Honni soit qui mal y pense
Retour de bâton et confirmation d'une angoisse eue il y a quelques temps : écrire un blog ne facilite pas votre transit.
Telle une bombe à retardement, je viens de recevoir une réponse à un de mes précedents écrits. Une réponse correctement salée pour le coup dont je ne vous ferai part, de même qu'un débat
stérile sur le sujet. L'ire est née de l'article Culture marginale et perception et je dois avouer que j'en suis resté à
peu près perplexe. L'auteur de ce droit de réponse a, je crois, un peu pris à parti mon post sur un plan personnel.
J'en reviens à une interrogation qui reste d'actualité : quand on écrit un blog sous un pseudo et que des gens que vous connaissez le lisent, quelle est votre limite ? Que pouvez-vous
raconter ? Raconteriez-vous par le menu une soirée arrosée en décrivant l'état de tous les participants (sans les citer) si vous savez que certains de ces participants vont lire votre blog ?
Quand j'ai rédigé cet article, je prenais comme point de départ une idée comme quoi les gens pensent être plus ouverts qu'ils ne le sont vraiment. La discussion autour du chanteur
dingo de Shining a servi de base car c'est le genre de personne et de comportement qui définit vos goûts et positions. Personnelement, cela ne gêne pas car tous les albums de ce groupe
tournent autour de l'idée de suicide et d'auto-destruction. Son comportement me gêne quand il prend à parti un public venu le voir. De même qu'un chanteur exprimant son désespoir et sa douleur de
la vie sur scène et pris en photos avec des billets plein les poches et des gonzesses aux bras me gêne. Je vais passer pour indifférent mais je m'en fous. Si le chanteur de Shining décide de se
bousiller jusqu'au sang en live, c'est son problème, pas le mien. Mais ça me gonfle, je le repete, quand il s'agit de Pete Doherty. Rond comme une queue de pelle à longueur d'interviews, défoncé
à toutes les drogues qui passent, vendant des dessins faits avec son propre sang... Pour lui, les médias ont les yeux de biche face à l'artiste déchiré et le poète magnifique. 2 heures de retard
à un concert ? C'est pas grave, c'est un poète. 2 poids, 2 mesures ? Moi ça me barbe parce qu'à aucun moment, sa musique ne justifie des scarifications ou un comportement de sale con envers son
public. Kvarforth (chanteur de Shining) a beau être un sale con, ses albums sont magnifiques. Bien sûr, il s'agit de mon point de vue. Pour moi, Pete Doherty n'est qu'un chanteur anglais qui fait
de la pop anglaise comme tous les autres groupes anglais. Alors, comment on fait ? Comme l'écrit Larcenet dans le tome 2 du Combat Ordinaire "on peut être un grand artiste et un sale
con." A quel moment fait-on la différence ? Ou du moins, à quel moment veut-on faire la différence ?
Le truc dans cette histoire est que je n'ai jamais assimilé cette personne à la suite de mon texte. Ce moment de vie n'a été qu'un point de départ à une idée qui allait au-delà de Shining,
du Hellfest, de la scarification et toutes ces joyeusetés. Et ça me gonfle. Parce que tout le monde doit justifier ses pensées, ses paroles et se rejustifier encore. Parce que notre rapport à la
violence est tellement tordu que nous ne nous en rendons plus compte.
En Droit, un meurtre est un meurtre, un assassinat, un homicide, un crime. Ces noms se ressemblent mais rassemblent des identités diverses. Et un crime peut-être passionnel, prémédité,
impulsif... auquel nous pouvons rajouter des circonstances atténuantes ou aggravantes. Un crime n'est jamais un crime. Car par une multitude de choses, un acte pourtant identique (tuer une
personne vivante) aura mille interprétations.
Nous vivons notre violence. Nous l'adaptons juste à nos besoins et à nos propres seuils. Je ne suis pas un être violent mais la violence me fascine, c'est vrai. Je trouve hypocrite un film
américain où les personnages s'entretuent sans la moindre goutte de sang. Voilà une vraie violence : faire croire qu'elle est "fun" à regarder. Elle nous attire, nous cajole et nous devient
une solution adéquat dans certains cas.
Le saviez-vous ? Lors de la projection de French Connection en Amérique en 1974, lorsque Gene Hackman, le flic, abat froidement dans le dos un truand désarmé, la salle s'est
levée... et a applaudi à tout rompre.
Et si ça avait été l'inverse ?
Bonne nuit...