Perception, la suite...
Suite de mes petites pensées concernant mes voisins les êtres humains. Vous voilà prévenu.
J'ai une meilleure amie. Oui, je sais, ça arrive aussi à des gens biens. Toujours est-il que j'ai une meilleure amie. Et cette brave personne refuse d'aller voir Wall-E, le nouveau
film de l'année de Pixar. Pourquoi ? Ben parce que c'est un petit robot tout seul et que ça va être triste et on va pleurer. Pardon ? Nonon, je ne plaisante pas, c'est l'argument massue qui m'a
été donné. Alors, je vais peut-être rabâcher une idée simple mais j'en reviens à ma réflexion de l'autre fois : Si si, je suis sûr que le film est bien mais ça va être trop
triste/dur/horrible/intello et j'ai pas envie. En fait, il faut un film qui soit drôle. Du moment que ça raconte rien mais qu'on passe un moment, qu'on ne réfléchit pas, c'est parfait. Tant
mieux. S'il faut payer pour ne plus penser à rien, tant mieux pour eux. Personnellement, si je paye une place de cinéma, c'est pour penser à quelque chose 2 heures durant. L'importance peut
varier, d'un film viscéral à une oeuvre hautement divertissante. Mais si je dois ressortir de là en me disant : "C'était bien, j'ai pensé à rien, je sais même plus ce que j'ai vu, j'ai déjà
oublié le titre.". Le coté "ça, c'est fait" me gonfle. Et par cette pensée de mouton de Panurges, tout doucement, insidieusement, on en arrive à une culture de masse bien clinquante,
tape-à-l'oeil et inoffensive au possible. A force de laisser de coté tout ce qui peut nous toucher de diverses manières, à se défausser sur d'autres qui "comprendront mieux", on en arrive à un
nivellement par le bas accepté tacitement de tous. On ne cherche plus à s'élever mais à stagner, voire à régresser. On racle, on coupe ce qui dépasse et ainsi, on permet à la culture de se mettre
une balle dans la tête. Alors, on s'étonnera devant les grandes oeuvres de Marc Lévy ou Guillaume Musso, on saluera la qualité de pensée de BHL ou de Jacques Salomé. On fera des piles, on
piochera dedans et on se sentira tellement plus cultivés d'avoir lu la même chose que tout le monde, étalé sur les gondoles des grandes surfaces.
Le cycle humain touche doucement à sa fin. Le pic de l'évolution a été franchi et, inexorablement, nous retournons à un état de primate, le dos voûté et les bras ballants. Ne résistez plus,
la vague est trop puissante.
Aujourd'hui, je suis allé dans un gigantesque parc floral et animalier. "Le plus grand d'Europe", clame la pub. Au niveau animalier, la sentence est la même : vous pouvez être envahis de
panneaux énormes expliquant en long en large et en travers "Ne nourrissez pas les animaux", "Ne touchez pas les cages" et ce dans toutes les langues, vous n'y couperez pas. Le moindre débile qui
verra un animal lui donnera du pain ou une branche de n'importe quoi qui lui tombe sous la main. Enfants comme adultes car la stupidité ne saute pas de générations. On donne n'importe quoi à
bouffer aux animaux, on tape sur les cages, on tire les branches, on les caresse, on leur touche la queue... Le moindre spectateur gagatise devant un perroquet, les enfants crient devant les
insectes... Bref, le cirque bat à tel point que je me demande quel est l'animal le plus évolué du lot : celui qui est dans la cage ou en dehors ?
C'est en observant ces gens, leurs réactions et leur comportement face à cette nature en exposition que j'ai réalisé une évidence : la Terre est foutue.
Bonne nuit...