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Et vous ça va ?

Publié le par Buster Casey

 Dans une société où les tabous se sont affaissés les uns après les autres, où faire du porno n'est plus signe d'exclusion mais de multiplication de passages télé, où faire du rap n'est plus signe d'exclusion mais de multiplication de passages télé (les yéyés étant remplacés par les "Yo ! Yo !"), où être homosexuel est une banalité revendiquée partout, bref dans une société qui nous tend un miroir médiatique déformant et assumé, vous pouvez dégager rapidement un groupe d'interlocuteurs qui vous pompent l'air en abordant l'un des deux, voire les deux sujets suivants : la dépression ou le suicide.

 Brrr... A une époque où l'on pense avoir brisé tous les tabous, les sujets touchant à la Mort sont manipulés avec des pincettes. Et si quelqu'un tente de mettre le débat en avant, on le retire aussitôt sous prétexte de respect des victimes, de sujet délicat, de réflexions faites avec soin, pour au final tout balayer sous le tapis.

 Pourquoi je vous parle de ça me direz-vous ? Parce que là, presentement, je ne vais pas tarder à dégager mon lectorat, vous voilà prévenus...

 En fait, hier soir, j'ai eu une pulsion étrange : en farfouillant dans les divers menus et options que m'offre over-blog, j'ai trouvé le bouton "suicide", celui qui, d'un simple clic, balayera ce blog de la surface du net. Le bouton "supprimer". Et là, j'ai hésité. En fait, ça fait quelques temps que j'hésite, que j'essaie de retrouver la flamme d'écrire ce journal. De me dire que cela sert à quelque chose, un but, un projet... Mais depuis quelques semaines, ce blog me gonfle. Je n'ai plus rien à y dire ou à y écrire et surtout, je n'ai pas envie. Raconter ma vie ? Une critique ciné ? Un emballement délirant pour une peccadille ? Plus envie... Quand j'ai créé ce blog, c'était parce que je venais de me faire piétiner le coeur. Et à mon niveau de détresse, une nouvelle expérience vers laquelle je louchais me changerait bien les idées. Me forcer à avoir une routine, une production, voilà qui me permettrait de m'évader de mes idées noires. Et ça a marché un temps, un long temps. J'ai eu mon petit public fidèle, des commentaires plus ou moins plein de sens. J'ai même intégré une communauté. De nouvelles applications comme la musique ou la vidéo m'ont donné de nouveaux outils pour renforcer modestement ce blog et le rapprocher de ce que je voulais faire.

 Mais depuis deux mois, j'ai plus la foi. Parce que ce blog m'emmerde et que moi, je m'emmerde aussi. Et que même à taper, je vous raconte pas l'ennui.

 En fait, en ce moment, je crève d'ennui. Mon boulot, que j'aime, m'oblige à côtoyer des abrutis, des imbéciles, des branleurs, des lâches, des casse-burnes, des collègues radoteurs et des patrons à l'incompétence et à la non-prise de décisions affligeantes. Du coup, mon boulot, je le hais mais il me bouffe toute mon énergie. Et il m'en faut de l'énergie si je veux écrire ce blog mais je suis ruiné de fatigue. J'ai mal au dos, la tête dans le brouillard, une non envie de travailler impossible et une patience limitée dans mes rapports humains. Tout le monde me gonfle. Mais comme mon boulot me rapproche (trop) des gens, je m'efforce d'être cordial au mieux et ça m'épuise parce que je fais mon maximum pour ça et ça me bouffe. Résultat ? Le soir, je suis flingué, déprimé et j'ai envie de tout plaquer. Vraiment. Virer facebook, mon blog, mon boulot, mes amis, ma famille... M'enfermer quelque part et ne plus rencontrer d'êtres humains pendant un temps indéterminé.

 Tout le monde croit que je joue un personnage, un râleur colérique, jamais content, toujours bougon mais au final gentil et touchant. Au fond, ça va passer, hein ? Suffit d'être moins difficile pour te trouver une copine et après tu seras heureux, hein ? Essayer d'expliquer, même simplement, sans en faire des couches, à ces gens enfermés dans LEURS problèmes qu'ils se créent eux-mêmes comme des grands, essayer de leur faire comprendre que traîner une dépression, un caractère de merde, une fragilité émotionnelle qui ne provoque que des conflits, une indécision chevillée au corps, un besoin d'amour qui sera toujours perturbé par un désir contraire, une obsession pour la mort...

 Essayez de leur faire comprendre que vivre avec ça n'a rien de drôle, de cool, que c'est un combat que je méne chaque jour contre moi-même, mon propre pire ennemi. Et que ce combat n'est pas simple parce que je ne range rien sous un tapis pour l'oublier sans avoir à l'affronter. Ma mémoire ne me fait malheureusement pas faux bond. Et ce post m'ennuie aussi.

 Bonne nuit...

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H
Ne supprime pas ton blog ! Ne l'alimente plus et laisse le deriver sur la blogosphere.
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