Dans Les Brumes Electriques #8
Megadeth qui succède au frère ennemi Metallica en première page ? Il faudrait avoir l'esprit mal tournée pour y voir une corrélation. Mais ce
numéro 8 du beau mois de novembre 1994 n'est pas tourné vers des guerres de cent ans fanées mais bien vers l'actualité brûlante de la bande à Dave Mustaine qui nous offrait, après un Rust In
Peace technique et un Countdown To Extinction déjà très appétissant, un Youthanasia carrément fastueux (et furious). Une baffe retentissante à ses anciens compères qui se
grattaient alors le bermuda, prouvant que Mustaine était dans la place et qu'il avait la capacité de se sortir les doigts pour pondre un album heavy bien mastoc. Je connais un petit
batteur danois qui a dû s'étrangler à l'écoute de cette galette. En tout cas, volontaire ou pas, Megadeth se plaçait en héritier au trône que Metallica
semblait laisser vacant depuis quelques lustres. Quel dommage que la suite de l'histoire n'ait pas tourné en faveur du blondinet. Le désarroi des fans après la purge le choc Load et Reload des Four Horsemen lui ouvrait une voie pavée d'or... sauf que Megadeth se prendra les
pieds dans le tapis avec son album suivant, Cryptic Writings, et fera encore pire avec Risk où les touches électroniques feront fuir les derniers fidèles. Rassurez-vous,
après bien des années de galères, Megadeth existe toujours et a réussi à retrouver de sa superbe actuellement. Voilà au moins une histoire qui finit bien.
Mais en ce temps-là, Youthanasia arrachait la médaille d'or et le premier 5 sur 5 de l'histoire du magazine. Sans tourner autour du pot, c'était
grandement mérité. Un Mustaine impliqué, un album émotionnel et des compos mélodiques et/ou bien heavy comme il faut, le tout nanti d'une pochette assez sublime, Megamort décrochait la timbale.
Bon, on peut ergoter sur un ou deux titres (Victory ? Sympa mais bof... Black Curtains ? Re-bof et encore...), sur les performances de Big Dave qui, même s'il a su calmer
ses vocalises de chat ébouillanté, peut encore faire grincer des dents par endroits ou sur la production un tantinet timide pour un groupe de ce poids (Burn My Eyes était sorti
quelques mois avant et carbonisait les conduits pour un tout jeune groupe). Mais c'est vraiment couper un poil de cul en quatre ! Cet album est un classique et qui n'a pas chanté A Tout Le
Monde à tue-tête et les yeux embués de larmes n'est qu'un piètre headbanger ! Pour l'anecdote inutile, j'avais gagné ce disque grâce à un concours minitel (le truc qui n'existe plus et qui
nous coûtait un bras à chaque connexion ! L'internet préhistorique, quoi !) et l'ai reçu par enveloppe bulle, et collector s'il vous plaît, avec un deuxième cd d'inédits. (séquence
émotion)
Du coup, comme l'annonce la tonitruante une, c'est la fête à Mustaine (dont je rêvais d'avoir la même crinière ! Sans déconner, vous avez vu ses cheveux ?).
Quatre pages d'interviouves où l'on peut éprouver son sens de l'humour un peu tordu et un reste de grosse tête à claques. Mais moins qu'avant, quand il était surnommé Dave "Mustaigne" et que
les entretiens pouvaient virer au cauchemar. La langue de bois est aussi exclue et tous les sujets sont abordés : la stabilité du groupe (pas de bol, ça pétera plus tard...), l'égalité de
composition en son sein, le risque pris par ce nouvel effort avec cet aspect plus mélancolique que vindicatif, le fait de chanter en français ("J'étais persuadé que c'était de
l'allemand" balance Mustaine avant d'éclater de rire. Un petit déconneur, je vous le dis !) et l'amour que porte Dave à notre langue. Il y est aussi question de chansons pour des B.O. de
film (Mustaine avoue avoir gâché une chanson excellente pour Last Action Hero, qu'il trouve mauvais. On ne peut pas avoir raison à tous les coups !) et d'un film autour de
Megadeth (Mustaine proposant Axel Rose pour jouer son rôle). Et, comme je le disais plus haut, il ne peut s'empêcher de tailler des costards à Mötley Crüe
("Les nouveaux Spinal Tap") et Aerosmith avant de déclarer ne pas vouloir d'un traditionnel album live car "trop prévisible et inutile". Là, il aurait mieux
fait de se taire... Tout cela se conclue par une lettre d'amour fou de notre Tonton Zézé à l'album.
Et sinon ? Et sinon ? Rhalala, bande de petits impatients. D'abord, arrêtons-nous sur une publicité qui semble provenir d'un univers parallèle puisque
Killing Joke était en concert à l'Elysée Montmartre le 11 decembre 1994, sponsorisé par... Fun Radio ! Collector, ma bonne dame ! Sinon, les fiches cuisine du hard-rock répondent
présentes avec Saxon, Judas Priest, Motörhead, Trust, Van Halen, Sodom,
Scorpions et Cheap Trick. L'édito recommence à n'être qu'un digest du reste du magazine mais annonce l'arrivée d'une nouvelle rubrique. Ha ?
Les news s'atermoient sur Guns'N Roses et la danse "deux pas en avant, trois en arrière" des musiciens (s'ils savaient...) et le déjà
possible retour de Vince Neil dans Mötley Crüe, vu le bide magistral de la formation actuelle avec John Corabi. Après les lauriers tressés amoureusement par ses camarades, vient
le temps de la soupe à la grimace. Non, je ne ris pas, c'est nerveux... Pour le reste, on apprend que le duo de vieux, Robert Plant et Jimmy Page, vont pas tarder à venir nous gonfler la
nostalgie. Patience, ça vient... Quand à Black Sabbath, la politesse m'oblige à jeter un voile pudique sur cette période du groupe. Suivant !
En cadeau à l'abonnement ce mois-ci, vous pouviez gagner soit les deux cds du concert de Woodstock 94 (retenez bien cette info, on en
reparlera plus tard...) ou le T-Shirt hors commerce (et on comprend pourquoi en le voyant) de Rage
Against The Machine Downset. En voilà un futur beau pyjama ! Dans le courrier des lecteurs, ça s'agace, ça marronne, ça s'éconduit : Bruno de Perpignant nous délivre une
magnifique prose sur notre style chéri en le replaçant dans un contexte de MUSIQUE, ce que ses détracteurs ont tôt fait de lui enlever ; Audrey de Marseille (pas de bol !) nous fait partager
sa détresse de vivre dans une cité peu intellectuelle encline à aimer son style de musique ; Hian de... Marseille (putain, votre bateau s'est
échoué là-bas ?) hurle contre le bannissement du hard sur les ondes hertziennes et radiophoniques (en voilà un qui est pas rendu !) ; Didier de Richebourg (??) répond à la "tartine de gerbe
faisant office de lettre" de Frédéric R. dont je vous parlais dans le dernier numéro et il me semble que vous avez suffisamment compris la teneur du reste du message pour que je m'abstienne
d'en dire plus ; Jean-Marie du 54 conclue en clamant sa déception que HnH ait osé descendre en flamme le dernier Status Quo, lui qui pensait tenir un journal
qui ne parlerait que de hard des 70's (il aura confondu avec Rock Hard !). Pour lui, le journal lui répond que Status Quo a effectivement sorti un navet et qu'il n'y
avait pas matière à s'étaler dessus. A mon avis, ils ont perdu un lecteur...
Tiens, une nouvelle rubrique ? Born Killers que c'est son nom ! "Ou l'examen minutieux par la rédaction de HnH d'un condensé choisi d'underground
national" Hé bé... En gros, les démos et auto-productions envoyées par des p'tits groupes bien dchénous et qui n'en veulent ! Les futures stars, la jeunesse métallique qui lèvera
fièrement le drapeau du metal français, les jeunes pousses qui feront les troncs solides de demain... Au menu : Execution, Eviternity et Dream
Child. Heu... ?? Bon, pas pour cette fois, alors. On a quand même droit à une interview speed d'Execution et trois chroniques rapides des K7 aux pochettes globalement
assez hideuses, avec une mention spéciale pour Dream Child et son hommage bleu aux artistes ghanéens.
And Justice For All accueille à la barre Bruce Dickinson et on se dit qu'on va passer un bon moment. La langue bien pendue et un caractère bien
trempé, le bonhomme va nous atomiser la rubrique. Las ! Entre des questions à la con (genre "vos costumes de scène chez Maiden étaient ridicules" Et alors ?) et un Bruce
qui n'est coupable de rien, sauf de n'avoir pas quitté Maiden plus tôt, c'est la douche froide tant on apprend rien et, pire que tout, cela nous brosse un portrait peu brillant
de l'ancien chanteur de la Vierge de Fer qui commençait à se prendre un peu trop le melon. Triste.
Une rafale d'interviews plus tard (The Wildhearts, Fudge Tunnel, Howling Iguanas, Big
Chief), on retrouve Body Count, le gang musical de Ice-T, entierement composé d'artistes "black". Mais attention ! Le guitariste Ernie C. souligne bien que la bande ne
souscrit pas à un quelconque mouvement tel que la Black Rock Coalition (réponse à la White Rock Coalition) qu'il juge ségregationniste ou à une soi-disante leçon des émeutes qui
avaient éclaté à Los Angeles. Pour lui (pour eux), Body "motherfucking" Count est un groupe de potes, un vrai
groupe et que, vu le foutoir ambiant, on n'est pas là pour se marrer. J'avais craint à un moment à un projet opportuniste de Ice-T mais que nenni ! Le monsieur a pris le genre très au
sérieux et a su proposer des albums de metal de qualité. Après un premier jet moyen mais qui avait su faire parler de lui grâce à un Cop Killer qui provoqua un bordel sans nom à sa
sortie, pour ce Born Dead, il n'hésite pas à se frotter au Hendrixien Hey Joe avec un certain mérite et composer le morceau éponyme, devenu depuis un
classique. Ne pensez pas l'entendre beugler comme sur un Napalm Death mais ce type a suffisamment d'ancienneté et d'intégrité pour savoir que ceci n'est pas qu'une passade.
Pour moi, leur meilleur album sera le suivant mais si vous trouvez celui-ci, vous ferez une bonne action...
A la suite, Corrosion Of Conformity essaie d'y voir clair après un micmac de personnel qui verra le guitariste, Pepper Keenan, prendre le
micro et le groupe défricher un genre encore obscur : le stoner ! Bon Jovi... heu, ben... rien, il va bien, son coiffeur est content. Therapy? participe à un
petit blind-test musical faisant plonger le chanteur/guitariste dans les souvenirs de sa jeunesse. On en apprend plus sur ses goûts, son amour de Joy Division, son boulot à
l'usine, l'Irlande... Passionnant et sincère, à l'image d'un groupe dont le monde aurait dû manger dans la main. Mais il n'y a pas de justice ici bas ma pauvre dame. Je vous ai dit que
Troublegum était un PUTAIN d'album ?
Queensrÿche, The Cult (faudrait que je les écoute un jour...)... Ah ! La Saga du Hard-Rock se penche sur la scène
de Detroit. Il faut souligner l'effort louable de recherche en ressortant de la poussière Mitch Ryder et Bob Seger comme précurseur de notre style adoré. Je
souligne que l'effort est louable car ces deux combos sont, historiquement, totalement éclipsés par la bande de fous furieux menée par un jeune sauvage en devenir, Iggy Pop :
The Stooges ! Adeptes de la provocation, d'albums dégueulant l'ennui et la maladie et de concerts sauvages finissant souvent dans le sang versé par leur leader, The
Stooges accouche du punk 10 ans avant les nez cloutés et les crêtes vertes du Royaume-Uni. Un tribut que les Sex Pistols et autres délinquants musicaux n'oublieront pas
de verser, bien entendu.
Vite, viiiite, des skeuds ! En voilà ma bonne dame, inutile d'accoucher sur le perron, ça va passer ! Youthanasia, album du mois, je vous l'ai dit ?
Sinon, on a The Cult avec Album (4/5). Corrosion Of Conformity et un Deliverance superbe de mélodies et d'huile de guitares (4 sur 5 les doigts
dans le pif). Et la liste est longue : Albatross, Clean My Wounds, Broken Man... Un must-have ! Annihilator faisait encore vibrer les foules
avec son King Of The Kill (4/5). Accept aussi avec Death Row... mais je ne supporte pas la voix de nain atteint d'un cancer de la gorge du chanteur. The
Black Crowes avait toujours l'aiguille temporelle bloquée sur 1970 avec Amorica (et sa pochette à la Bigard) pour un 4 étoiles. Widowmaker nous violait les
oreilles une fois de plus tandis que, à la page voisine, Twisted Sister se prenait une étoile pour Live At Hammersmith. Et afin de ne pas être accusé d'en rajouter,
je citerai simplement la chronique : "A l'écoute de ce concert, inutile de chercher loin pour comprendre pourquoi Twisted Sister n'a pas survécu au-delà des années 80. Ses
hymnes lourdingues, ses musiciens besogneux, son cirque démago à souhait, et surtout ses longues tirades sur la fidelité des fans et l'incompréhension du business à l'égard de ce Caliméro du
hard (...) n'ont amusé qu'un temps. Cet album est le témoignage édifiant d'un passé révolu où l'on pouvait aller loin, même avec un groupe d'une telle incompétence. Il ne faudra donc
retenir guère plus que les miraculeux (on s'en fout) mais surtout pas ses performances scéniques proprement insoutenables sur disque." Vous remarquerez : je n'ai RIEN dit !
Deep Purple se prend un gadin aussi pour son Come Hell Or High Water, comme quoi. The God Machine décroche une critique déchirante pour un One
Last Laugh Is A Place Of Dying... dont la genese fut des plus sombres. Tout le monde a oublié ce groupe, je n'ai aucun album d'eux mais j'en parle. Voilà. Agressor
faisait la fierté d'Antibes avec son délicat Symposium Of Rebirth (4/5) et Peter Dolving, avant de hurler chez The Haunted, se faisait déjà péter une durite chez
Mary Beats Jane (4/5), moins thrash que son futur groupe mais tout aussi sec dans la torgnole. Alors oui, on peut regretter leur courte existence vu la qualité insolente du combo
mais la naissance d'un monstre du metal quelques années plus tard rattrapera le coup. Un mal pour un bien ! Peace, Love and Pitbulls décroche le nom le plus original pour un
Red Sonic Underwear industriel en diable (4/5). Et en tournant la page, que vois-je ? Devant faire face à l'afflux de nouvelles sorties et essayant d'en couvrir un maximum, la dernière
page de test propose des moitiés de chroniques. Un moyen d'expédier des albums souvent moins importants. Résultat : Orphaned Land se paye une critique digne d'une agence de
voyage ("Laissez-vous surprendre et transporter par l'exotisme capiteux d'un style inédit", pour un groupe israëlien, ça leur fera du passage) pour Sahara (mais 4
étoiles méritées pour un futur grand) et un petit groupe de punk se paye un 2 pour cause "d'arnaque à la crédibilité" avec leur album Smash. C'est sur qu'avec un nom de groupe
comme Offspring, ils vont pas aller loin.
Mais le petit truc à retenir de cette sélection de skeuds est caché là, entre Peace, Love and Pitbulls et Twisted Tata. En
ce mois de novembre 1994, Olivier Rodriguez termine une critique assassine par un "Ah la la, qu'il va vite le monde ! Original le matin, tu pues la rengaine le soir ! Rude
époque...". La musique est un "habile mélange grungy-heavy-rock gavé de délires sonores mais aussi peu (in)novateur que le concept." Quant au groupe et son "aspect sang et
déviation, (...) il a ce coté obsolète et prévisible qui laisse entrevoir que ses membres doivent toujours être à l'heure pour le dîner du soir !" Bigre, quelle virulence
! Et quel est donc ce groupe qui subit de telles foudres ? A votre avis ? Allez, un petit indice : Portrait Of An American Family. Trouvé ? Oui, il s'agissait bien du premier méfait de
Marilyn Manson qui, d'évidence, ne remportait pas tous les suffrages. 2 étoiles, dites donc ! Alors, à l'aube d'aujourd'hui, que dire ? Le journaliste a loupé le coche ? C'est
toujours plus facile à dire 18 ans plus tard, d'autant qu'il est vrai que le Manson d'alors n'avait rien à voir avec la poupée de cire de maintenant. Si vous cliquez (et vous le
ferez, je le sais) sur le clip en bout de chaîne, vous y verrez un Manson qui a encore figure humaine (il paraît même gros !). On peut comprendre l'agacement du journaliste qui a
vu là débarquer un ènieme groupe de déglingos aux coiffures à filer des sueurs froides à Jean-Louis David et aux sonorités guère originales. Subjectivement, cet album est assez
pénible à écouter d'une traite, suivant une trame musicale usitée en cette période de grand bouleversement musical. La caution Trent Reznor, Monsieur Loyal des indispensables Nine Inch
Nails, servira le groupe pendant ses débuts mais le cauchemar commencera réellement avec la reprise de Sweet Dreams et son clip de psychopathe. A partir de là, Marilyn
Manson deviendra l'ennemi musical numero 1 de l'Amérique. Le reste appartient à l'histoire... et à un prochain numéro !
Le Song Book fait dans le culte avec le Number Of The Beast de notre pote Iron Maiden. 1982, comme le Breaking The Law de
Judas Priest mais pour un résultat autrement plus heavy, histoire de muscler vos petits doigts potelés. Un morceau culte pour un album dont on fête les 30 ans cette année. Et je
l'ai dit et répété : tout fan de metal se doit d'avoir au minimum deux albums de Maiden dans sa CDthéque ! Et pour finir, quatre définitions, pas de guitare (on fait des
économies), on rentre maman et c'est bon !
La suite au prochain numéro...
Pour cette vidéo, un internaute a laissé comme commentaires sur Youtube : "This might just be the gayest thing i've ever seen". C'est sévère mais ça me fait
rire... surtout quand je pense à leur futur clip Stories. Le mec a dû en perdre ses cheveux...
Impossible de trouver la chanson en entier (wtf ??), voici donc un extrait... :(
Des souvenirs de lycée plein la tête... Berk !
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