Emotivité cinéphilique
Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'aime plutôt un peu le cinéma. Bercé depuis ma plus tendre enfance à La Dernière
Séance avec le mythique Monsieur Schmoll, aux doubles programmes westerniens, aux films du dimanche soir de la défunte 5, de TF1, Antenne 2... Bref, du temps où je découvrais le cinéma à la
télévision. Alors certes, les films n'étaient pas de première fraîcheur, pan scannés pour rentrer dans nos petites lucarnes carrés, sans parler de la coupure pub des chaînes privées (peut-être
bientôt arriverons-nous à voir un film au milieu de nos pubs ?). Mais en gros, je suis un mordu de la pellicule. Quand l'âge et un gros travail sur ma timidité l'ont permis, j'ai pu continuer
d'assouvir cette passion directement à sa source : la salle de cinéma !
Tout ça pour dire que le cinéma m'est un terreau de grandes émotions et comme je n'ai pas vraiment de sujets sous la main en ce moment, je m'en vais conter mes grands souvenirs
cinématographiques. Attention... C'est tipar !!
Je n'ai jamais eu un genre de films favoris. A partir du moment où un film m'accroche, son appartenance et ses origines m'importent peu. Alors oui, le cinéma américain est prédominant dans
mes choix : leur capacité à provoquer des sensations exaltées lors du visionnage d'une bande U.S. est remarquable. Bon, dans l'absolu, ces sensations, une fois sur deux, se diluent
complètement quelques temps après. C'est l'excitation du moment qui ne tient pas sur la durée. Mais, quand c'est réussi, on a des souvenirs cinéma impérissables. Souvenirs que je vais vous
conter. Attention... C'est ti je l'ai déjà faite ?
L'arrachage de coeur lors du sacrifice rituel dans Indiana Jones et le Temple Maudit. Je l'ai vu gamin et ça m'a traumatisé. Dire que je n'avais pas encore vu le final des
Aventuriers de L'arche Perdue et ses nazis qui fondent...
La mort du Terminator dans Terminator 2. Je sais, ça paraît bourrin, mais la descente dans la cuve de lave de cette machine à laquelle nous nous sommes attachés et le
pouce levé avant la disparition définitive m'ont arraché le coeur à l'époque.
Autre moment récent d'émotions intenses, la mort de Léonidas dans 300. Le montage alterné de ses derniers souvenirs allant pour sa femme et de l'interprétation carbonisée de Gérard
Butler (qui a complètement perdu pied avec la réalité dans ce rôle), la montée crescendo de la musique, la dramatique absolue de cette scène (Léonidas face à la mort incarnée par des centaines
d'archers et alors que ses hommes viennent de se faire massacrer comprend qu'il ne reverra jamais l'amour de sa vie)... Tout cela me colle les larmes. Oui, je sais, je suis un grand
sensible.
Autre humidification oculaire avec le soldat Ryan. Outre une introduction qui m'avait traumatisé en salle, la scène où la mère apprend la mort de ses fils reste un modèle du genre
cinématographique : une maison, une voiture qui s'approche, une femme dans sa cuisine. La femme voit le véhicule, sort sur le patio. La caméra ne bougera plus, filmant de l'intérieur de la
maison. Tout se joue sur le pas de la porte. Un militaire sort de la voiture, la femme recule, un curé sort ensuite et là, la femme s'écroule. Aucune parole, aucun montage appuyé, aucune musique
imposante. La force dans la simplicité et un écrasement émotionnel total. Dire que ce n'était que la première (et la meilleure)... Par contre, je vous ferai grâce des autres car j'en arriverai à
énumérer tout le film (la mort du docteur, le sniper dans le clocher, les larmes cachées du personnage de Tom Hanks, le final funèbre...).
21 Grammes et son drame qui agit tel un noeud coulant. Par un montage éclaté et une habile composition de l'histoire, le film dévoile sa force obscure au fur et à mesure. Si vous
n'entrez pas dans cet univers, laissez tomber, vous allez vous faire chier. Si l'interprétation haut de gamme des 3 acteurs vous touchent, vous êtes faits : le film vous achèvera dans ses
dernières images.
Les 10 premières minutes de L'armée Des Morts, remarquables. On peut retenir aussi la séparation du couple dont on s'attachait tant durant le métrage. Moment délicat que le
réalisateur finit de nous asséner quand, alors qu'elle part en bateau, lui, se sachant infecté, reste sur le rivage, une armée de zombies au loin. Un chaste baiser d'adieu, le bateau
s'éloigne, il le regarde partir... puis se fait sauter la tête. N'oubliez pas de respirer.
Le plan final du très bordélique 800 balles. Simple, beau et touchant direct au coeur.
La mort de Boromir dans le Seigneur des Anneaux. Dans la salle, quelques intelligents ont ricané, sûrement très excités de l'essence toute gay de ce moment. Des étudiants en
psychologie à n'en pas douter.
La construction des immeubles dans Dark City, ainsi que la création finale d'un monde par ce "Dieu" amnésique.
Le dernier quart d'heure éprouvant et marchant tel un siphon où le spectateur est aspiré sans pouvoir rien faire de Requiem For A Dream.
Bonne nuit...