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Conseils culture inappropriés

Publié le par Buster Casey

 Il y a peu de chances qu'ils soient suivis mais bon... Si vous connaissez, vous êtes mon ami. Sinon, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

 Sélection DVD : Fight Club.

 Oui, le film n'est pas récent, Fincher en a tourné des tas depuis... ou du moins il aurait bien aimé si son intransigeance et son autisme artistiques lui laissaient plus de champs libre (voir le tournage de Panic Room, film mineur, où malgré tout il se comportait comme un maniaque au point de repeindre des feuilles d'arbres pas assez vertes à son goût). Par chance, il ne se prend pas pour le nouveau Kubrick et sa réalisation virtuose laisse place à l'émotion. Pour ce qui est de Fight Club, dont j'ai trouvé la version collector à 5€ dans un Cash Express, il fait partie de ces films rares dans l'univers Hollywoodien : un film plein de budget (pas l'équivalent d'un Star Wars mais pas chiche non plus) produit par une grosse major avec une grosse vedette dedans (Pitt) et la naissance d'un acteur prodigieux (Norton) sous la caméra cocaïnée d'un fou qui suit la trame d'un livre écrit par un autre fou (Palanhiuk). En résulte un véritable accident industriel, un film à messages multiples et contradictoires, une oeuvre punk qui explose tout au bazooka et dont la liberté de ton fait encore frémir certains cinéastes américains soi-disants indépendants (je ne parle même pas du cinéma français, complètement à la ramasse, même si Jan Kounen s'en est rappelé de fort belle manière pour 99 Francs). Un Ovni impensable qui ne lâche rien, servi par une mise-en-scène gonflée et audacieuse, ses 14 idées par plan et son rythme tonitruant (99 Francs et tout ça...). Évidemment le film a été un bide. Évidemment les spectateurs ont détesté (certains ont été assez cons pour croire qu'il s'agissait d'un film de baston !!!). Évidemment les critiques sont totalement passés à coté ("fasciste", "dégénéré" et je ne parle même pas du mensuel Positif qui avait du se tromper de salle tellement sa critique était conne et hors-propos).
 Bref, si vous ne l'avez pas vu, devenez l'ami(e) de Tyler Durden. Et si vous l'avez déjà vu, retournez-y en pleurant sur un fantasme éphémère de liberté ET de créativité dans le cinéma U.S.

 Sélection CD : The Fragile de Nine Inch Nails.

 5 ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Trent Reznor, âme damnée de son projet pour mener à bien le successeur de The Downward Spiral. 5 ans de tournées intensives, d'excès, de participation diverses à des B.O.F. (Lost Highway) et de catharsis créatrice et musicale. Car à ce moment, Reznor est un être à bout. Laminé par les drogues, détruit par la mort de sa grand-mère qui l'a élevé à la place de ses parents, déboussolé et mal dans sa peau, le maître d'oeuvre de NIN jette ses dernières forces dans la conception de son nouvel album. The Fragile, après un accouchement digne d'un disque de Voulzy, sera un double album et une rupture nette avec son prédécesseur. Opaque, ingérable, rebutant, Reznor crée cet album comme si c'était son dernier. En résulte une chute libre vertigineuse et complexe où les machines et les guitares se fondent parfaitement pour un résultat à la fois digital et organique. Monument de noirceur et de fragilité (humour), bloc dépressif et maladif, Reznor ouvre ses plaies à vif et laisse saigner. Suivra une tournée apocalyptique où le leader de NIN semble sur le point d'exploser en morceaux à chaque concert. Pour les curieux, la preuve est immortalisée sur le DVD, And All That Could Have Been, déflagration visuelle et auditive déconseillée aux âmes sensibles.
 Par la suite, Reznor décidera de se soigner pour de bon. Après une désintox, du sport et un déménagement bénéfique, le bonhomme retrouve les dents. Il en résultera un album "pop", With Teeth (dont la chanson la plus simple reste d'une complexité de composition effarante) et un Year Zero expérimental en diable qui verra Reznor prendre sa destinée musicale en main.

 Sélection cinéma : Hulk

 Sélection livre : La Conspiration des Ténèbres de Theodore Roszack

 En marge d'un Da Vinci Code qui a bouffé toutes les pages cultures et trusté les rayonnages et les meilleures ventes, voici le livre qui lui mange la gueule en toute modestie. Reprenant les thèmes de la conspiration millénaire, des templiers et du héros qui décrypte des oeuvres pour en ressortir une vérité incroyable, le livre de Roszack met minable le livre de Dan Brown sur tous les points. Par son histoire, son ampleur (plus de 900 pages), ses références cinéphiliques ras-la-gueule, sa culture, son humour et son anti-héros candide et guère brillant, La Conspiration Des Ténèbres se hisse bien au-delà du (sur)médiatisé récit de Tintin et la Joconde. Cri d'amour au cinéma et intrigue folle mais limpide, ce livre fera de vous un être intelligent et brillant en société. N'ayez crainte, hormis un démarrage un peu long mais nécessaire, l'épaisseur du livre ne se fait pas sentir tant le récit est fluide. Bref, c'est l'été, bronzez intelligent sur les plages.

 Bonne nuit...

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