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Cuuuuulte !!!! Non ?

Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 17:30

 L'Art est un immense objet soumis à la critique. Peinture, sculpture, film, livre ou musique, la dimension culturelle subit l'appréciation des gens à qui elle s'expose. Rassurez-vous, je ne vais pas entrer dans une longue divagation philosophique mais toute création (à moins de créer en autiste et de tout détruire une fois fait) s'expose au jugement d'autrui. Je ne vais pas non plus me lancer dans les échelles de critique existantes, de la critique professionnelle au plus amateur (vive internet !), toutes se retrouvent sur au moins un point : elles sont subjectives ! Quoi qu'en disent les spécialistes, une critique est une critique et, si l'on enlève le vernis de culture générale propre à tout critique... ben, ça change rien, en fait ! Parce qu'il y aura toujours des gens (payés pour) qui viendront expliquer, télécommande à la main pour une analyse de plans poussée, qu'Almodovar est un immense cinéaste, je continuerai à trouver (pas payé pour) que ses films sont royalement chiants. De même qu'il est désormais de bon ton de dessouder Jean-Pierre Jeunet alors qu'il est un des cinéastes français les plus talentueux à l'heure actuelle.

 Bref, un critique ne reste après tout qu'un simple bonhomme qui va dire "j'aime" ou "j'aime pas" devant une oeuvre. Là où le bat blesse, c'est quand il s'agit de confronter un critique face à un genre qui le dépasse. En gros, un quidam face à quelque chose qu'il ne connaît pas et dont il n'a pas les clés. Je vais prendre comme exemple le metal (oui, il faut bien que mon article arrive à son sujet sinon on est encore là demain). Pour la majorité des gens, le metal est une musique à l'égal de ses clichés : bruyante, bruitiste, sans mélodies, sans talents, vulgaire, sataniste, décérébrée, dangereuse, marginale et j'en passe ("Tout le monde peut faire du bruit mais des vraies chansons, c'est plus compliqué" reste une de mes préférées). Si l'on résume, tout le monde déteste le metal sans jamais en avoir entendu une note ou alors quelques secondes à la sauvette dans une émission d'investigation objective décrivant le genre comme criminogéne (oui, c'était un reportage de M6). Ici, la critique joue avec son plus grand ennemi : le préjugé, qui conduit à la facilité et la paresse. Bref, comment pousser les gens à aimer un style qui n'a aucun reflet médiatique (à la différence du rap qui, quoi qu'il dise, inonde nos canaux) et dont ceux qui en parlent n'y comprennent rien (Le Grand Journal de Canal + comme exemple...). Ainsi, cette musique demande deux fois plus d'investissement personnel pour pénétrer dans son univers. Et une fois dedans, comment faire pour que le quidam ne s'enfuit pas en courant devant des groupes qu'il n'imaginait pas ? Vous lisez ce blog, je suis là pour ça !

 Si pour vous, le metal, c'est Metallica à Nîmes ou AC/DC au Stade de France, vous risquez de perdre vos cheveux avec ce qui va suivre. Ici, on va parler d'excroissance métallique, de petits rejetons qui ont poussé les murs pour emmener le genre loin ailleurs. On ne va pas parler de death ou de black mais de metal... autre. Il est bien évident que ce petit article n'a aucune volonté exhaustive, merci d'avance.

Si quelqu'un vient un jour vous parler de musique barrée, susurrez-lui à l'oreille les doux noms de Dilinger Escape Plan ou de Mr Bungle. Si votre interlocuteur ne change pas de couleur, abandonnez la conversation. Ces deux groupes bien tapés du carafon ont fait exploser les limites de notre musique chérie en les draguant à des kilomètres d'un genre définissable.   Dans le cas de Mr Bungle, nous parlons de mélange contre-nature fait de metal et de... tout ce qui passe sous la main (et par la tête). Techno, grindcore, pop, jazz, indus, bruits bizarres... On passe d'un style à l'autre sans prévenir et sans schéma classique de chansons. En gros, ça part dans tous les sens. A noter que le groupe livrera avec leur troisième album, California, un condensé de musique Beach Boys et soul. Quant à Dilinger Escape Plan, on passe à de sérieux gagas, dont le hardcore destructuré a été baigné dans le grand bain du jazz. Pas de panique, aucun saxo ou xylophone à l'horizon mais un grave sentiment de Grand Huit musical. Apparu avec leur premier album Calculating Infinity en 1999, DEP a parrainé un nouveau genre : le mathcore. Cela peut se résumer à une musique sauvage et fortement fracassée par une alternance brutale de plans hystériques et de passages plus softs. Là encore, la structure pop couplets/refrains est envoyée par dessus bord pour une potion musicale intense. La bande administrera une claque monumentale avec le EP Irony Is A Dead Scene et l'allumé Mike Patton au micro. La reconnaissance viendra avec Miss Machine, puis Ire Works. Certaines mauvaises langues accuseront le groupe de compromis avec ces deux albums, sous prétexte de chansons plus "posées". Ce qui prouve bien que les mauvaises langues n'écoutent pas les albums qu'ils critiquent. Car si DEP a calmé son jeu, ses albums ne sont pas non plus prêts à passer sur la play-list de NRJ. Exemple ci-joint :

 



 Bon, là, c'est la version franche du collier, je vous l'accorde. Ceci dit, n'imaginez pas que ces gus font les marioles juste pour la vidéo. Sur scène, c'est exactement la même furie. Toujours est-il que, succès aidant, pas mal d'autres groupes ont pu accéder à la lumière de la gloire (restons mesuré sur ce terme...) en proposant une musique complètement barrée. Certains le faisaient avant, d'autres s'y sont lancés, prolongeant un nouveau genre musical. Citons pour la reconnaissance Shoemaker Levy 9, Banana Melt, She Said Destroy, The Charlot, General Lee, Genghis Tron (avec un plus electro), etc... sans oublier les maîtres du genre polyrythmique, les gros fadas de Meshuggah. Forcement, la ligne entre talent et gros bordel est mince et demande un gros investissement nerveux de la part de l'auditeur. Cette musique n'est pas facile, ni abordable mais elle cache de petites pépites que seul le temps permet d'apprécier. Et puisqu'on parle de système nerveux, plongeons plus profondément dans la démence musicale. Ayez confiance, c'est sans risque...


 Composé un 31 décembre monstrueusement arrosé, Rampton (du nom d'un asile psychiatrique anglais) est le fils bâtard d'une bande de musicos aux C.V. longs comme le bras du Great Khali. Des gens venant d'univers comme Cathedral, Iron Monkey ou Sunno))), qui se sont donc retrouvés un soir de fin d'année pas particulièrement porté sur le jus de grenadine. De ces effluves est sorti un album unique, dans tous les sens du terme. 3 morceaux, 54 minutes de musique. Un booklet illisible, des dessins crayonnés morbides. Et musicalement, un doom cosmique qui annihile toute perception de rythme. Totalement extrême dans son approche, Teeth Of Lions Rule The Divine (c'est le nom du groupe) a le son le plus perrave qui soit, en concurrence directe avec Darkthrone mais, à un certain volume, c'est du goudron qui sortira de vos enceintes. Baignant dans un écho digne d'une crypte humide, TOLRTD fera reculer les plus téméraires de son doom inhumain, nihiliste, écrasant et terminal. N'essayez pas, vous n'aurez pas les nerfs. Plus "true", tu deviens fou...


 Pour la petite histoire, Sunno))) est une marque d'ampli pour guitare. Quel autre nom pouvait se donner un groupe, composé de deux têtes pensantes, obsédé par le drone, sorte de bruit blanc sortant des amplis après bidouillages ? Aucun, vous avez raison ! Vous qui entrez en ces terres soniques, abandonnez toutes idées préconçues en terme de musique pour la bonne et simple raison que vous n'avez JAMAIS entendu ça. Pas de guitares ultra-rapides, pas de soli à foison, pas de hurlements ou chanteur hystérique. Non, juste un travail dément sur le son. Pas de chansons, de mélodies mais juste du son. Une pure musique d'ambiance développée par Stephen O'Malley et Greg Anderson, deux types assez bien dans leurs pompes apparemment...


 Non ? Le fait est que ces deux braves garçons bidouillent leur son d'apocalypse depuis un moment. Sur Monoliths & Dimensions, les chiffres sont affolants : certains morceaux requièrent trois basses et quatre guitares et une multitude de cuivres, cordes et instruments à vent assez coquets. Tout ça pour quoi ? Pour un aller simple au pays des morts avec Sunno))) comme orchestre musical, le genre Titanic. Indéfinissable avec des mots, Sunno))) joue une musique effrayante. Les morceaux sont longs, soutenus par des graves d'une profondeur abyssale. Avec un volume adéquat et dans le noir total, c'est l'angoisse assurée. Et quand Attila Csihar intervient pour parler d'une voix agonisante à l'oreille des défunts, vous savez que la fin du monde est proche. Voyage sonore absolument sans retour, Monoliths & Dimensions se clôt avec le titre Alice, sorte de lumière au bout du tunnel. Oubliez Björk et ses expérimentations pouet-pouet, Sunno))) est le seul groupe à briser psychologiquement son auditeur. Bruitiste ignoble pour les uns, génie avant-gardiste pour d'autres, le débat est ouvert...

Le guitariste de Dilinger Escape Plan ne retenant plus sa joie de savoir que je parle de lui sur mon blog

Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ?
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 23:55

 N'étant pas Hephaïstos, je ne me permettrai aucune longue dissertation sur l'utilité d'une reprise dans le monde de la chanson. Si je peux juste avancer un avis court, je trouve que dans 95% des cas, c'est inutile et nul. La reprise bouche un trou dans un album, sert de titres bonus extra-rares et collector dans une édition limitée (à 6 millions d'exemplaires) ou alors permet une gloire éphémère à un groupe qui le sera tout autant. En gros, on ressert la soupe et les gens achètent (mais les gens sont cons, autant en profiter me direz-vous).

 Et puis il arrive qu'une reprise soit utile. Elle transfigure le morceau original, elle lui donne une nouvelle patine, elle l'emmène là où il n'allait pas forcement. Ces reprises peuvent être pour le fun (Beatallica et ses reprises des Beatles à la sauce Metallica ou encore les Me First And The Gimme-Gimme qui se sont spécialisés dans les reprises de succès à la sauce ska/punk), peuvent rendre hommage à un genre (Undisputed Attitude de Slayer pour le punk/hardcore, le dernier Hatebreed...) et d'autres...

 L'exemple qui nous occupe est une reprise d'un genre particulier puisque le "repriseur" est plus vieux que le "reprisé". Pour faire clair, il s'agit d'une reprise de Hurt de Nine Inch Nails par Johnny Cash. En gros, un vieux chanteur folk/rock reprend une chanson d'un groupe d'indus metal. Inutile de vous pincer jusqu'au sang, la vidéo qui va suivre le prouve. Le grand écart stylistique entre les deux bonshommes est monstrueux mais le fond du message les unit : la Mort est toujours au bout du chemin. Chez NIN, Hurt clôt l'éprouvant The Downward Spiral sur une note définitive. La reprise par Johnny Cash est effrayante : si le titre original suintait la décrépitude absolue, celle-ci invoque les fantômes, les douleurs passées et la fin prochaine, plus encore que chez NIN. Constat d'autant plus troublant que Cash suit le texte et la musique quasiment à la mesure près. Sa performance est tellement juste, évidente et émouvante qu'on s'étonne encore que ce ne soit pas NIN qui l'ait repris à Cash. Sa mort, peu après l'enregistrement de son album de reprises, donne à ce morceau une aura particulière. Si chez NIN, Hurt vous donnait envie de vous tailler les veines, celle de Johnny Cash vous fera pleurer et courir serrer dans vos bras celui ou celle que vous aimez. Toujours ça de pris...



 

 Bonne nuit...
Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ? - Communauté : Vive le désordre !
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 21:38

 Ne vous laissez pas piéger par le titre fallacieux de ce post, il ne s'agira pas en effet de vous soumettre ici quelques images verbales décadentes au son d'une musique moite et Barrywhitesque. Il s'agit d'un top 5 tout con sur les 5 albums sur lesquels j'aurai rêvé de jouer. Bon, comme d'hab', pas d'ordre préférentiel, tout ça...
 (oui, le titre est con mais bon, faut trouver quelque chose, j'allais pas mettre "poil de cul" non plus...)

 1. Deep Purple : Made In Japan


 Bon, on commence par deux exceptions. C'est mon favori donc il est en premier quoi qu'il arrive et ensuite, il ne s'agit pas d'un album en tant que tel mais du plus grand live de tous les temps. Ouioui, vous avez bien lu. Et je ne m'emporte pas comme certains aiment à le faire croire. Il s'agit vraiment du plus grand live enregistré à ce jour. Sorte de best-of de trois concertes donnés au Japon les 15, 16 et 17 août 1972 (avant pléthore de ressorties diverses et variées jusqu'à l'intégrale des trois concerts sur trois Cds... Si vous mettez la main dessus, laissez un commentaire pour une rencontre discrète au 3e sous-sol d'un parking de supermarché et venez seul !), le Pourpre Profond gravait ces soirs-là ce qui allait rester comme la plus monstrueuse claque musicale jamais administrée. Les titres sont transfigurés, jouent la rallonge, les soli s'enfilent comme des perles et on ne se fait pas chier une seconde tellement ça bande comme un âne pendant plus de 70 minutes. Tant pis si quelques pains se retrouvent ça et là, l'énergie et la patate qui sortent de vos enceintes suantes vous collent au mur. Et quels titres ! Avant que Black Sabbath n'enfonce tout le monde dans un tunnel sans lumière, Deep Purple entrait dans la légende. Et que ceux qui n'ont pas ce live essentiel, primordial, obligatoire et séminal (j'aime bien ce mot) soient honnis pour quatre générations !!

 2. Sex Pistols : Never Mind The Bollocks
 


 Thèse, antithèse. Alors que le rock se durcit de plus en plus fin des années 60 et devient de plus en plus progressif jusqu'au milieu des années 70, la révolte sociale qui gronde en Angleterre va donner naissance à une version encore plus radicale du rock. Pas "métal" mais... punk ! Ici, pas besoin de savoir jouer d'un instrument, d'enchaîner des solos de dingues à six doigts, de jouer avec un archer ou de faire des concerts de quatre heures. Trois riffs maximum, un tempo pas compliqué, des refrains gueulés et hop, l'affaire est dans le sac. Et tant pis pour les cheveux longs, les vestes à franges et autres colifichets "satanistes" ! Le punk est en vrac : épingles à nourrices, vêtements sac à patates, attentats capillaires... Le contre-courant du contre-courant était né ! Beaucoup auront eu loisir à gloser sur la véritable influence (néfaste) de leur escroc de manager, les Sex Pistols sont LE groupe de punk emblématique et porte-étendard de cette époque. Ils étaient jeunes, modelables, laids, grossiers, bêtes, destroy, têtes brûlés. Ils ont tout fait. Ils sont partis de rien pour exploser en plein vol. Ils n'ont sorti qu'un album avant de se cramer complètement grâce à leur manager pousse au crime. Ils ont sorti le plus pur des albums de punk, jusqu'auboutiste, gavé de hits et de chansons immortelles, bruyant, sale, faux et honnête jusqu'au bout de leurs chicots. L'album intouchable, celui que n'importe quel ignare punkoïde se taillerait les veines pour oser l'écrire. Une pièce d'histoire qui n'a pas pris une demi-ride plus de 30 ans après. Respect, les mecs et pour ça, on s'en battra pas les couilles.

 3. Machine Head : Burn My Eyes
 


 1994. Le métal semble revivre. Après des années 80 qui ont fait mal à tout le monde musicalement (et notre genre favori y a eu droit aussi), les 90's sortent d'une grosse gueule de bois dès 1991 avec Nirvana et la scène grunge. Après les années fric, les années malaise. La musique de ferrailleur retrouve aussi des couleurs par un retour à plus de férocité et moins de galéjades que par le passé. On déconne plus, les temps sont durs. C'est dans cette ambiance chaleureuse que débaboule de son trou du cul américain Machine Head. Avec sa pochette... heu... "autre", son titre chanmé ("Brûle mes yeux", tout un programme !) et les mines patibulaires de ses musiciens, on sent qu'on tient là des concurrents sérieux au meilleur album pop de l'année. Et, une fois le disque introduit dans la platine, on est pas déçu : roulement de batterie, suivi d'une rythmique de plomb pour engager le morceau sur une double grosse caisse militaire et des riffs en lame de rasoirs. Le morceau entame sa deuxième minute que vous avez déjà perdu toutes vos dents et quand retentit le désormais culte LET FREEDOM RING WITH A SHOTGUN BLAST hurlé à pleins poumons par un Robb Flynn à 134%, c'est le mouillage de culotte assuré. En un titre, Machine Head a retourné le monde du métal sur la table de la cuisine. Véritable bombe à neutron qui a réussi un mélange absolu et parfait de tous les courants métalliques en activité (heavy, trash, hardcore, indus, doom...), Machine Head réalise d'entrée de jeu un disque best of, 11 morceaux taillés pour tout détruire et sachant doser avec une intelligence géniale tous ses effets, alternant mélodies lugubres et grosses bastonnades viriles, le tout porté par un VRAI chanteur. Un disque parfait... et fatal, le groupe ayant mis 10 ans avant de pouvoir s'en relever. Mais quelle bombe, bordel à cul !!!

 4. Nine Inch Nails : The Downward Spiral

 


 "Quoi, t'écoutes Nirvana ? Beuaah y'a même pas de solo, qu'il sait même pas jouer de la guitare comme trop il pue !". Voilà à peu de mots près résumé par mes camarades collégiens leur interrogation face à mon amour inconsidéré pour des groupes comme Iron Maiden, Metallica et Nirvana. Apparemment, le bonheur musical avait l'air de provenir d'une surabondance technique et d'une branlette de manche continue. Imaginez alors leur tronche si je leur avais dit que j'écoutais aussi NIN. Des boites à rythme (Euh, pas de solo de batterie, trop naaze...), de la guitare comme accompagnement et non comme moteur principal (Eeuuhhh...), des samples, des machines... Ouais, ils étaient bons pour la défaillance neuronale. Trent Reznor, lui, tête pensante unique de SON groupe, était bon pour le suicide. Et ça tombe bien, son album tourne uniquement autour de ce thème. Guitare sale servant de tapisserie, bruits bizarres (Reptile qui tourne sur des bruits mécaniques) et ambiance générale glaciale comme une chambre mortuaire, Reznor sombre doucement, titre après titre, vers la folie et la dépression absolue. Repoussant et fascinant, morbide et splendide, effroyable et touchant, The Downward Spiral s'achève sur Hurt à la fin duquel on pense que Reznor s'est finalement tiré une balle. Hé bien non, puisque cinq ans plus tard, il sortira de son cerveau malade un double album, The Fragile, où nous découvrirons que l'effort précédent n'était qu'un apéritif à une expérience opaque et quasi-postmortem. Il reste néanmoins que Reznor est un génie musical total. Et cet album le prouvait de la plus noire des façons.

 5. Type O Negative : Bloody Kisses
 


 Un peu d'histoire. Avant, Type O Negative, il y avait Carnivore. Et dans Carnivore, il y avait Peter Steele. Peter Steele, c'est un peu l'instant norvégien dans le monde du métal. De ses 2 mètres 75 et de son humour cassant, il a pris pour habitude de ne jamais sourire sur les photos, clips ou interviews. Ses répliques sont souvent à prendre au 78e degré mais, face à lui, le jeune journaliste inexpérimenté vit souvent un grand moment de solitude. Cet humour "particulier" a d'ailleurs valu à Carnivore, son groupe hardcore/punk, une réputation épouvantable. Taxé de fasciste, de misogyne, d'homophobe et j'en passe suite à quelques textes bien salés comme Male Supremacy, Jesus Hitler, Thermonuclear Warrior ou God Is Dead, il fut obligé de dissoudre le groupe avant de finir carbonisé suite à des menaces sérieuses d'un attentat à la bombe sur scène (véridique !), Steele, qui hésite à entrer dans les forces de police new-yorkaise, fonde alors Type O Negative, un projet à l'exact opposé de Carnivore. Le hardcore laisse place au métal gothique. Mais le bonhomme ne change pas. Le premier album, Slow, Deep And Hard, se paye une pochette ignoble (une grosse tâche verte) et des chansons aux titres alambiqués comme pas permis. Si tout cela sentait déjà le sapin, c'est la révélation au second tir : Bloody Kisses est une chef-d'oeuvre. Malgré des titres parasites (des plages d'une minute inutiles) et deux morceaux hardcore incongrus, résurgence de l'époque Carnivore (We Hate Everyone et Kill All The White People), le reste est d'une qualité absolue. Tempo lent, spectre musical varié, voix incroyable du père Peter (quel organe !), ambiance romantique désespérée... N'en jetez plus, tout y est. A faire écouter à votre copine vampire ou si vous souhaitez créer une pure ambiance intime et que la soul vous gave, ce disque est pour vous. Et sinon, il est pour vous quand même parce que vous avez été amoureux un jour et que vous souhaitez revivre ça en écoutant un disque.
 A noter qu'une version luxe est sorti, proposant le versant purement gothique de l'album, en virant les morceaux punks et inutiles et en en rajoutant un inédit, Suspended In Dusk, glacial à souhait.

Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ?
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 07:30

 Le mal-être, la dépression, les pulsions suicidaires, la solitude et la contemplation malsaine de soi, tout ça est bien joli mais nous éloigne grandement du principal : les tops 5 ! Fruit d'une concentration unilatérale menée par Hephaistos lui-même (ça l'a claqué le pauvre !) qui en a balancé un paquet, plus divers et varié qu'un disque de Mr Bungle, je me permets d'en choper un au vol pour vous le soumettre à froid tel que. Il s'agit ici du Top 5 des meilleures fins de film. Et qui dit fin, dit spoiler, c'est-à-dire raconter la fin et donc les grosses surprises. Je vous préviens maintenant, ça m'évitera des plaintes plus tard pour avoir raconté la fin d'un film que vous n'avez pas vu. Maintenant, faites en votre âme et conscience. Et comme toujours, ce top n'est pas qualitatif et ne représente qu'une fraction de pelloches que j'ai pu voir et aimer.


 1. Usual Suspect de Bryan Singer

 Qui est donc Kaizer Soze ? Un génie du mal, un criminel insaisissable, retors et diaboliquement intelligent. Une figure inconnue, un personnage entouré de mille et une légendes. Qui est donc Bryan Singer ? Un jeune réalisateur homosexuel inconnu au bataillon qui réussit à se faire une place au soleil avec ce deuxième film. Et quel film ! Malgré un budget resserré à l'essentiel, Singer dirige un panel d'acteurs pas bankables mais solides, anciens et en devenir (Kevin Spacey et Benicio Del Toro, hallucinant), une réalisation menée de main de maître et un scénario illusion bluffant. Outre de se placer comme un polar haut de gamme, le film plante tout le monde par une fin étourdissante. Le criminel le plus recherché est le narrateur de l'histoire... mais quelle histoire ? Une fois le truc découvert, quelle est la part de vérité dans le film que le spectateur vient de voir ? Second tour de force : même quand le twist est découvert, l'intérêt de revoir le film est décuplé, histoire de recoller les morceaux et de voir à quel moment on est baladé. Perte de temps : le film est tellement verrouillé qu'à aucun moment il n'est possible de se douter de quoi que ce soit. Un tour de force bien pompé par la suite...

 2. Sixième Sens de M. Night Shyamalan

 Qui est donc M. Night Shyamalan ? Un jeune réalisateur inconnu, adorateur de Spielberg et qui a prédit (selon la légende) au monteur de son deuxième film que son prochain effort serait avec Bruce Willis et que ce serait un succès. Et le bougre a eu un pif de dix kilomètres puisqu'effectivement, Sixième Sens a fait exploser un auteur. Mélange surprenant et pourtant magique de fantastique, d'horreur et de drame, Sixième Sens porte les germes d'un réalisateur que l'on devine consciencieux. A pas feutrés, le scénario nous navigue dans une intrigue tortueuse qui débouchera sur deux fins radicalement différentes mais se rejoignant : la libération par l'aveu. L'aveu du fils à sa mère et, surtout, l'aveu de mort du personnage principal. Mécanique identique à celle de Usual Suspects, le film vous pousse à un revisionnage immédiat. Là, tout se pare d'une double lecture et le fantastique, toujours présent, laisse alors place à la vraie nature du film : un drame humain déchirant. Vous trembliez de peur la première fois, vous pleurez de tristesse la seconde fois. Assez inouï dans son genre.

 3. Casino Royale de Martin Campbell

 Reboot pour la franchise la plus célèbre de l'histoire du cinéma, 007 change de gueule et de style. Si le coté dandy est toujours présent, le facteur humain est replacé en avant. James Bond est à ses débuts et TOUT le film n'est que la naissance d'une figure emblématique. Nous assistons à travers un lot de scènes électrisantes à la formation d'un héros qui emmène à une dernière image mythique et cultissime : Bond, debout devant sa proie (à qui il vient de coller une bastos dans la jambe), fusil au bras et lançant sa fameuse réplique : "My name is Bond. James Bond." Le thème musical démarre alors, 007 est né. Culte, je vous dis.

 4 ex-aequo. Le Silence Des Agneaux de Jonathan Demme / Seven de David Fincher

 Oui, il y a un peu de triche et je gruge une place comme je peux. Cependant, il aurait été indécent de citer l'un en omettant l'autre. En effet, ces deux films participent à un même objectif : la victoire absolue du Mal. Que ce soit le dernier coup de fil d'Hannibal Lecter à "l'agent Starling" après sa sanglante évasion (et sa glaçante phrase "j'ai quelqu'un pour dîner ce soir") ou l'atroce guerre des nerfs qui oppose John Doe (justice divine) face aux policiers le poursuivant (justice sociale, donc corrompue) et qui culmine dans un final sadique et éprouvant, le constat est le même : ces deux monstres supérieurement intelligents... sont logiquement gagnants. Et si Doe y perdra la vie, leur but respectif est néanmoins atteint : la liberté pour l'un, l'achèvement d'une quête pour l'autre. Et aucun personnages "bons" ne sera de taille à les arrêter. Constat effrayant qui, bizarrement, n'a soulevé aucun débat mais a multiplié les twists débiles et sans fondements des films suivants.

 5. Old Boy de Park-Chan Wook.

 La fin à débats par excellence. Prenez un groupe d'amis ayant vu le film et lancez, sur un ton badin, la question : "Est-ce une fin heureuse ou la plus effroyable qui soit ?". Faites ça à deux heures du matin après un repas arrosé et normalement, vous devriez avoir un début de baston. La question est cependant posée : histoire d'amour bouleversante ou acte incestueux d'autant plus ignoble qu'il est conscient ? Pour le coup, je vous conseille de voir ce film brillant, virtuose, intense et malaisé pour vous faire votre propre idée. Pour ma part, je rajouterai le suicide du bad guy dans l'ascenseur. Une fin à la fois surprenante et déchirante tant elle nous envoie toute l'humanité brisée de ce personnage en pleine poire.

Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ?
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 20:00

 Histoire de nous aérer un peu la tête depuis la mort de Bambi, pardon Mika Jackson (les Iraniens ne savent pas ce qu'ils ratent), nous allons jouer au fameux jeu du top 5, jeu de sadique initialement proposé par Mâââme Lizly. Aujourd'hui, c'est son frère, l'ignoble Héphaistos (le bâtard, y nique son PC) qui lance le défi du top 5 des meilleures ouvertures de film. En gros, la première séquence du film, celle qui marque, scotche et nous donne envie de rester jusqu'au bout. Une fois encore, le classement qui suit n'est pas synonyme d'ordre préférentiel...

 1. The Dark Knight de Christopher Nolan

 Bon ok, je commence par une bombe, un joyau noir, un référentiel pour les décennies à venir. Mais il faut se rendre à l'évidence : dès le début de son film, Nolan embarque le spectateur dans un rollercoaster éreintant dont le spectateur ressort à genoux. Et cette ouverture où une bande de gangsters masqués en clown braquent une banque (jusqu'à un final réjouissant) est proprement hallucinante de maîtrise de mise en scène et de montage. Une véritable horloge suisse cinématographique qui, au final de l'oeuvre, ne représente pourtant qu'une parcelle du talent général. Beaucoup de réalisateurs devraient baisser la tête...

 2. Les Aventuriers de L'Arche Perdue de Steven Spielberg

 Sachant qu'Héphaistos allait choisir (avec raison) Il Faut Sauver Le Soldat Ryan pour sa monstrueuse séquence du débarquement du 6 juin 1944 qui a traumatisé TOUS les films de guerre sortant après lui (faites le test : tout le monde l'a pompé !), je me tourne donc vers une autre séquence "historique" d'ouverture de film du même réalisateur. Première apparition d'un des plus grands héros cinématographiques de tous les temps, Indiana Jones 1 a eu un impact fatal sur la façon de faire des films, jusqu'à aujourd'hui et pour les années à venir. En effet, en une longue séquence menée tambours battants, Spielberg venait d'inventer la grosse scène d'action d'ouverture, phénomène que toutes les grosses productions nous servent encore aujourd'hui. En plaçant d'emblée son héros dans une situation désespérée et en ne lésinant pas sur les obstacles (flèches empoisonnées, grotte qui s'écroule, porte qui se ferme, boule de pierre, indigènes coupeurs de tête...), Spielberg pose ses enjeux, impose son style, délimite son terrain de jeu et crée en 15 minutes LE héros dont nous ne décollerons plus pendant deux heures et bien des années. Beaucoup de réalisateurs ont baissé la tête...

 3. La Horde Sauvage de Sam Peckinpah

 De la maîtrise de son art pour poser son film en 15 minutes à peine. De l'arrivée des "soldats" à la fuite de ceux-ci après une fusillade qui a ensanglanté la ville, le réalisateur pose d'emblée tous ses thèmes et met en garde ses spectateurs : ce ne sera ni beau, ni romantique, ni glamour. La violence qui habite les hommes ne trouve aucune justification, quelle que soit sa position par rapport à la loi, dans la mesure où les chasseurs de prime et autres personnes de justice sont pires que les bandits. Seul compte l'honneur, mis au-dessus de la loi. Flamboyant, funèbre et terminal. Pour la petite histoire, les spectateurs s'évanouissaient pendant la projection lors du carnage final. Nous étions en 1969.

 4. Trainspotting de Danny Boyle

 Peut-être pas l'ouverture la plus spectaculaire mais en tout cas la plus électrisante et la plus intelligente. On rentre immédiatement dans l'action par la fuite de ces deux petits marlous au son du Lust For Life d'Iggy Pop et du discours cynique en voix-off du héros. D'une même traite, Boyle impose le ton du film et ses personnages. Après, il raconte son histoire. Percutant.

 5. Reservoir Dogs de Quentin Tarantino

 Encore une ouverture séminale du genre. Une bande de costards cravate discutent autour d'une table de café. On commence avec une interprétation personnelle des chansons de Madonna, un détour sur un vieux carnet, K-Billie La Radio des Seventies pour finir sur l'utilité du pourboire. Finalement, ils se lèvent, quittent la pièce pendant que K-Billie nous balance un vieux titre. Générique. Fin du générique, un des gars pisse le sang à l'arrière d'une bagnole. Le film démarre et le puzzle peut commencer à s'assembler. Qui sont ces gars ? Qu'ont-ils fait ? Comment ? Pourquoi ? Dès son premier film, Tarantino explose les scores et fait mouiller toute une génération de cinéaste qui copiera sans honte s'inspirera de son travail. Sauf qu'il reste le seul à savoir manier l'art du dialogue et de sa difficile mise-en-scène. Il soignera et perfectionnera ses ouvertures à chacun de ses films suivants (Kill Bill notamment) mais il était difficile de ne pas signaler celui-ci.

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ?
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