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Patience

Publié le par Buster Casey

 Je suis migraineux. Ce n'est pas mon état actuel alors que je tape ce post ennuyeux (si si, vous allez voir la suite...) mais une condition. J'ai hérité cette propension à la migraine de mes parents, grands migraineux devant l'éternel. Bref, je suis un traitement qui n'a aucune efficacité et le seul moyen que j'ai de savoir que j'ai la migraine, c'est quand la prise d'efferalgan est inefficace. Et la seule pilule capable de me soigner est l'advil. Effet garanti en général au bout de 20 minutes. La question que je me pose est la suivante : et si je deviens tel le moustique ? Vous savez, ces petits bêtes qui viennent vous sucer la nuit, vous pompant allégrement et disparaissant sans laisser leur numéro. Hé bien, à force de leur balancer des tonnes d'insecticides dans la gueule, ces adorables bestioles se sont immunisés et aujourd'hui, le baygon pour les "bzzz", ça marche plus. Donc, par analogie, si mon corps s'habitue à sa dose d'aspirines et médicaments, il va me rester quoi pour calmer mes migraines ?

 En fait, je me gave d'aspirines depuis une semaine parce que si c'est pas la tête, c'est le dos qui est bousillé. Du coup, à me gaver de ça, j'ai l'estomac en vrac. Ce qui est normal, ce n'est pas la nourriture idéale pour subvenir aux besoins du corps.

 En plus, samedi au boulot, j'ai eu la bonne idée de me flinguer un doigt qui a eu le courage de s'interposer entre un bord de table et un livre. Les deux vont bien, je rassure les familles. Pour ma part, j'ai un doigt de schtroumpf que je badigeonne de Synthol régulièrement. En fait, en ce moment, ma vie "physique" ressemble à un supermarché de la parapharmacie.

 Et pour ne rien gâter, ma non-motivation au boulot commence à me rendre agressif. Pourtant, je m'en fous de mon boulot, de mon patron et de ce qu'on en pense. Je sais ce que je vaux, c'est l'essentiel. Mais si je dis ça, je passe pour un prétentieux puisque je vaudrai toujours moins aux yeux d'un autre (qui lui se considère comme un excellent en toute objectivité !).

 Mon dernier post m'a justement valu les gros yeux de mes quatre lecteurs fidèles (dont j'en "croise" la moitié tous les jours). Apparemment, le coté sexué du post leur a paru étrange. En même temps, c'est la seule chose qu'ils aient retenu. Pour que les gens retiennent quelque chose de vous, parlez cul. Votre désespoir ou vos soucis ne les intéresseront guère (ils ont déjà les leurs !) mais raconter ce qui se passe dans votre slip vous permettra d'être fiché dans leur cerveau.

 Pour terminer ce samedi plaisant, j'ai de plus en plus la tristesse de me rendre compte que mon meilleur ami dérive vers des eaux trop froides pour moi. Les crises d'adulte des grands enfants a toujours tendance à me surprendre et à m'ennuyer. Devient-on adulte parce qu'on se marie et qu'on paye des impôts ? Ou le devient-on quand on se rend compte que la vie est plus large que notre spectre de vision initial ? Est-on adulte quand on se rend compte que l'on doit se compromettre ou que nos principes s'accordent mal avec ceux des autres et que pour les tenir, on va devoir lâcher d'autres choses ? Devient-on adulte quand, finalement, on assume ses choix et on s'assume soi-même ? Moi, je me considère comme un adulte en perpétuelle naissance... et ça me va très bien, merci !

 Tout ça pour en arriver dimanche soir en repas MacDo avec ma meilleure amie qui s'est acharnée à m'expliquer qu'elle avait mieux compris la vie que moi du fait de son expérience et que, demain, on peut tous mourir. Conclusion : je ne suis que le témoin de ma vie et pas l'acteur. Salomé serait fier ! De mon exclusion "vitale", je dois supposer que je ne suis donc pour rien au fait que j'ai tout fait pour m'accrocher pendant des années à une fille qui ne voulait pas de moi, m'être lancé sans filet avec une autre pour me prendre un vent terrible ou encore, plus récemment, d'être revenu d'entre les morts à cause d'une incompréhension sur la notion de couple et de sentiments. Sans parler du fait que j'aboie plus que je ne parle et qu'après des années, j'arrive presque à me supporter. Et que mon look ne doit rien à personne mais à ma seule envie qui me fait me sentir bien. Mais parce que je ne cherche pas à devenir trop dépendant ou prisonnier de beaucoup de choses, je ne suis pas acteur de ma vie. En gros, je ne fais pas ce que font les autres.

 Dans cette discussion casse-gueule, j'ai néanmoins clarifié quelque chose : pourquoi envoyer un simple mail me fait-il tant peur ? J'ai survécu à tout ce qui précède, même si je n'y croyais pas sur le moment. Pourtant, je suis là aujourd'hui, à taper un blog nounouille, à dormir parce que je suis fatigué et à manger normalement. Je suis passé outre des stades pires que ça, un mail idiot qui n'a aucune chance d'aboutir. J'ai affronté l'échec cent fois (oui, c'est pas glorieux...) et je suis là. Je ne projette plus l'avenir comme j'ai pu le faire avec mon amour de fac (c'est con comme formule, non ?), vous savez le bonheur, les petits oiseaux tout roses... Je fais au jour le jour et tant que ça marche. C'est peut-être une mauvaise façon de faire après tout, ne rien prévoir avec 3 semaines d'avance. Mais j'aime l'élément de surprise. Et surtout, pourquoi faire ? Où serons-nous dans 3 semaines ? M'aimera-t-elle toujours demain ? Et moi ? L'aimerai-je toujours ?

 En arrêtant de vouloir plaire aux gens, ceux-ci sont venus vers moi. Ce que je suis aujourd'hui n'a plus rien à voir avec qui j'étais il y a quelques années. Tant mieux. Alors, pourquoi un mail me ferait-il peur ? Un mail dont l'enjeu est, au fond, nul ?

 Alors, j'ai affronté cette peur et elle n'avait rien de bien terrible. J'ai bazardé un mail qui trainait depuis 2 semaines pour elle, que je peaufinais un peu tous les jours parce que je n'osais pas l'envoyer. A la place, un message plus court et moins réfléchi du "quand pensera-t-elle ?". Je l'ai écrit et envoyé. Et ça fait du bien ! Je me sens mieux d'avoir fait ça.

 Bon, le seul souci maintenant, c'est que je n'ose plus ouvrir ma boite mail. Oui, je sais mais bon, une peur par jour, ça suffit à mon régime. Dans l'immédiat de l'instant, j'ai deux mails dans ma boite. J'ignore de qui. Suspenssss...

 C'est chiant de se côtoyer tous les jours...

 Bonne nuit...

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A
Bonne chance
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B
<br />  Merci<br /> <br /> <br />
C
Raaaa zut, y en a un de moi... (pas frapper, pas frapper, je savais pas...)
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B
<br />  C'est pas grave, il n'y a pas de mal... Mais fais gaffe la prochaine fois !<br /> <br /> <br />
H
Ahhh (soupir), l'art subtil de l'exagération... (j'ai fais des gros yeux ?)En tous cas, je suis très heureux que, enfin, tu ais envoyé ce mail. J'attends la réponse avec fébrilité (un peu comme toi mais avec moins d'intensité). Je suis de tout coeur avec toi.
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B
<br />  Merci<br /> <br /> <br />