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Deuil

Publié le par Buster Casey

 Comme vous le savez, chers lecteurs assidus de ce blog insipide, mon binôme a connu un décès dans sa famille il y a peu. Mes premières pensées sur le sujet vous sont connues. Alors que j'avais discuté un brin du sujet avec lui, il m'a avoué quelque chose... que je ne répéterai pas ici (d'autant que ce con lit ce blog ! Vous voulez que j'ai des ennuis ou quoi ?) mais qui m'a plongé dans une profonde interrogation et dans une de mes plus grosses angoisses.

 Que deviendrai-je si mes parents mourraient ?

 Pour être clair et concis, je n'en sais rien. Et je n'ai pas envie de le savoir, ni d'en parler, ni de l'analyser. Comme tout le monde, la Mort est un sujet tabou chez moi. Mais je sais que je serai face au plus grand désoeuvrement de ma vie. Parce que, en toute honnêteté, je ne sais pas faire grand-chose tout seul. Enfin, vivre, m'habiller, manger... sont à ma portée. Mais les démarches administratives, les rendez-vous médicaux, la déclaration d'impôts, inscrire les enfants à l'école... Parler à des gens bien habillés qui babillent un charabia inconnu de mes oreilles... Causer de tous les tracas de la vie courante...

 Vérité insupportable et amère : je serai totalement désemparé. Dans un monde qui m'indiffère et où je préfère pelleter les nuages (Mamzelle Lael reconnaîtra...), mes parents apparaissent comme les tenants d'une certaine réalité à laquelle je me raccroche tant bien que mal. Mais une fois ce gouvernail disparu, qui dit que la navire ne va pas sombrer ?

 Car, au-delà de ces aspects "administratifs", comment encaisse-t-on la mort de ses parents ? Michel Houellebecq écrit "Mon père est mort il y a un an. Je ne crois pas à cette théorie selon laquelle on devient réellement adulte à la mort de ses parents ; on ne devient jamais réellement adulte." (Plateforme). Pour ma part, c'est une angoisse que je traîne depuis gamin. Et la profonde et certaine dépression dans laquelle je coulerai me terrifie à l'avance. Je sais que cela peut paraître morbide et que, comme dans tout bon film américain, il faut profiter du temps présent mais le constat est là.

 Je me fous du reste du monde. L'entourage, les peuples, mes voisins, les races, les religions, les ethnies, les continents, les pays... Je sais que 99.99% du monde peut crever la gueule ouverte, je m'en fous. L'être humain est un parasite. Mais ma famille... Ce sont les seules personnes que j'aime dans ce monde. Elles sont guides, tuteurs, appuis et terreau culturel. Elles sont ma vie.

 Et vous ? Quand vos téléphones seront inutiles, quand vos high-techs seront en panne, quand votre mode sera passée et enterrée comme l'amour de votre vie, quand vos amis iront voir ailleurs, quand vos "groupes à la mode" seront à l'ANPE, quand la conscience viendra, quand vous ouvrirez les yeux sur votre vie... Que vous restera-t-il ?

 Et ce post s'arrête là...

 Bonne nuit...

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