Problemes de blog
Et si ce soir, au lieu de ne pas fermer ma gueule et de me casser la voix, j'allais vous entretenir d'une question à laquelle je n'ai
jamais de réponse : et pourquoi on écrit un blog ? Nonon ne partez pas, je vais vous expliquer...
Pourquoi ai-je commencé à écrire un blog ? La décision a été prise suite à une sale passe dans ma vie. Ouais, je sais, cliché. La réflexion de me lancer dans cette aventure a été longue. Je
me posais des questions : quel intérêt ? Pourquoi mon histoire, celle que je pourrais raconter, serait plus intéressante qu'un(e) autre tout aussi inconnu(e) et paumé(e) que moi ? Et puis, ma vie
sentimentale a débordé et... me voilà ! Un blogger naze de plus sur la toile qui écrit des âneries sous un pseudonyme.
C'est bien le pseudonyme. On peut imaginer un nom complètement à la rue mais qui nous plaît et raconter tous les bobards du monde. On s'en fout, c'est pas nous. C'est pas nous dans la
vraie vie, pas nous qui croisons tous les jours des personnes qui nous ignorent, pas nous qui nous emmerdons devant des repas réchauffés, pas nous qui attendons une pandémie radicale et
définitive. Non, c'est le pseudo, l'autre nous qui sommeille et qui en profite pour prendre un peu l'air sans risques. Le pseudo qui nous permet de nous plaindre à l'overdose, à se prendre pour
un crack dans n'importe quelle matière, à déblatérer et balancer des trucs immondes, à faire tout ce que nous n'oserions jamais dire dans la vie.
Bref, le blog et le pseudo, c'est une histoire d'amour. Sauf quand vos lecteurs vous connaissent. Et là, ça coince. Quand personne ne vous connaît, vous osez. Mais quand vos amis, proches,
collègues et que sais-je commencent à vous lire, vous bloquez. Parce que cet anonymat est confortable, il vous libère des contraintes et vous pouvez aller jusqu'au bout de votre idée et
raconter des choses que vous ne diriez pas forcément en public ou même entre amis.
Quand j'ai écrit ce blog, je voulais que quelque chose change dans ma vie à ce moment-là. Je n'imagine pas que, demain, mon blog devienne le phare de toute une génération de bloggers
qui liront mon petit journal intime avec fébrilité. Je ne cherche pas le succès ou le record de visites. Je voulais faire quelque chose. Parler, m'exprimer, faire preuve de mauvaise foi... Sortir
de ce silence qui m'accompagne dans mon quotidien.
Quand j'ai commencé mon premier blog, je n'ai rien dit à personne. Pas parce que garder un secret me rendait plus intéressant à mes yeux (ego ego !!) mais parce qu'il est toujours plus
facile de dire ce qu'on pense à quelqu'un qu'on ne connaît pas et qu'on ne voit pas. Au bout de deux mois, j'ai lâché le morceau à une personne... puis deux... puis trois (indirectement)... et
là, question : et ma liberté ? Vais-je continuer à écrire ce que j'ai envie COMME j'ai envie ? Sans le faire exprès, notre entourage nous impose une auto-censure. Mais ils n'y peuvent rien
puisqu'ils ne font rien pour. C'est juste que pour nous, ça met des limites. Parce que parler de sujets non-personnels est toujours une sortie de secours idéale. Et d'un autre
coté, je déteste les gens qui blablatent leur vie inintéressante dans les moindres détails, plus pour se faire reluire le nombril que pour partager quelque chose.
Vous savez quoi ? Ma vie n'a pas changé. Je passe un peu plus de temps devant Internet, je n'écris plus de mails et ma vie sentimentale a pris l'eau. Mais ça me fait plaisir de savoir que
des gens ont lu mes pages, mes articles, mes pensées et autres idioties. Que ces gens ont ri, s'en sont foutus, ont trouvé ça atterrant... J'ai l'impression de faire quelque chose à un
(très) modeste niveau et ça me plaît.
Fuck l'auto-censure. Si ça vous gonfle, ne me lisez pas. Je continuerai à vivre sans vous. Et toi, petite fille futile qui ne me lira jamais presqu'autant que tu ne m'as jamais écouté et
compris, je t'aime. Tu es la fille, celle que j'ai cherché et qui m'a (enfin) révélé tel que je suis. Tu es mon amour romantique et terrifiant. Celle pour qui j'ai combattu ma peur. Quel dommage
que ton auto-destruction dirige tes pas...
Bon, pour ne pas rester sur une note gnangnan-ronflante, une petite devinette : est-ce que vous savez pourquoi les carottes rendent aimables ?
Non ?
Vous vous êtes déjà fait agresser par un lapin ?
Bonne nuit et stay metal...