Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Derniers Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Créer un Blog

Cuuuuulte !!!! Non ?

Mercredi 21 octobre 2009

 N'étant pas Hephaïstos, je ne me permettrai aucune longue dissertation sur l'utilité d'une reprise dans le monde de la chanson. Si je peux juste avancer un avis court, je trouve que dans 95% des cas, c'est inutile et nul. La reprise bouche un trou dans un album, sert de titres bonus extra-rares et collector dans une édition limitée (à 6 millions d'exemplaires) ou alors permet une gloire éphémère à un groupe qui le sera tout autant. En gros, on ressert la soupe et les gens achètent (mais les gens sont cons, autant en profiter me direz-vous).

 Et puis il arrive qu'une reprise soit utile. Elle transfigure le morceau original, elle lui donne une nouvelle patine, elle l'emmène là où il n'allait pas forcement. Ces reprises peuvent être pour le fun (Beatallica et ses reprises des Beatles à la sauce Metallica ou encore les Me First And The Gimme-Gimme qui se sont spécialisés dans les reprises de succès à la sauce ska/punk), peuvent rendre hommage à un genre (Undisputed Attitude de Slayer pour le punk/hardcore, le dernier Hatebreed...) et d'autres...

 L'exemple qui nous occupe est une reprise d'un genre particulier puisque le "repriseur" est plus vieux que le "reprisé". Pour faire clair, il s'agit d'une reprise de Hurt de Nine Inch Nails par Johnny Cash. En gros, un vieux chanteur folk/rock reprend une chanson d'un groupe d'indus metal. Inutile de vous pincer jusqu'au sang, la vidéo qui va suivre le prouve. Le grand écart stylistique entre les deux bonshommes est monstrueux mais le fond du message les unit : la Mort est toujours au bout du chemin. Chez NIN, Hurt clôt l'éprouvant The Downward Spiral sur une note définitive. La reprise par Johnny Cash est effrayante : si le titre original suintait la décrépitude absolue, celle-ci invoque les fantômes, les douleurs passées et la fin prochaine, plus encore que chez NIN. Constat d'autant plus troublant que Cash suit le texte et la musique quasiment à la mesure près. Sa performance est tellement juste, évidente et émouvante qu'on s'étonne encore que ce ne soit pas NIN qui l'ait repris à Cash. Sa mort, peu après l'enregistrement de son album de reprises, donne à ce morceau une aura particulière. Si chez NIN, Hurt vous donnait envie de vous tailler les veines, celle de Johnny Cash vous fera pleurer et courir serrer dans vos bras celui ou celle que vous aimez. Toujours ça de pris...



 

 Bonne nuit...
Par Buster Casey
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 23 septembre 2009

 Ne vous laissez pas piéger par le titre fallacieux de ce post, il ne s'agira pas en effet de vous soumettre ici quelques images verbales décadentes au son d'une musique moite et Barrywhitesque. Il s'agit d'un top 5 tout con sur les 5 albums sur lesquels j'aurai rêvé de jouer. Bon, comme d'hab', pas d'ordre préférentiel, tout ça...
 (oui, le titre est con mais bon, faut trouver quelque chose, j'allais pas mettre "poil de cul" non plus...)

 1. Deep Purple : Made In Japan


 Bon, on commence par deux exceptions. C'est mon favori donc il est en premier quoi qu'il arrive et ensuite, il ne s'agit pas d'un album en tant que tel mais du plus grand live de tous les temps. Ouioui, vous avez bien lu. Et je ne m'emporte pas comme certains aiment à le faire croire. Il s'agit vraiment du plus grand live enregistré à ce jour. Sorte de best-of de trois concertes donnés au Japon les 15, 16 et 17 août 1972 (avant pléthore de ressorties diverses et variées jusqu'à l'intégrale des trois concerts sur trois Cds... Si vous mettez la main dessus, laissez un commentaire pour une rencontre discrète au 3e sous-sol d'un parking de supermarché et venez seul !), le Pourpre Profond gravait ces soirs-là ce qui allait rester comme la plus monstrueuse claque musicale jamais administrée. Les titres sont transfigurés, jouent la rallonge, les soli s'enfilent comme des perles et on ne se fait pas chier une seconde tellement ça bande comme un âne pendant plus de 70 minutes. Tant pis si quelques pains se retrouvent ça et là, l'énergie et la patate qui sortent de vos enceintes suantes vous collent au mur. Et quels titres ! Avant que Black Sabbath n'enfonce tout le monde dans un tunnel sans lumière, Deep Purple entrait dans la légende. Et que ceux qui n'ont pas ce live essentiel, primordial, obligatoire et séminal (j'aime bien ce mot) soient honnis pour quatre générations !!

 2. Sex Pistols : Never Mind The Bollocks
 


 Thèse, antithèse. Alors que le rock se durcit de plus en plus fin des années 60 et devient de plus en plus progressif jusqu'au milieu des années 70, la révolte sociale qui gronde en Angleterre va donner naissance à une version encore plus radicale du rock. Pas "métal" mais... punk ! Ici, pas besoin de savoir jouer d'un instrument, d'enchaîner des solos de dingues à six doigts, de jouer avec un archer ou de faire des concerts de quatre heures. Trois riffs maximum, un tempo pas compliqué, des refrains gueulés et hop, l'affaire est dans le sac. Et tant pis pour les cheveux longs, les vestes à franges et autres colifichets "satanistes" ! Le punk est en vrac : épingles à nourrices, vêtements sac à patates, attentats capillaires... Le contre-courant du contre-courant était né ! Beaucoup auront eu loisir à gloser sur la véritable influence (néfaste) de leur escroc de manager, les Sex Pistols sont LE groupe de punk emblématique et porte-étendard de cette époque. Ils étaient jeunes, modelables, laids, grossiers, bêtes, destroy, têtes brûlés. Ils ont tout fait. Ils sont partis de rien pour exploser en plein vol. Ils n'ont sorti qu'un album avant de se cramer complètement grâce à leur manager pousse au crime. Ils ont sorti le plus pur des albums de punk, jusqu'auboutiste, gavé de hits et de chansons immortelles, bruyant, sale, faux et honnête jusqu'au bout de leurs chicots. L'album intouchable, celui que n'importe quel ignare punkoïde se taillerait les veines pour oser l'écrire. Une pièce d'histoire qui n'a pas pris une demi-ride plus de 30 ans après. Respect, les mecs et pour ça, on s'en battra pas les couilles.

 3. Machine Head : Burn My Eyes
 


 1994. Le métal semble revivre. Après des années 80 qui ont fait mal à tout le monde musicalement (et notre genre favori y a eu droit aussi), les 90's sortent d'une grosse gueule de bois dès 1991 avec Nirvana et la scène grunge. Après les années fric, les années malaise. La musique de ferrailleur retrouve aussi des couleurs par un retour à plus de férocité et moins de galéjades que par le passé. On déconne plus, les temps sont durs. C'est dans cette ambiance chaleureuse que débaboule de son trou du cul américain Machine Head. Avec sa pochette... heu... "autre", son titre chanmé ("Brûle mes yeux", tout un programme !) et les mines patibulaires de ses musiciens, on sent qu'on tient là des concurrents sérieux au meilleur album pop de l'année. Et, une fois le disque introduit dans la platine, on est pas déçu : roulement de batterie, suivi d'une rythmique de plomb pour engager le morceau sur une double grosse caisse militaire et des riffs en lame de rasoirs. Le morceau entame sa deuxième minute que vous avez déjà perdu toutes vos dents et quand retentit le désormais culte LET FREEDOM RING WITH A SHOTGUN BLAST hurlé à pleins poumons par un Robb Flynn à 134%, c'est le mouillage de culotte assuré. En un titre, Machine Head a retourné le monde du métal sur la table de la cuisine. Véritable bombe à neutron qui a réussi un mélange absolu et parfait de tous les courants métalliques en activité (heavy, trash, hardcore, indus, doom...), Machine Head réalise d'entrée de jeu un disque best of, 11 morceaux taillés pour tout détruire et sachant doser avec une intelligence géniale tous ses effets, alternant mélodies lugubres et grosses bastonnades viriles, le tout porté par un VRAI chanteur. Un disque parfait... et fatal, le groupe ayant mis 10 ans avant de pouvoir s'en relever. Mais quelle bombe, bordel à cul !!!

 4. Nine Inch Nails : The Downward Spiral

 


 "Quoi, t'écoutes Nirvana ? Beuaah y'a même pas de solo, qu'il sait même pas jouer de la guitare comme trop il pue !". Voilà à peu de mots près résumé par mes camarades collégiens leur interrogation face à mon amour inconsidéré pour des groupes comme Iron Maiden, Metallica et Nirvana. Apparemment, le bonheur musical avait l'air de provenir d'une surabondance technique et d'une branlette de manche continue. Imaginez alors leur tronche si je leur avais dit que j'écoutais aussi NIN. Des boites à rythme (Euh, pas de solo de batterie, trop naaze...), de la guitare comme accompagnement et non comme moteur principal (Eeuuhhh...), des samples, des machines... Ouais, ils étaient bons pour la défaillance neuronale. Trent Reznor, lui, tête pensante unique de SON groupe, était bon pour le suicide. Et ça tombe bien, son album tourne uniquement autour de ce thème. Guitare sale servant de tapisserie, bruits bizarres (Reptile qui tourne sur des bruits mécaniques) et ambiance générale glaciale comme une chambre mortuaire, Reznor sombre doucement, titre après titre, vers la folie et la dépression absolue. Repoussant et fascinant, morbide et splendide, effroyable et touchant, The Downward Spiral s'achève sur Hurt à la fin duquel on pense que Reznor s'est finalement tiré une balle. Hé bien non, puisque cinq ans plus tard, il sortira de son cerveau malade un double album, The Fragile, où nous découvrirons que l'effort précédent n'était qu'un apéritif à une expérience opaque et quasi-postmortem. Il reste néanmoins que Reznor est un génie musical total. Et cet album le prouvait de la plus noire des façons.

 5. Type O Negative : Bloody Kisses
 


 Un peu d'histoire. Avant, Type O Negative, il y avait Carnivore. Et dans Carnivore, il y avait Peter Steele. Peter Steele, c'est un peu l'instant norvégien dans le monde du métal. De ses 2 mètres 75 et de son humour cassant, il a pris pour habitude de ne jamais sourire sur les photos, clips ou interviews. Ses répliques sont souvent à prendre au 78e degré mais, face à lui, le jeune journaliste inexpérimenté vit souvent un grand moment de solitude. Cet humour "particulier" a d'ailleurs valu à Carnivore, son groupe hardcore/punk, une réputation épouvantable. Taxé de fasciste, de misogyne, d'homophobe et j'en passe suite à quelques textes bien salés comme Male Supremacy, Jesus Hitler, Thermonuclear Warrior ou God Is Dead, il fut obligé de dissoudre le groupe avant de finir carbonisé suite à des menaces sérieuses d'un attentat à la bombe sur scène (véridique !), Steele, qui hésite à entrer dans les forces de police new-yorkaise, fonde alors Type O Negative, un projet à l'exact opposé de Carnivore. Le hardcore laisse place au métal gothique. Mais le bonhomme ne change pas. Le premier album, Slow, Deep And Hard, se paye une pochette ignoble (une grosse tâche verte) et des chansons aux titres alambiqués comme pas permis. Si tout cela sentait déjà le sapin, c'est la révélation au second tir : Bloody Kisses est une chef-d'oeuvre. Malgré des titres parasites (des plages d'une minute inutiles) et deux morceaux hardcore incongrus, résurgence de l'époque Carnivore (We Hate Everyone et Kill All The White People), le reste est d'une qualité absolue. Tempo lent, spectre musical varié, voix incroyable du père Peter (quel organe !), ambiance romantique désespérée... N'en jetez plus, tout y est. A faire écouter à votre copine vampire ou si vous souhaitez créer une pure ambiance intime et que la soul vous gave, ce disque est pour vous. Et sinon, il est pour vous quand même parce que vous avez été amoureux un jour et que vous souhaitez revivre ça en écoutant un disque.
 A noter qu'une version luxe est sorti, proposant le versant purement gothique de l'album, en virant les morceaux punks et inutiles et en en rajoutant un inédit, Suspended In Dusk, glacial à souhait.

Par Buster Casey
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 24 août 2009

 Le mal-être, la dépression, les pulsions suicidaires, la solitude et la contemplation malsaine de soi, tout ça est bien joli mais nous éloigne grandement du principal : les tops 5 ! Fruit d'une concentration unilatérale menée par Hephaistos lui-même (ça l'a claqué le pauvre !) qui en a balancé un paquet, plus divers et varié qu'un disque de Mr Bungle, je me permets d'en choper un au vol pour vous le soumettre à froid tel que. Il s'agit ici du Top 5 des meilleures fins de film. Et qui dit fin, dit spoiler, c'est-à-dire raconter la fin et donc les grosses surprises. Je vous préviens maintenant, ça m'évitera des plaintes plus tard pour avoir raconté la fin d'un film que vous n'avez pas vu. Maintenant, faites en votre âme et conscience. Et comme toujours, ce top n'est pas qualitatif et ne représente qu'une fraction de pelloches que j'ai pu voir et aimer.


 1. Usual Suspect de Bryan Singer

 Qui est donc Kaizer Soze ? Un génie du mal, un criminel insaisissable, retors et diaboliquement intelligent. Une figure inconnue, un personnage entouré de mille et une légendes. Qui est donc Bryan Singer ? Un jeune réalisateur homosexuel inconnu au bataillon qui réussit à se faire une place au soleil avec ce deuxième film. Et quel film ! Malgré un budget resserré à l'essentiel, Singer dirige un panel d'acteurs pas bankables mais solides, anciens et en devenir (Kevin Spacey et Benicio Del Toro, hallucinant), une réalisation menée de main de maître et un scénario illusion bluffant. Outre de se placer comme un polar haut de gamme, le film plante tout le monde par une fin étourdissante. Le criminel le plus recherché est le narrateur de l'histoire... mais quelle histoire ? Une fois le truc découvert, quelle est la part de vérité dans le film que le spectateur vient de voir ? Second tour de force : même quand le twist est découvert, l'intérêt de revoir le film est décuplé, histoire de recoller les morceaux et de voir à quel moment on est baladé. Perte de temps : le film est tellement verrouillé qu'à aucun moment il n'est possible de se douter de quoi que ce soit. Un tour de force bien pompé par la suite...

 2. Sixième Sens de M. Night Shyamalan

 Qui est donc M. Night Shyamalan ? Un jeune réalisateur inconnu, adorateur de Spielberg et qui a prédit (selon la légende) au monteur de son deuxième film que son prochain effort serait avec Bruce Willis et que ce serait un succès. Et le bougre a eu un pif de dix kilomètres puisqu'effectivement, Sixième Sens a fait exploser un auteur. Mélange surprenant et pourtant magique de fantastique, d'horreur et de drame, Sixième Sens porte les germes d'un réalisateur que l'on devine consciencieux. A pas feutrés, le scénario nous navigue dans une intrigue tortueuse qui débouchera sur deux fins radicalement différentes mais se rejoignant : la libération par l'aveu. L'aveu du fils à sa mère et, surtout, l'aveu de mort du personnage principal. Mécanique identique à celle de Usual Suspects, le film vous pousse à un revisionnage immédiat. Là, tout se pare d'une double lecture et le fantastique, toujours présent, laisse alors place à la vraie nature du film : un drame humain déchirant. Vous trembliez de peur la première fois, vous pleurez de tristesse la seconde fois. Assez inouï dans son genre.

 3. Casino Royale de Martin Campbell

 Reboot pour la franchise la plus célèbre de l'histoire du cinéma, 007 change de gueule et de style. Si le coté dandy est toujours présent, le facteur humain est replacé en avant. James Bond est à ses débuts et TOUT le film n'est que la naissance d'une figure emblématique. Nous assistons à travers un lot de scènes électrisantes à la formation d'un héros qui emmène à une dernière image mythique et cultissime : Bond, debout devant sa proie (à qui il vient de coller une bastos dans la jambe), fusil au bras et lançant sa fameuse réplique : "My name is Bond. James Bond." Le thème musical démarre alors, 007 est né. Culte, je vous dis.

 4 ex-aequo. Le Silence Des Agneaux de Jonathan Demme / Seven de David Fincher

 Oui, il y a un peu de triche et je gruge une place comme je peux. Cependant, il aurait été indécent de citer l'un en omettant l'autre. En effet, ces deux films participent à un même objectif : la victoire absolue du Mal. Que ce soit le dernier coup de fil d'Hannibal Lecter à "l'agent Starling" après sa sanglante évasion (et sa glaçante phrase "j'ai quelqu'un pour dîner ce soir") ou l'atroce guerre des nerfs qui oppose John Doe (justice divine) face aux policiers le poursuivant (justice sociale, donc corrompue) et qui culmine dans un final sadique et éprouvant, le constat est le même : ces deux monstres supérieurement intelligents... sont logiquement gagnants. Et si Doe y perdra la vie, leur but respectif est néanmoins atteint : la liberté pour l'un, l'achèvement d'une quête pour l'autre. Et aucun personnages "bons" ne sera de taille à les arrêter. Constat effrayant qui, bizarrement, n'a soulevé aucun débat mais a multiplié les twists débiles et sans fondements des films suivants.

 5. Old Boy de Park-Chan Wook.

 La fin à débats par excellence. Prenez un groupe d'amis ayant vu le film et lancez, sur un ton badin, la question : "Est-ce une fin heureuse ou la plus effroyable qui soit ?". Faites ça à deux heures du matin après un repas arrosé et normalement, vous devriez avoir un début de baston. La question est cependant posée : histoire d'amour bouleversante ou acte incestueux d'autant plus ignoble qu'il est conscient ? Pour le coup, je vous conseille de voir ce film brillant, virtuose, intense et malaisé pour vous faire votre propre idée. Pour ma part, je rajouterai le suicide du bad guy dans l'ascenseur. Une fin à la fois surprenante et déchirante tant elle nous envoie toute l'humanité brisée de ce personnage en pleine poire.

Par Buster Casey
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 30 juin 2009

 Histoire de nous aérer un peu la tête depuis la mort de Bambi, pardon Mika Jackson (les Iraniens ne savent pas ce qu'ils ratent), nous allons jouer au fameux jeu du top 5, jeu de sadique initialement proposé par Mâââme Lizly. Aujourd'hui, c'est son frère, l'ignoble Héphaistos (le bâtard, y nique son PC) qui lance le défi du top 5 des meilleures ouvertures de film. En gros, la première séquence du film, celle qui marque, scotche et nous donne envie de rester jusqu'au bout. Une fois encore, le classement qui suit n'est pas synonyme d'ordre préférentiel...

 1. The Dark Knight de Christopher Nolan

 Bon ok, je commence par une bombe, un joyau noir, un référentiel pour les décennies à venir. Mais il faut se rendre à l'évidence : dès le début de son film, Nolan embarque le spectateur dans un rollercoaster éreintant dont le spectateur ressort à genoux. Et cette ouverture où une bande de gangsters masqués en clown braquent une banque (jusqu'à un final réjouissant) est proprement hallucinante de maîtrise de mise en scène et de montage. Une véritable horloge suisse cinématographique qui, au final de l'oeuvre, ne représente pourtant qu'une parcelle du talent général. Beaucoup de réalisateurs devraient baisser la tête...

 2. Les Aventuriers de L'Arche Perdue de Steven Spielberg

 Sachant qu'Héphaistos allait choisir (avec raison) Il Faut Sauver Le Soldat Ryan pour sa monstrueuse séquence du débarquement du 6 juin 1944 qui a traumatisé TOUS les films de guerre sortant après lui (faites le test : tout le monde l'a pompé !), je me tourne donc vers une autre séquence "historique" d'ouverture de film du même réalisateur. Première apparition d'un des plus grands héros cinématographiques de tous les temps, Indiana Jones 1 a eu un impact fatal sur la façon de faire des films, jusqu'à aujourd'hui et pour les années à venir. En effet, en une longue séquence menée tambours battants, Spielberg venait d'inventer la grosse scène d'action d'ouverture, phénomène que toutes les grosses productions nous servent encore aujourd'hui. En plaçant d'emblée son héros dans une situation désespérée et en ne lésinant pas sur les obstacles (flèches empoisonnées, grotte qui s'écroule, porte qui se ferme, boule de pierre, indigènes coupeurs de tête...), Spielberg pose ses enjeux, impose son style, délimite son terrain de jeu et crée en 15 minutes LE héros dont nous ne décollerons plus pendant deux heures et bien des années. Beaucoup de réalisateurs ont baissé la tête...

 3. La Horde Sauvage de Sam Peckinpah

 De la maîtrise de son art pour poser son film en 15 minutes à peine. De l'arrivée des "soldats" à la fuite de ceux-ci après une fusillade qui a ensanglanté la ville, le réalisateur pose d'emblée tous ses thèmes et met en garde ses spectateurs : ce ne sera ni beau, ni romantique, ni glamour. La violence qui habite les hommes ne trouve aucune justification, quelle que soit sa position par rapport à la loi, dans la mesure où les chasseurs de prime et autres personnes de justice sont pires que les bandits. Seul compte l'honneur, mis au-dessus de la loi. Flamboyant, funèbre et terminal. Pour la petite histoire, les spectateurs s'évanouissaient pendant la projection lors du carnage final. Nous étions en 1969.

 4. Trainspotting de Danny Boyle

 Peut-être pas l'ouverture la plus spectaculaire mais en tout cas la plus électrisante et la plus intelligente. On rentre immédiatement dans l'action par la fuite de ces deux petits marlous au son du Lust For Life d'Iggy Pop et du discours cynique en voix-off du héros. D'une même traite, Boyle impose le ton du film et ses personnages. Après, il raconte son histoire. Percutant.

 5. Reservoir Dogs de Quentin Tarantino

 Encore une ouverture séminale du genre. Une bande de costards cravate discutent autour d'une table de café. On commence avec une interprétation personnelle des chansons de Madonna, un détour sur un vieux carnet, K-Billie La Radio des Seventies pour finir sur l'utilité du pourboire. Finalement, ils se lèvent, quittent la pièce pendant que K-Billie nous balance un vieux titre. Générique. Fin du générique, un des gars pisse le sang à l'arrière d'une bagnole. Le film démarre et le puzzle peut commencer à s'assembler. Qui sont ces gars ? Qu'ont-ils fait ? Comment ? Pourquoi ? Dès son premier film, Tarantino explose les scores et fait mouiller toute une génération de cinéaste qui copiera sans honte s'inspirera de son travail. Sauf qu'il reste le seul à savoir manier l'art du dialogue et de sa difficile mise-en-scène. Il soignera et perfectionnera ses ouvertures à chacun de ses films suivants (Kill Bill notamment) mais il était difficile de ne pas signaler celui-ci.

 Bonne nuit...

Par Buster Casey
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 23 juin 2009

 Et si nous abandonnions un instant les rives de la pop sucrée et dansante, juste récompense à l'attention d'une jeunesse à mèche imbécile et de vieux groupes séniles voyant le moyen de se refaire sur le dos de ces mêmes moutons cités précédemment, afin de plonger, main dans la main, dans les eaux profondes de la dépression musicale absolue ? Les enfants, il est temps de mettre un pansement (de plus) sur votre inculture rampante en vous causant du genre musical le plus misérable au monde et d'un de ses plus dignes représentants. Je ne parle pas du gothique, ses crises existentielles baudelairiennes et ses hordes de gothpouffes. Nan ! Je vais vous parler lourd et sérieux. Je vais vous parler DOOM !

 Et déjà vous écarquillez les yeux : kessecé ? J'explique, car je suis patient...

 En règle très générale, la musique est rythmée par un tempo binaire (poum tchac) d'environ 120/180 BPM. Un mid-tempo comme disent les français qui se la jouent amerloque. Un rythme classique, de base, qui convient à toutes les chansons qui vous lavent bien la tête à la radio. Il permet de taper des mains, du pied, de la tête (pour les concerts très heavy) et voilà. Comme tout, dans les années 80, dans le milieu chevelu des cracheurs de décibels, il convenait d'accélérer le tempo et de faire péter le mid-tempo à papa. Le trash était né, des cendres et des relents du punk et du hardcore où s'ajoutait une bonne couche de metal. Metallica, rejoint par Slayer, Anthrax et Megadeth (la fameuse "bande des quatre") ont ainsi gravé dans le vinyle quelques perles bien speed, joué à fond de train en maltraitant la corde grave et les fûts de leur caisse tendue. Mais, comme tout mouvement a son contre-mouvement, beaucoup de groupes émergèrent en se réclamant le droit d'être tout aussi heavy mais en ralentissant le tempo. Le point commun de tous ces groupes ? Black Sabbath, ou les véritables géniteurs du Heavy Metal : lourd, fort, débarrassé de claviers superflus ou d'inspiration bluesy et s'enlisant dans des thématiques "sombres" (solitude, mort, suicide, satanisme, guerre...).

 Les générations suivantes n'oublieront pas ce funeste héritage et pousseront le bouchon un peu plus loin en ralentissant encore plus la vitesse. Le doom pousse ses premiers cris. A partir de là, il convient de raccourcir l'histoire (sinon ce post va durer 28 pages). Les fils spirituels du grand Black Sab' sont, à l'époque des 80's, Candlemass (et sa diva, dans tous les sens du terme, Messiah Marcollin) et Cathedral (dont le chanteur était à l'origine d'un autre mouvement émergent, avec Napalm Death, le grindcore). A l'emphase épique de l'un répondait l'écrasement de l'autre mais tous deux jouaient très clairement en-dessous de la vitesse autorisée. Plus tard, le doom ira s'égayer de sous-catégories : le doom-gothique, le stoner/doom (encore un héritage de Black Sabbath), le funeral-doom (l'extrême du genre, pour les nerfs très solides), etc...

 Autant dire, donc, qu'avec un C.V. pareil (lenteur et misére), voilà un genre musical voué à rester confiné dans un anonymat douillet. Jusqu'à la glorieuse année 2002 où un trio finlandais allait tout envoyer cul par dessus tête en terrorisant son monde avec un premier album, In The Rectory Of Bizarre Reverend. Ce groupe était Reverend Bizarre.

 Formé aux alentours de 1994 par les tristes sires Albert Witchfinder (chant, basse), Peter Vicar (guitare) et Earl Of Void (batterie), le groupe baignera dans l'underground longtemps avant de sortir une démo culte, Slice Of Doom (rééditée pour l'occasion avant leur deuxième album). L'effet dans le microcosme du doom se fait aussitôt sentir et le groupe crée tout doucement le buzz, notamment par une reprise effrayante d'un titre déjà effrayant de St Vitus, Dark World. Déjà, dans cette démo au son cru, le groupe assomme son monde par un doom originel, un véritable retour aux sources du genre et à Black Sabbath en particulier. Fans des pères spirituels, Reverend Bizarre se donne un but : redorer le blason terne d'un doom old-school, évacué de toutes pollutions musicales extérieures qui rendrait le style "confortable". Pour Sir Albert, le doom doit être lent et misérable. Et à la sortie de leur premier album, à l'entame même du premier morceau, Burn In Hell, la messe est dite ! Vocaux emphatiques, oscillant entre le déclamatoire et le raclement de gorge (Sir Albert est fan de black metal), basse vrombissante et virtuose, guitare maousse et batterie enclume : la formule fait que, malgré ses nombreuses références, Reverend Bizarre ne ressemble qu'à... Reverend Bizarre. Hormis de rares accélérations (pour un groupe de doom, s'entend !), le disque baignera le long de ses 74 minutes (pour six morceaux) dans une lenteur étouffante, le dernier clou du cercueil étant enfoncé avec le mamouthesque Cirith Ungol du haut de ses 21 minutes nihilistes. Remisant tout effet au placard et donnant une vision "lyrique" de la souffrance, du chaos et de la Mort, ce premier opus est décrit par son géniteur, Sir Albert, comme la "soul music de l'Apocalypse".

 Toujours est-il que ce bloc de noirceur indescriptible va profondément ébranler le monde de l'underground et du metal en général. Le succès est au rendez-vous et le groupe se voit signer chez Spikefarm, label finlandais regroupant en son sein les locomotives Children Of Bodom et Nightwish. Surfant sur cette vague, le groupe décide alors, histoire de faire patienter les fans, de sortir un mini-album... de 74 minutes !

 Harbringer Of Metal sort en 2004 et confirme la pesanteur tellurique du groupe et ses penchants destructeurs. La formule est la même mais poussée dans ses retranchements : intro à rendre fou, solo de batterie en plein milieu d'un morceau, courts instrumentaux planants, durée élastique des titres (plus de 20 minutes pour From The Void, 18 minutes pour The Wandering Jew) et textes apocalyptiques (The Wandering Jew narrant la Passion du Christ, que n'aurait même pas osé un groupe sataniste). Le menu se termine alors avec une reprise ultra-morbide de Burzum, Dunkelheit, qui arrive encore à provoquer la chair de poule chez votre serviteur. Par cet effort, Reverend Bizarre assoit sa notoriété... pour son plus grand malheur.

 En effet, la tête pensante du groupe, le grand clerc, le grand visionnaire, Sir Albert est à la fois la force et l'ennemi de ce groupe. Officiellement diagnostiqué maniaco-dépressif, anéanti par un divorce à l'âge de 25 ans qu'il n'a jamais vraiment digéré, cyclothymique et suivi par un lourd traitement, Sir Albert est un vrai tyran. Et alors que le succès du groupe s'accroît, sa dépression se creuse de façon irrémédiable. En plein divorce lors de l'enregistrement du premier album, soumis à une pression telle qu'il se retrouvait à hurler en plein studio tellement il n'en pouvait plus, la signature avec le gros label intervient alors qu'il est au fond du trou, rendant l'enregistrement du mini-album dangereuse pour les autres... et pour lui-même. Le groupe tient bon malgré tout mais ses tournées sont à l'image de leur leader : instables. Le pic est atteint lors d'un festival organisé par leur label et où le groupe s'acharnera à ne jouer que les titres les plus longs et les plus doom devant un public tétanisé devant tant de nihilisme.

 Plus d'une fois Sir Albert a menacé d'avancer le suicide programmé du groupe. En effet, parmi leurs objectifs, outre de redorer un style laissé pour compte, Reverend Bizarre s'était donné deux contraintes : cinq albums et une date butoir, 2010 ou 2012. Mais si plus d'une fois la dissolution du groupe a plané, la musique restant le seul endroit où leur leader peut se réfugier pour échapper un temps à son état maladif, la menace ne sera jamais mise à exécution. Ainsi, en 2005, sort le deuxième véritable album, II : Crush The Insects. Et c'est le choc ! Si l'album tape toujours dans les 73 minutes, il contient 8 morceaux (un record !). Ensuite, les premiers titres créent la surprise : du heavy-metal ! Du vrai ! Avec des choeurs, du gros riff qui tache et une cavalcade de batterie (hum...). Il faudra attendre le quatrième morceau avant de revenir à un doom plus traditionnel (de 11 minutes !). Hommage à la NWOBHM, le groupe parvient même à placer le titre Cromwell en tête des charts finlandais. Et pour la première fois, Sir Albert déclarera "aller mieux".

 La multitude de projets parallèles, les relations houleuses entre les membres, la maladie d'Albert et le fardeau que représente Reverend Bizarre pour lui emmènent logiquement à la dissolution définitive de celui-ci en 2007. Le groupe acceptera une ultime tournée et surtout la sortie d'un ultime (et double) album, III : So Long Suckers ! Enregistré dans un climat apaisé, Reverend Bizarre accouche d'un disque-épitaphe démesuré : 7 morceaux pour 130 minutes de musique !!! Autant dire qu'il vous faut prévoir un certain temps et une patience à toute épreuve pour apprécier cette dernière boutade comme elle se doit. S'ouvrant sur un morceau de 29 minutes (They Used Dark Forces/Teutonic Witch) suivi par un monolithe de 25 minutes (Sorrow) et ainsi de suite, So Long Suckers est le chant du cygne d'un groupe qui en a toujours fait à sa tête et qui conclut sur une note presque... sereine avant le plongeon final (Anywhere Out Of This World). Furetant avec le Heavy et le stoner, Reverend Bizarre referme le livre de son histoire avec classe et fierté. Exploit ironique : au moment où il se saborde, le groupe parvient à placer en tête des charts un deuxième titre de 16 minutes. Respect !

 2009 aura vu la sortie d'un double album rempli de B-sides, reprises ou réenregistrement, intitulé Death Is Glory... Now. Malgré son statut de bric et de broc, on y retrouve l'essence du groupe, comme à travers l'effroyable Demons Annoying Me qu'Albert avait composé lors d'une période "suicidaire", ou des reprises qui transbahutent les originaux (Deceiver de Judas Priest) ou les rendent encore plus terribles (The Gate Of Nanna de Beherit).

 Aujourd'hui, Albert est devenu chanteur d'un autre groupe de doom culte finlandais, Spiritus Mortis. Les deux albums qu'il avait composé sous le nom de The Puritan (qui ferait passer son ancien groupe pour une bande de punk) sont ressortis en un seul CD. Le batteur a rejoint un groupe punk et quelques obscurs projets electro, tandis que le guitariste a fondé un nouveau groupe, Lord Vicar, tout en étant professeur d'université, marié, deux enfants.

 Si le groupe n'a pas su suivre ses contraintes, son objectif a toutefois été atteint avec les honneurs. Son influence est indéniable et a permis au genre de redevenir populaire. Un groupe comme The Wandering Midget doit tout à Reverend Bizarre. Solitude Aeturnus est sorti de son anonymat et Candlemass revient casser la baraque. De leur coté, les pères du genre, Black Sabb... Oups, pardon, Heaven & Hell est revenu aux affaires avec un The Devil You Know qui a mis tout le monde d'accord sur les vrais boss du style. Bref, pour un genre désolé et désolant, le doom reprend des couleurs.

 Maintenant, pour conclure cet interminable article, je reprendrai les mots d'Olivier Badin (feu HnH) sur la chronique du dernier album du Reverend : "A qui s'adresse ce titre d'album ? A lui-même ou à nous pauvres pêcheurs qui n'avons désormais plus personne pour nous tenir compagnie en attendant que cette foutue vie de merde se termine ?!"

 Bonne nuit et merci d'avoir lu jusqu'au bout...

Par Buster Casey
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés