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Amour, toujours...

Publié le par Buster Casey

 Il n'y pas de gloire à se vanter d'être seul.

 C'est ce que je me dis. C'est ce que je me répète. Mais il ne faut pas croire que cela m'encourage plus que ça pour modifier ma situation de célibataire. Mais... Comment l'expliquer sans passer pour un dingue ?

 Quand j'annonce à mes amis que je ne trouverai probablement jamais chaussure à mon pied (un petit 43 fort bien présenté, je l'avoue...), ceux-ci me traitent de défaitiste et m'expliquent que la vie, c'est comme une boite de chocolats. Certes... Les surprises arrivent tous les jours, bonnes comme mauvaises. Mais la décision (jamais vraiment ferme et établie malgré tout) de ne plus courir après un amour éperdu et fantasmé ne relève pas d'une volonté absolue de me démarquer vaille que vaille de mes petits camarades. A dire vrai, rien ne me conviendrait mieux que de rentrer dans la norme (si cela a une signification). Seulement voilà, à un moment donné, il faut se rendre à l'évidence : quand ça veut pas, ça voudra pas.

 Sans en dresser une liste rébarbative et humiliante, disons que j'ai quand même essayé. Pas fort mais bon, vu mon caractère, j'ai vraiment essayé et j'ai surtout essuyé des échecs. Entre l'ignorance, le refus, l'incompréhension, le rejet, l'aveuglement, toutes celles que j'ai ratées, laissées passer ou minimisées (en terme d'importance du degré de la relation) et sans oublier le fait que je ne rajeunis pas (malgré la belle vigueur de mes longs cheveux), voilà dressé un tableau encourageant pour l'avenir le plus déluré. Je sais ce que vous vous dites devant votre écran : "Qu'est-ce que je fous à lire ce blog idiot ?". Bon mais avant ça, vous vous dites aussi : "Mais c'est la vie couille molle, remets t'en, t'es pas le seul à affronter ce genre de problèmes". Et là je vous répondrai : "C'est vrai !". Mais est-ce si facile ?

 Je rencontre beaucoup de gens, je discute avec beaucoup de gens, j'écoute beaucoup de gens. L'écoute est un outil formidable. Si vous vous contentez simplement de hocher la tête quand il faut, certaines personnes se livreront plus que prévu. Ainsi, vous aurez rapidement l'occasion de vous rendre compte que ces gens de bons conseils portent eux aussi tous les travers qu'ils vous reprochent. Parce que, eux aussi, ils se prennent la tête, ils font un monde d'une phrase, d'une attitude. Eux aussi se font des films, eux aussi ont peur, eux aussi se brisent comme du verre quand leur coeur leur fait défaut. Mais ne leur dites pas ça ! Ils iraient jusqu'à mentir pour ne pas s'assimiler à vous et à votre petite peine. Leurs douleurs sont beaucoup plus uniques, dures et incomparables à vos problèmes adolescents. En fait, ce sont les mêmes mais ne leur répétez pas, ils se fâcheraient.

 Toujours est-il que ces gens bien intentionnés vous décrivent l'amour et les sentiments amoureux comme une équation mathématique (façon meetic ou parship), des tableaux de "j'aime - j'aime pas" à remplir, des correspondances ou des raccourcis qui consistent à simplement dire qu'il suffit d'y aller et que cinq minutes de honte dans la vie, c'est rien (théorie de ma meilleure amie). A force, je me suis rendu compte que ces gens vous donnent surtout les conseils qu'ils aimeraient bien suivre. Mais qu'ils ne font jamais. Les causes et les conséquences. A les écouter, les conséquences sont très simples à assumer et passer à autre chose est d'une simplicité affolante.

 Dans l'absolu, j'approuve cette idée. Ruminer, c'est la voie ouverte aux ulcères. Rien ne mérite de se laisser couler par le fond. Mais cela veut-il autant dire que nous sommes capables de faire face ? Nous avons tous nos peurs devant lesquelles nous sommes impuissants. Il peut y avoir des gens pour qui le contact humain n'est pas une obligation mais qui se rendront malades pour leur boulot. D'autres qui ne vivront plus parce que leur équipe de foot a perdu. Et tous les conseils du monde n'y changeront rien. Parce que nous parlons de passion, pour une chose ou quelqu'un, qui ne s'essuie pas d'un revers de main. Moi, c'est l'autre, la recherche de mon être aimée. Mon boulot peut couler, tant pis. Les gens ne pas m'aimer, je ferai avec. Manquer de classe, je survivrai. Ne pas briller en société bling-bling, ça me passe au-dessus. Mais que Cellequej'aime ne m'aime pas, que je rate Cellequej'aime, qu'elle me fasse souffrir (ou inversement)... Voilà ma kryptonite.

 Du coup, comme j'ai tendance à me laisser déborder par mes sentiments, cette décision (difficile) fut prise après un vote favorable à la majorité de moi-même. Elle est à la fois une conséquence de tout ça plus une crainte de finir par m'apitoyer sur mon sort, me prendre la tête sur la solitude dans les grandes villes, mes qualités, mes défauts, mes chances, mes possibilités et gnagnagna... Je ne veux pas finir aigre, à ressasser que je suis toujours seul alors que je suis si formidable (tous mes amis le disent) et que cela est injuste, que le monde est injuste. Je connais des gens comme ça dont la solitude a tourné à la névrose et à la misanthropie gratuite (et gonflante) pour en arriver à une attitude involontairement hautaine et méprisante. Je ne souhaite pas en arriver là. Je n'aime guère le monde, les gens, les sociétés, la pensée collective nivelée par le bas, le progrès synonyme de civilisation, etc... Mais je ne veux pas non plus me transformer en bombe humaine, rongé par les nerfs, jaloux du monde qui m'entoure, ne réduisant les personnes qu'à des catégories et les femmes à des saintes ou des putes.

 N'allez pas croire que je me considère comme "plus" parce que j'adopte (tant bien que mal) cette idée. Comme écrit au début, elle ne porte en rien un motif de fierté ou d'intérêt. Juste ce qu'il faut de lucidité et de logique. Ce qu'il faut de pragmatisme face aux évènements et que, quand on met à plat toute l'histoire, ce n'est que manque de bol et mauvais timing. Indécision constante, peur, trouble, questionnements sans fondements. Fuite et choses jamais dites. Cette fille qui m'ignorait, celle qui a joué avec moi, celle qui avait déjà quelqu'un...

 Celle qui a cristallisé toutes mes angoisses et toutes mes craintes. Et qui me les a jetées au visage, matérialisant tout ce que j'ai essayé d'éviter. On vous dira que c'est la vie, on vous sous-entendra qu'il faut faire avec et avancer en courbant le dos. Qu'être brisé, ça arrive tous les jours et que notre condition d'esclave n'est qu'un mauvais moment à passer. Mais quand une relation combine tout ce qui peut arriver de meilleur et de pire et vous fait le point sur ce que vous êtes vraiment, je trouve (mais je me trompe, bien sûr) normal que l'on ait un peu peur de remettre le pied dans l'eau.

 Ma dernière vraie histoire m'a fait quitter les rivages doucereux de l'imagination (qualité) pour le plancher rude de la réalité (qualité aussi). Et dans cette réalité, je me suis vu, loin de l'image rassurante que je pouvais me donner. Je me suis rendu compte que j'étais un mec ordinaire, qui n'avait rien de magique et que son "grand" esprit ne sauvait pas des situations les plus élémentaires, bien au contraire. Conclusion amère : non seulement j'avais mangé le bitume à pleines dents mais en plus, je venais de me confirmer que je n'étais qu'un clampin parmi 6 milliards d'autres. Et après on vous dit que c'est la vie. Ben... Fuck la vie alors ! Puis, à la réflexion, pas complètement. Malgré le chaos, une vérité s'est faite jour. Comment attirer et garder quelqu'un quand on ne pense pas à un autre dans sa vie ? Attention, je ne parle pas de l'envie ou d'une personne en particulier. Je parle d'une autre générale qui s'inscrit dans un quotidien. Et là, ça coince. Du fait d'un caractère profondément solitaire, d'une indépendance souvent brutale, d'un manque de tact certain sur beaucoup de points et d'une tristesse ancrée dans le coeur (indépendante du manque d'amour... en partie, du moins). L'autre ne me manque que dans des moments précis : des sorties à plusieurs, des vacances, des après-midi longuets, un chez soi un peu vide... Des moments, pas une continuité. Je pense (pensais ?) beaucoup à l'autre en tant que bouche-trou. Une sorte de passe-temps agréable que je pouvais (peux ?) sortir et ranger à loisir... sans conséquences (tiens, on y revient...). Ben non, je vous le donne en mille, ça marche pas ! Cellequej'aime n'est pas un chien, ses besoins sont plus conséquents.

 Bref, une incapacité à prendre des décisions, une inaptitude à la compassion, un égoïsme trop envahissant (car mes problèmes sont les plus importants !) et un gros manque de chance expliquent cet engagement. Engagement qui n'a rien de définitif mais qui est bien parti pour durer. Et je m'arrête là pour reprendre plus tard. Merci...

 Bonne nuit...

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S
Alors, puisqu'il ne faut pas demander le permission, je vais me permettre de reagir.- Premierement, etant donné que le monde est composé à moitier de femmes (à quelques milliers pres), tu es en fait, un clampin comme (seulement) 3 millirads d'autre clampin (-1 : je ne suis pas un clampin mais un pequin).- Deuxiement, le fait que les gens te detestent ne te fais ni chaud ni froid parce que tu es bien entouré- Troisiemement tant que tu n'as pas connu la vie de couple, tu ne peux pas y rever des moments ou tu te sens "bien" dans ta vie de celibataire. Et je parle d'experience, tu n'es pas plus egoiste qu'un autre.Sinon, toujours aussi desolé pour toi.
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