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Cinema 3

Publié le par Buster Casey

 Kung-Fu Panda

 Je n'aime pas les dessins animés Dreamworks. Je ne les conchie pas, ne les voue pas à une mort certaine et les regarder ne provoque pas une crise d'urticaire. Mais, en gros, je ne suis pas fan. Fourmiz était plutôt moche, pas vu Gangs De Requins, Le Prince d'Egypte était une version cul-cul con-con de la Bible (revoyez Les Dix Commandements), Madagascar était sympa sans m'en taper le cul par terre et la trilogie Shrek me casse les couilles, films pseudo-subversifs alors qu'incroyablement consensuels mais il faut toujours miser sur la crédulité des gens.

 Bref, Dreamworks animations, je m'en tape. Je ne les ai pas tous vus non plus mais cette prétention a se dire différents et originaux quand on pompe Pixar sans honte, ça me barbe. Bref, leur dernier oeuvre en date ne m'emballait pas plus que ça. Le sempiternel conte avec des animaux et leurs doubleurs célèbres ici plongés dans l'univers oriental des arts martiaux. Damned ! Dreamwoks qui s'attaque à un sujet que les Américains massacrent allégrement en n'en retenant que les gimmicks à la noix (merci Matrix, Tigres et Dragons et Hero).

 Et puis, les critiques que je lis ça et là laissent entendre un bon film, voire un film surprenant. Et les images laissent supposer quelque chose de joli. Je me méfie mais, suite à Hancock, je me retrouve avec un ticket pour une séance à 4,5 euros. Ma meilleure amie veut voir ce film (elle qui me fait encore payer Je Suis Une Légende...) donc, pourquoi pas ?

 Kung-Fu Panda est un excellent film. Coupons de suite un suspens inexistant : oui, il leur faudra encore beaucoup de chemin pour arriver à l'ombre de l'orteil de Pixar (dont la seule bande-annonce de Wall-E témoigne de l'arrogante suprématie) mais, en un dessin animé, ils en ont parcouru un sacré bout.

 Le film est beau, franchement superbe par moments et parsemé ça et là de vrai moments de pure poésie. La réalisation brille aussi par son inventivité (les entrées en scène du panda, automatiquement décalées) et les combats sont spectaculaires ET lisibles, deux termes qu'on ne pensait plus pouvoir accoler dans la même phrase concernant le cinéma d'action américain. En revenant à un style à la fois épuré (magnifique séquence d'ouverture) et foisonnant sans être clinquant inutilement, les dessinateurs marquent une évolution favorable et rendent leur métrage chatoyant à regarder (enfin, espérons que ça leur donne des idées pour Shrek 4...).

 C'est sur l'histoire et les personnages que Kung-Fu Panda marque le plus de points sympathie. Loin d'une caractérisation au flan et molle du bide (Shrek), les personnages évoluent dans le métrage de façon fluide et font passer les thémes de la transmission, du respect, de la confiance et de la paternité sans effets lourds. Intégrant un juste dosage entre humour bien délirant et histoire poignante (la relation du maître et de l'ancien élève ayant mal tourné est touchante et intelligente), menant son récit sans temps mort, le film touche au but. Il n'est pas concon, évite les pièges faciles, ne fait pas de son anti-héros un maître absolu et plus réfléchi et respecte avec bonheur les codes du film de kung-fu sans jamais tomber dans une parodie facile et idiote. Ajoutez un doublage convaincant (Arditi formidable, Lavoine bel organe et Manu Payet qui s'en sort très bien surtout après une prestation hallucinée de Jack Black) et vous obtiendrez une vraie bonne surprise. Cela aura-t-il mis du plomb dans la tête de Dreamworks Animations ? Je l'espère. Toujours est-il que Pixar peut dormir tranquille encore un bon moment...

 Bonne nuit...

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