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Ressenti

Publié le par Buster Casey

 Vendredi après-midi, j'ai passé un entretien avec un type sympa. Il est chargé de m'aider à surmonter la perte de mon emploi. Ce n'est pas un psy, il travaille dans le management, le recadrement et l'encadrement des gens dans ma situation.

 Bref, nous causons. Il me parle de lui, je lui parle de moi, il me demande mes projets, ce que je veux faire. Un vrai speed-dating. Il me fait comprendre que je suis quelqu'un de bien, que je vaux beaucoup. Il me dessine un trait me signifiant la durée de vie d'un emploi, la fin de celui-ci. Il me dessine des courbes censées représentées mon état psychologique, la chute de mon estime et de mon moral après la perte de mon boulot (pas vraiment besoin de perdre mon boulot pour ça mais bon...). On parle musique.

 Il ne me demande pas comment je vais. Voilà un homme appelé par ma boite pour m'aider à diluer mon angoisse de mon futur chômage, un homme qui doit absorber ma peur (par imposition des mains, je suppose...)... et il ne me demande pas comment je me sens. Marrant, non ?

 J'aurai pu lui dire : comment je me sens ? Soulagé. Soulagé de savoir que je quitte un radeau de la méduse, une entreprise qui a consciencieusement décidé de se mettre une balle dans les deux pieds, les deux genoux, les deux cuisses et qui attaque bientôt le bassin.

 J'aurai pu lui dire : j'ai adoré donner ma loyauté et ma santé à une bande d'incapables ignares et stupides, pas foutus de reconnaître ma valeur et celle d'autres méritants au profit d'une bande de larves traîne-savates et mange-boules consanguins.

 J'aurai pu lui dire : je jouis chaque jour de passer pour un idiot incompétent aux yeux d'un patron imbécile et larvaire alors que je les plante quatre fois dans tous les domaines que j'ai touché et avec tous les systèmes.

 J'aurai du lui dire : je me sens plus que bien de savoir que je perds mon travail par le non-travail d'une direction générale de branleurs associés, de crétins sans cervelle et de nullards parvenus... et que ces champions resteront à leur place pour finir d'envoyer ce qui reste dans le mur.

 J'aurai du lui dire : mon projet fabuleux serait de brûler ce monde des racines au ciel, en n'omettant rien ni personne. De pulvériser cette hypocrisie et de ramener les hommes à ce qu'ils n'ont jamais cessé d'être.

 Mais il ne m'a rien demandé. Alors, je n'ai rien dit.

 Bonne nuit...

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H
Je passe mercredi : si tu veux, j'imprime ton post et je lui donne, comme ça il saura. ;)
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