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Cela va paraître cliché mais depuis quelques jours, je n'ai pas la niaque d'écrire. Original, non ? Mais ce n'est pas simplement un manque d'envie, c'est
aussi une sensation étrange de vide. Reprenons.
Mon avant-dernier post n'était pas, en soi, une nouveauté. C'était un post commencé au mois de juin et mis au placard. Plusieurs fois, j'avais pensé le supprimer, n'arrivant pas à trouver
l'impulsion de la suite. Et puis, un soir où l'inspiration s'était un peu carapatée ailleurs, j'ai décidé de terminer Déclaration
à l'inconnue. Sur le coup, pas mieux. Je suis resté bloqué, incapable d'embrayer. Et, comme je le fais souvent, j'ai choisi de le faire à l'instinct. Lancer l'écriture et voir jusqu'où cela
me mènera.
Résultat ? Un effet boeuf. Les nerfs qui craquent en pleine rédaction, les larmes aux yeux. La sensation d'une pelleteuse qui remue une fange glauque au fond de moi. Pour la première fois
de ma vie d'écriteur (ça n'existe pas, ne cherchez pas dans le dico), j'ai été dépassé par ma création. Elle ne m'a pas seulement dépassé, elle m'a attrapé, elle m'a bouffé et elle m'a
recraché, rincé, à la fin de mon post.
Ce que vous avez lu est probablement ce qui se rapproche le plus de moi, Buster Casey. Vous ne me connaissez pas ou si peu. Vous pensez me connaître ou sans plus. Sans le vouloir,
juré-craché, j'ai déchiré un pan de moi pour vous l'exposer sans pudeur. Vous pouvez en penser ce que vous voulez, rien n'était prémédité. Et je ne cherche pas ici à m'attirer un peu plus de
lauriers ou à faire mousser mes blessures, je veux juste expliciter un état.
Je vis, comme le savez si vous êtes fan (mercimerci), une période sombre. Mon boulot m'assassine, mon moral a coulé à pic, mes sentiments amoureux sont étouffés dans l'oeuf et ma perception
de moi-même est peu glorieuse. Par un hasard ironique, mon patron est venu me féliciter pour mon boulot, une fille qui ne m'intéresse pas me colle et tous mes clients repartent avec un sourire et
un mot gentil. D'extérieur, je suis le bon gars.
C'est toujours pareil. Par un jeu de coïncidences subtiles et bien placées, tout un tas de choses mirifiques me tombent sur le crâne. Je suis bon à mon boulot. Mes formations se sont très
bien passées, j'ai été félicité par le formateur, par mes collègues qui ont aussi appréciés mon humour et ma compagnie. Je provoque la sympathie.
Au fond de moi, rien n'arrive à éclaircir des ténèbres persistantes dans lesquelles vit une chose qui grandit, qui rampe et qui me bouffe. Une bête immonde qui se nourrit de mes angoisses,
de ma dépression, de mes peurs, de mon attentisme. J'ai beau avoir des amis aimants et présents, des encouragements, des signaux positifs, mon monde se peint en noir, inexorablement. Et je sens
que je passe une sorte de nouveau cap, un cap effrayant. Une sorte de point de non-retour que j'ai longtemps fantasmé et idéalisé mais qui semble se préciser de plus en plus. Et je ne sais pas
comment j'en sortirai...
Je veux vivre. Plus simplement survivre mais vivre. M'accomplir avec quelqu'un, me partager, m'occuper de Cellequej'aimerai pour ne plus penser qu'à moi. Je me sens prêt, comme si toutes
mes expériences passées m'avaient enfin emmenés jusqu'à ce moment où je peux sauter le pas. C'est peut-être (sûrement) égoïste mais je veux essayer, étrangler mes peurs, me faire face et me
vaincre. Me construire pour quelqu'un et arriver à m'apprécier. Je ne veux plus seulement être bon dans mon boulot, attirant, cultivé et toutes les autres bêtises que les autres pensent que je
possède. Je veux aussi avoir raison et me dire que je ferai un gendre idéal, un compagnon agréable sur qui on peut compter. Je ne parle pas de mariage, de relation jusqu'à la mort, je ne parle
pas d'enfiler le costume du noble chevalier ou du héros. Je veux juste être moi. Moi en mieux. Moi en plus. Je veux vivre et être heureux. Ne plus être pétrifié devant des sentiments d'amour ou
devant ma propre fragilité. J'ai perdu Cellequej'aimais à cause de ça...
En gros, Buster Casey est cuit, flingué par des émotions qui le mettent à mal. Donc, nous vous étonnez pas si ce blog prend une allure plus sporadique. Ce n'est pas une mort, ni un
ras-le-bol (...). C'est juste que je suis fatigué.
Merci...