux", tout un programme !) et les mines patibulaires de ses musiciens, on sent qu'on tient là des concurrents sérieux au meilleur album pop de l'année. Et, une fois le disque
introduit dans la platine, on est pas déçu : roulement de batterie, suivi d'une rythmique de plomb pour engager le morceau sur une double grosse caisse militaire et des riffs en lame de rasoirs.
Le morceau entame sa deuxième minute que vous avez déjà perdu toutes vos dents et quand retentit le désormais culte LET FREEDOM RING WITH A SHOTGUN BLAST hurlé à pleins
poumons par un Robb Flynn à 134%, c'est le mouillage de culotte assuré. En un titre, Machine Head a retourné le monde du métal sur la table de la cuisine. Véritable bombe à neutron qui a réussi
un mélange absolu et parfait de tous les courants métalliques en activité (heavy, trash, hardcore, indus, doom...), Machine Head réalise d'entrée de jeu un disque best of, 11 morceaux taillés
pour tout détruire et sachant doser avec une intelligence géniale tous ses effets, alternant mélodies lugubres et grosses bastonnades viriles, le tout porté par un VRAI chanteur. Un disque
parfait... et fatal, le groupe ayant mis 10 ans avant de pouvoir s'en relever. Mais quelle bombe, bordel à cul !!!
4. Nine Inch Nails : The Downward Spiral
"Quoi, t'écoutes Nirvana ? Beuaah y'a même pas de solo, qu'il sait même pas jouer de la guitare comme trop il pue !". Voilà à peu de mots près résumé par mes camarades collégiens leur
interrogation face à mon amour inconsidéré pour des groupes comme Iron Maiden, Metallica et Nirvana. Apparemment, le bonheur musical avait l'air de provenir d'une surabondance technique et d'une
branlette de manche continue. Imaginez alors leur tronche si je leur avais dit que j'écoutais aussi NIN. Des boites à rythme (Euh, pas de solo de batterie, trop naaze...), de la guitare comme
accompagnement et non comme moteur principal (Eeuuhhh...), des samples, des machines... Ouais, ils étaient bons pour la défaillance neuronale. Trent Reznor, lui, tête pensante unique de
SON groupe, était bon pour le suicide. Et ça tombe bien, son album tourne uniquement autour de ce thème. Guitare sale servant de tapisserie, bruits bizarres (Reptile qui tourne sur
des bruits mécaniques) et ambiance générale glaciale comme une chambre mortuaire, Reznor sombre doucement, titre après titre, vers la folie et la dépression absolue. Repoussant et fascinant,
morbide et splendide, effroyable et touchant, The Downward Spiral s'achève sur Hurt à la fin duquel on pense que Reznor s'est finalement tiré une balle. Hé
bien non, puisque cinq ans plus tard, il sortira de son cerveau malade un double album, The Fragile, où nous découvrirons que l'effort précédent n'était qu'un apéritif à une expérience
opaque et quasi-postmortem. Il reste néanmoins que Reznor est un génie musical total. Et cet album le prouvait de la plus noire des façons.
5. Type O Negative : Bloody Kisses
Un peu d'histoire. Avant, Type O Negative, il y avait Carnivore. Et dans Carnivore, il y avait Peter Steele. Peter Steele, c'est un peu l'instant norvégien dans le monde du métal. De ses 2
mètres 75 et de son humour cassant, il a pris pour habitude de ne jamais sourire sur les photos, clips ou interviews. Ses répliques sont souvent à prendre au 78e degré mais, face à lui, le jeune
journaliste inexpérimenté vit souvent un grand moment de solitude. Cet humour "particulier" a d'ailleurs valu à Carnivore, son groupe hardcore/punk, une réputation épouvantable. Taxé de fasciste,
de misogyne, d'homophobe et j'en passe suite à quelques textes bien salés comme Male Supremacy, Jesus Hitler, Thermonuclear Warrior ou God Is Dead,
il fut obligé de dissoudre le groupe avant de finir carbonisé suite à des menaces sérieuses d'un attentat à la bombe sur scène (véridique !), Steele, qui hésite à entrer dans
les forces de police new-yorkaise, fonde alors Type O Negative, un projet à l'exact opposé de Carnivore. Le hardcore laisse place au métal gothique. Mais le bonhomme ne change pas. Le premier
album, Slow, Deep And Hard, se paye une pochette ignoble (une grosse tâche verte) et des chansons aux titres alambiqués comme pas permis. Si tout cela sentait déjà le sapin, c'est la
révélation au second tir : Bloody Kisses est une chef-d'oeuvre. Malgré des titres parasites (des plages d'une minute inutiles) et deux morceaux hardcore incongrus, résurgence de l'époque
Carnivore (We Hate Everyone et Kill All The White People), le reste est d'une qualité absolue. Tempo lent, spectre musical varié, voix incroyable du père Peter (quel organe !),
ambiance romantique désespérée... N'en jetez plus, tout y est. A faire écouter à votre copine vampire ou si vous souhaitez créer une pure ambiance intime et que la soul vous gave, ce disque est
pour vous. Et sinon, il est pour vous quand même parce que vous avez été amoureux un jour et que vous souhaitez revivre ça en écoutant un disque.
A noter qu'une version luxe est sorti, proposant le versant purement gothique de l'album, en virant les morceaux punks et inutiles et en en rajoutant un inédit, Suspended In Dusk,
glacial à souhait.
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