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Television, humeurs et je ne sais quoi...

Publié le par Buster Casey

 Très honnêtement, cher lecteur/lectrice, j'ai grandement besoin de sommeil. Je dors peu ou plutôt, je ne dors pas assez, je me couche tard et je me réveille tôt, j'accumule la fatigue et mes nuits sont assez agitées en ce moment. Probablement un stress post-traumatique de cette foutue guerre du Viet-Nam. Toujours est-il que je suis claqué tous les soirs de la semaine mais bien que répétant tous les matins "ce soir, je me couche tôt", rien à faire. Je me donne des résolutions : moins de télé, moins de jeux vidéos, pas de blog... Au final, je traîne sur mon lit à minuit passé et je ne m'endors pas avant une heure du matin. Ce qui donne des fins de semaine pleine de vie et des week-ends de pure foly.

 En gros, je suis abruti d'épuisement. Malgré tout, pendant ces temps où je me persuade que je vais me coucher, je tombe sur quelques petites perles télévisuelles qui font mon bonheur. La dernière fut la véritable déculotté qu'Eric Nolleau, le fin chroniqueur de l'émission nocturne de Ruquier le samedi soir, s'est reçue lors de La Grande Librairie sur France 5, correction administrée par un Pierre Bergé furax. Pourquoi, me demandez-vous ? Nolleau avait-il lâché un étron, appelé "critique" selon ses termes, sur le livre de Bergé ?

 Nenni. Pour une fois, Nolleau était venu faire de la réclame pour présenter son nouvel ancien livre, Le Jourde et Nolleau (une ressortie augmentée, en fait), clin d'oeil au Lagarde et Michard. Avec la classe et la modestie qu'on lui connaît, Eric a donc expliqué qu'il avait tout compris à la littérature et que, comme il était éditeur de livres inconnus même de leurs propres auteurs, il était en droit de vomir sur les écrivains qu'il jugeait indignes. Un tour de moulinet par-ci, de l'égocentrisme ventripotent par-là, en quelques 10 minutes, Eric nous réduit la littérature à deux auteurs et à lui-même, gardien auto-proclamé du roman qu'il faut avoir lu. A ce niveau d'arrogance, l'animateur fait ce qu'il peut pour faire à la fois la promo (obligée) du bouquin et essayer de dégonfler le monstrueux melon de l'Alain Delon littéraire assis en face de lui. Et c'est lors d'un coup à deux bandes qu'Eric s'est retrouvé à la place qu'occupent, en général, les invités d'On n'est pas couché. En voulant faire lire le portrait écrit sur Christine Angot à un Fabrice Luchini étonnament discret (il se rattrapera après en offrant 15 minutes hallucinées à son auditoire), ce dernier demande la permission à Bergé. Bien vu : mis en avant, celui-ci exprimera l'avis négatif qu'il porte sur ce livre. Au-delà de toute espérance puisque le pugilat durera jusqu'à la fin de l'émission, un Bergé la bave aux lèvres et un Nolleau coulant, répétant "mais non mais non" à l'envi.

 Au début, j'aimais bien Nolleau. Je ne savais absolument pas qui il était, d'où il venait, il adoptait un style chemise ouverte de bon aloi et semblait faire un contre-poids idéal au passéiste Eric Zemmour. Il remplaçait surtout un Michel Polac gâteuxet quasi-liquide. Et puis, un animateur qui semblait vouloir débattre intelligemment, ça changeait. Sans parler qu'il avait failli coller une beigne à Cali (qui avait massacré l'interview parce que les deux "flingueurs" ne disaient pas du bien de son génie), ce qui avait automatiquement attiré toute ma sympathie.

 Badaboum. Après avoir fait pleurer Laurence Boccolini, Nolleau fait le tour des plateaux télé pour parler de son rôle de "sniper". Il développe alors une idée juste : l'univers médiatique consensuel où les artistes se font cirer les bottes dans toutes les émissions ne permet pas un avis "critique", c'est-à-dire parler et/ou mettre le doigt sur les défauts ou simplement donner une voix négative dans ce concert de louanges. Il a raison. Sauf qu'à être exposé ainsi comme étant la voix du juste parce que dissonante, Nolleau a chopé le melon. Et ses critiques n'en sont plus, sauf des tirs à vue, histoire de faire le bon mot, de casser gratuitement parce que ça fait bien et ,surtout, que l'invité ne saura pas se défendre.

 Parce que l'invité a une image qu'il veut garder et il sait que sortir de ses gonds face à un abruti qui vous titille pour exister et justifier son rôle, ça peut lui coûter cher. Et le petit Eric le sait et fait son beurre comme ça. Une technique lâche de ramener sa fraise devant un mutisme obligée. Sauf que le petit Eric n'est pas si féroce. Face à un BHL (que je déteste aussi) impérial et à aucun moment déstabilisé, toujours répondant et faisant barrage bec et ongles, Nolleau n'a pas pu faire son malin. Coincé, ridiculisé et envoyé dans les cordes plus d'une fois par la répartie sanglante du "philosophe", le critique a fini par montrer son vrai visage : un type haineux, plein de rage et de frustration, là uniquement pour se payer les invités. Devant la résistance de BHL, Nolleau a pété les plombs, rabrouant vertement un Zemmour qui voulait en placer une (et qui n'a pas pu) pour finir, non pas une de ces fameuses critiques dont il se gargarise, mais un combat de coqs pour savoir qui aurait la plus grosse (crête).

 Ainsi, face à Bergé qui lui a signifié son mépris le plus total, Nolleau est devenu un invité lambda, à savoir un type qui n'accepte pas la critique qui lui est faite, se justifiant par tous les moyens possibles pour expliquer à son contradicteur qu'il avait tort. Tout l'inverse de son discours habituel en somme, lui le "tueur de promo". Bergé, à bloc, lui aura donné le coup de grâce lorsque Nolleau tenta une dernière justification de son livre par son amour de la littérature, ce qui lui vaudra un paralléle pas faux où Bergé le comparera à ces chasseurs qui tuent les animaux en affirmant qu'ils sont respectueux de la nature. Rassurez-vous, cela ne lui a mis aucun plomb dans la tête. Dès le samedi suivant, chez Ruquier, il s'est empressé de faire des courbettes devant le suffisant et prétentieux Aznavour (qui ne se prend pas non plus pour une merde, celui-là), lui cirant les pompes avec une vigueur à rendre jaloux l'animateur de l'émission. Il faut dire qu'avec une pièce musicale dédiée à l'artiste dont Ruquier est le producteur/créateur et deux mercenaires médiatiques ici transformés en nounours rose bonbon, Anazvour avait champ libre pour étaler sa réussite sans que personne ne lui gêne le chemin. Chapeau, l'artiste ! Et quel dur métier que celui d'"antidote à la promotion" ! Démolir les artistes faciles et s'aplatir devant les grands, voilà qui demande une souplesse remarquable.

 Rendez nous Baffie !!!

 Bonne nuit...

 P.S. J'ai été absent un moment de cette page et je m'en excuse. Faute à ma santé, la fatigue et un ordinateur capricieux. J'essaierai d'être plus fidèle aux prochains rendez-vous... Merci...

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C
Ba-ffie ! Ba-ffie ! Ba-ffie ! .....
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