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Cinéma

Publié le par Buster Casey

 Je reviens du cinéma et j'ai vu le dernier Indiana Jones. A la lecture du Metro de ce matin, le film était en tête du "box-office" depuis trois semaines. A la vision de la salle de ce soir, séance de 19 heures, on avait de quoi étendre les jambes. Un déficit de public dû aux mauvaises critiques ou à un bouche-à-oreilles calamiteux ? Le mystère plane, tandis que le gros épisode de "Sex and the city" occupe la plus grande salle du cinéma. C'est sûr que l'on doit crouler sous l'aventure à suivre les aléas sentimento-sexuels de quatre quadras frustrées et gonflantes. Mais je m'égare...

 "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal" n'est pas un chef d'oeuvre. Cela n'empêche pas qu'il reste un très bon film d'aventures. Oui, je mets un "s" à aventures parce qu'il se passe plus de choses dans les nouvelles pérégrinations du docteur Jones que dans les mésaventures de quatre citadines ménopausées. Mais je m'égare...

 Indy 4 (oui, je la fait courte, je vais pas me retaper le titre à chaque fois) n'est pas le meilleur film de la saga, ni même le meilleur film de Spielberg. Tout le monde peut tomber d'accord sur ça. Est-ce que le film est alors si nul, à chier et à jeter pour ça ? Non. Si certains spectateurs sont stupides, il ne s'agit pas de les suivre. Ce film est avant tout un acte de résistance et une preuve. La preuve que Spielberg reste un réalisateur passionnant et maître de son art. Sa mise en scène est à la fois moderne et rétro comme le veut l'époque où se déroule le film, comme le veut le genre même du film. Il sait manier une caméra sans tomber dans l'esbroufe et boucle une incroyable course-poursuite sans temps mort ni tape-à-l'oeil qui masquerait une vacuité totale de grammaire cinématographique. La lisibilité au lieu de l'assommage clippesque épileptique, voilà un acte de résistance à un cinéma américain (et européen) qui confond nervosité et précipitation.

 Indy 4 est un film de vieux pour des gens qui se rappellent d'un cinéma qui appelait aux rêves avant le porte-monnaie. Un cinéma qui offrait du rêve à ses spectateurs avant de leur offrir un lavage de cerveau d'images bruyantes. Mais même s'il est vieux, Indy ne se regarde pas mourir, ni ne cherche à se faire passer pour jeune. Il est digne, comme le film. Il ne se laisse pas mourir, comme d'autres anciens avant lui (Stallone qui revient des morts). Loin d'une éjaculation visuelle précoce comme le dernier Wachowski, Indy 4 se regarde avec un vrai plaisir de gosse parce qu'il étonne, qu'il joue avec sa mythologie et la mythologie populaire. Ce film est un film d'aventures qui ne prend pas son public pour un cochon à fric. Alors oubliez les pauvres cinéphiles de TF1 qui trouvent que le film n'a pas de scénario, que c'est trop et que la fin est nulle. Les mêmes qui kiffent trop Matrix parce que y'a trop de la baston ou Bad boys 2 parce que ça déchire et que Will Smith il est coool.

 Courez voir ce film. C'est du cinéma.
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