Discotheque
Si tout va bien d'ici la fin de post, je vais essayer ce soir de sortir un peu de mes ornières
dépressives (mais ne vous inquiétez pas, la suite arrive...) pour causer d'autres choses, histoire de changer un peu et de nous aérer l'esprit.
Donc, parmi les conneries auxquelles je dois faire face, les gens me demandent toujours pourquoi j'écoute du metal. C'est du bruit, ça gueule, ils savent pas chanter, ils savent pas jouer
de leurs instruments (vu que c'est du bruit), c'est pas joli, on ressent rien (à part du bruit) et bouh caca... En gros, je dois juste faire face à une série de clichés et de lieux communs que ne
comprennent même pas les gogos qui me les débitent. Alors plutôt que de rentrer dans un débat sur la musicalité inhérente au genre (je ne suis pas assez calé sur le sujet), je vais vous proposer
mes coups de coeur musicaux, totalement subjectifs bien entendu. Et si l'envie vous en prend, ce sera à VOUS de dépasser vos positions tranchées pour y jeter une oreille.
Je précise que ces coups de coeur vont porter sur l'aspect "émotionnel" de la musique et sont adressés à ceux qui m'expliquent (à moi !!) qu'on ne ressent rien en écoutant du
bruit. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Steven Wilson Insurgentes
Bon, lui, il a déjà fait partie d'un précédent article. Inutile de répéter l'évidence, cet album est le meilleur album de l'année entraînant son auditeur dans un voyage musical perpétuel,
toujours mouvant mais incroyablement homogène. Rock, planant, progressif, metal, trip-hop, piano... Le spectre est large et couvre un panel d'émotions complets, offrant un disque mélancolique
mais lumineux. Du très grand art.
Anathema A Fine Day To Exit
Né dans la marmite anglaise doom-death au début des années 90 (avec ses joyeux potos Paradise Lost et My Dying Bride) et après avoir pondu LE morceau le plus terrassant du genre
(Kingdom sur le funeste Pentecost III), Anathema développera, après le suicide de leur premier chanteur, un style musical qui s'éloignera beaucoup (trop ?) de leurs premiers
amours. Ce disque, dominé par l'acoustique mais où quelques guitares énervées font néanmoins leur apparition, est un diamant brut d'émotions fragiles où chaque titre vous percera le coeur avec la
précision d'une balle. Beau.
Mastodon Crack The Skye
Album de la consécration et véritable chef-d'oeuvre pour ce groupe de post-hardcore, Crack The Skye marque
l'apogée du style particulier de ce combo américain. Ferraillant dans le hardcore en fusion à leurs débuts, leur formule s'est peu à peu affinée pour en arriver à cette bombe, hommage à la soeur
suicidée du batteur. Complexe mais jamais rébarbatif, technique mais jamais branleur, mixant des influences diverses (hardcore, psychédélique, progressif, rock, metal...) et des sonorités
variées (les arrangements des voix sont à tomber par terre), Mastodon délivre une pépite magnifique sans jamais être pris à parti par des soupçons de compromissions (ça bastonne encore
malgré tout). Un album à posséder absolument si vous avez un coeur et des oreilles.
Cult Of Luna Somewhere Along The Highway
Groupe finlandais composé de 8 membres ayant biberonné du Neurosis depuis tout petit, Somewhere Along The Highway développe des ambiances oppressantes tout en sachant alterner avec
brio tempête électrique et calme faussement plat. Les morceaux sont longs, la progression dramatique constante et même en connaissant la formule, vous êtes pris dans le piège à chaque coup.
L'album s'achève (de même que l'auditeur) sur un Dark City, Dead Man de 14 minutes, terminal et essorant. Le groupe ne s'en est pas relevé en ratant le coche avec l'album suivant.
Shining V-Halmstad
Le mouton noir du genre, le vilain petit canard, l'horrible auquel personne ne souhaite avoir à faire. Shining, ou plus précisément son leader Niklas Kvarforth, est le groupe à manier avec
des pincettes. Auteur de cinq albums tournant exclusivement autour du suicide, habitué des photos noir et blanc où on le voit lui ou des inconnus les bras tailladés et en sang, Kvarforth est le
compositeur exclusif de son bébé. Composant entre un son électrique cru et des vocalises de dément, la musique atteint son point culminant lors des passages acoustiques (représentant la moitié du
disque) capables d'arracher des sanglots à un bloc de granit. L'univers sonore est cependant d'une noirceur impossible tant nous pénétrons dans les méandres psychologiques d'un fou. A
écouter au casque la nuit.
Converge No Heroes
L'apocalypse ! Véritable attentat musical et maelström sonore de notes carbonisées, Converge a ouvert la voie à une nouvelle vague de groupe de hardcore. Barré, technique, complexe,
étouffant, le groupe est l'exemple de musique qui se mérite et qui fait rapidement le tri parmi les auditeurs les plus courageux. La décharge émotionnelle est à l'image d'une musique
hyperviolente : tout est ici à vif. Les sentiments négatifs sont délivrés dans toute leur rage. Saturation extrême, vocaliste en burnout constant, Converge terrorise sur disque et terrifie sur
scène. Et quand la rage se tait, c'est pour laisser place à des mélodies qui vous serrent la gorge. Un groupe ultime pour les écorchés vifs, uniquement.