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Vous pouvez le faire !

Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 21:54
 
 
 Le Festival de Cannes 2012 a ouvert ses portes. La fête va durer 12 jours. 12 jours de dingues, d'excès en tout genre, 12 jours de nuits blanches, 12 jours durant lesquels les 24 heures d'une journée sont totalement insuffisantes pour couvrir l'effervescence d'un festival qui célèbre... Qui célèbre quoi déjà ?
 
 Je me dois d'être honnête avec vous. Vous me connaissez un peu (enfin, surtout les mauvais cotés !) et ce n'est pas une surprise pour vous de savoir que j'adore le cinéma. Et là, je mets "adore" parce que je n'ai pas le temps d'aller fouiller dans un dictionnaire des synonymes pour trouver un verbe largement plus exagéré qui rendrait à peine justice à ma passion dévorante pour les 24 images/secondes. Quand on a baigné tout petit dans la multitude de films que proposaient les quelques chaînes de télévision à l'époque (et par époque, il faut entendre une poignée d'années, bien entendu, pas de coquetterie entre nous...), le film du dimanche soir sur la défunte Cinq qui servait régulièrement de la nouveauté, la mythique "Dernière Séance", animé par le non-moins mythique Eddie Mitchell (alias Docteur Schmoll, alias Claude Moine) où l'on pouvait s'injecter légalement sa dose de western hebdomadaire en double programme et réclames incluses, et j'en oublie consciemment... Tout ça laisse des traces ! Et oui, toi, jeune lecteur qui me lit (d'où ton nom !), il existait une époque où la télévision comptait cinq chaînes et passait des débats exigeants, des divertissements fastueux, des téléfilms qui passionnaient la moitié de la France, des expériences impossibles à refaire aujourd'hui (Les Shadoks, Palace, Merci Bernard, La Lorgnette, Les Raisins Verts...) et, surtout, des films !!! Des westerns (donc...), des érotiques italiens qui n'avaient souvent d'érotique que le nom mais étaient indubitablement italiens de confection, des films d'horreur (des vrais !), des polars qui saignent, du 70's avec carré blanc, du fantastique, du S-F, de la comédie musicale (Greeeeeeease !!!!) du film français avec des vrais acteurs et des vrais réalisateurs... Mes héros s'appelaient James, Indiana ou Luke. Je connaissais Schwarzy, Sly, Harrison, Christophe, Kirk, Burt, Charlie, Buster (déjà !), Harold, Sean, Roger, Jean-Claude (hééé oui !) mais aussi Lino, Michel, Jean, Christophe (le même que précédemment), Jean-Paul, Alain, Jean, Bernard, Jean, Michel et j'en repasse encore.
 
 Oui, jeune lecteur, petit poussin écervelé tombé du nid pour atterrir dans un tas d'ordures, avant, de mon temps, la télé n'était pas ce déversoir ininterrompu de programmes pré-vomis qui ont fait de ton cerveau ce petit magma de choses molles faisant "blop blop" à chaque fois que tu as une idée, ou approchant. Multiplication des chaînes, des programmes interchangeables, vagues concepts étirés jusqu'à la nausée, starification de crétins maousses et bouquets cinéma devenus des robinets à films où l'offre est tellement pléthorique qu'elle ne rime plus à rien... Bref, un océan où le sens critique (pub!) et la curiosité n'ont aucune place.
 
 En clair, quand on a commencé au biberon et qu'à l'âge de 10 ans, on est devenu un collectionneur maniaco-compulsif de VHS (qui se souvient de TV Jaquettes ?), ça ne peut pas partir avec le temps ! Mes murs et mes meubles IKEA au bord de la rupture le prouvent. Tout ça pour dire quoi ? Que le Festival de Cannes a ouvert, que tous les médias vont en faire le tour, que le Japon pourrait être rayé de la carte et relégué en dernier titre du journal si un réalisateur avoue son admiration pour Staline en conférence de presse, que le nombre de journalistes au m² va être encore affolant, sans parler de la multiplication des émissions spéciales et autres quotidiennes qui "debriefferont l'actu"... Mais pour parler de quoi, au fait ?
 
 Parce que Cannes, c'est quoi ? Le reste de l'année, un mouroir flashy qui ne s'anime que les soirées de week-end. Et pendant le Festival, un mouroir encore plus flashy qui s'anime pendant 12 jours et 12 nuits. La vulgarité sous-jacente explose et prend d'autant plus de place compte tenu du vide culturel vertigineux baignant cette ville. Imaginez une tribune de foot de la taille de la croisette... Des kékés vazy-tavu qui espèrent choper Jamel, des photographes à l'affût du moindre truc à clichetonner, des kilomètres de pouffes blondasses siliconées et de vieux beaux recuits qui arpentent la Croisette dans l'espoir d'être vus par les photographes cités plus haut ou quelques agents de casting en chasse, des touristes qui cherchent la vedette, des foules qui attendent les vedettes devant les hôtels, des vedettes qui fuient la foule (en ne foutant pas un pied sur la Croisette), des journalistes qui traversent la foule sans que personne ne les emmerde (genre Eric Naulleau) et vedettes qui souhaiteraient bien qu'on les reconnaisse...
 
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Coucou ! Un autographe ? Non ? Personne ?
   
 
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- Putaing, tu crois qu'on verra Eli Semouneu ? - Ou Robert DeNiro ? - Qui ?
 
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2 rayons de soleil et c'est parti : des gens partout...
 
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...partout...
 
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...PARTOUT !!!
 
 Alors, comme vous pouvez le constater, l'agoraphobie n'est pas une maladie recommandée. Pendant 12 jours, la population vivant à Cannes triple : journalistes, techniciens, agents, stars, touristes, proxénètes, dealers, producteurs, etc... Tout le monde vient couvrir... Mais couvrir quoi déjà ?
 
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Pendant ce temps, à Vera Cruz...
 
 Excusez ma confondante naïveté mais quand je regarde (au hasard et sans aucune mauvaise foi qui ferait aller mon article dans la direction souhaitée) Le Grand Journal, j'entends Denisot tout guilleret... Heu, non... Denisot n'est jamais guilleret, il est professionnel ! Bref, l'oeil sur sa fiche, il nous fait la liste des courses en nous énumérant les invités qui vont défiler sur le plateau (et dont la moitié vont les planter au dernier moment). Attention, cherchez l'erreur : Robert Pattinson, Marion Cotillard, Gossip, Valerie Lemercier, Brad Pitt, Pete Doherty, Kylie Minogue, Sexion D'assaut, Romain Grosjean, Orelsan... Alors ? Vous avez trouvé ? Non ?
 
 Deuxième chance. Une émission de M6 où la journaliste présente nous annonce de but en blanc : "Le Festival va s'ouvrir blablabla et que porter à Cannes ?" Ouioui, à l'ouverture du Festival, la question est : quelle mode faut-il suivre à Cannes ? Cherchez l'erreur.
 Alors ?
 Trouvé ?
 La bonne réponse était : le cinéma !
 
 Je vous entends d'ici : Quoi ? Comment ? Mauvaise langue, mauvaise foi et comment tu peux dire ça, d'abord ? Ben, je le dis parce que je peux. La première victime du Festival de Cannes, c'est le cinéma. En même temps, il s'est donné le bâton pour se faire battre. En ouvrant ses portes à un panel de célébrités extérieures à sa manifestation initiale, la Croisette s'est réveillée avec la gueule de bois. Trop intello ? Pas de soucis : en faisant parader l'équipe de football victorieuse de la Coupe Du Monde 1998 sur le tapis rouge, on ne risquait pas l'embouteillage de neurones. Pas assez glamour ? No soucy : on prend trois pouffes célèbres et elles seront les publicités vivantes pour de grandes marques de cosmétiques. Un tour sur le tapis en robe à 200 patates, une moue boudeuse, 386 photographes en apoplexie et c'est dans la boite ! Et le cinéma ? Rââh, venez pas nous gonfler avec les détails !! Allez plutôt manger un bout : avec la tonne de bouffe engloutie (ou jetée) et les litres de champagnes dont le prix par bouteilles équivaut au PIB de l'Afrique du Sud, vous arriverez bien à trouver quelque chose à vous mettre sous la dent.
 
 Si vous êtes attentifs, quelques minutes dans une émission radio ou au vol dans une émission de télé, vous trouverez des commentaires cinématographiques. Mais peu, très peu. Entre l'intensif cirage de pompes et le commentaire acerbe de critiques pétant les plombs sous le soleil cannois en se croyant investis d'une mission de bon goût, vous n'aurez que peu de cinéma. Sous l'opulence, vous n'avez rien. Pas d'émotions, pas de découvertes, pas de sensibilités. Tout se fait dans le bruit, le fracas, au milieu des sifflets, des sièges qui claquent, des scandales foireux et des chronométrages d'applaudissements en fin de projection. Un exemple ? Depuis deux ans, Le Grand Journal nous offre les avis éclairés de critiques au poil concernant les chances de Palme d'Or. En plus d'être à coté de la plaque à chaque fois, je mets au défi quiconque de comprendre une broque à cette séquence. Déjà horripilante en temps normal sous le nom de "crash-test" (je me marre !), ce résumé à 400 BPM des films du jour montre bien comment l'émission phare de Canal traite son sujet : à toute berzingue et dans un gloubiboulga de montage image/son imbitable. Du glamour, du glamour ! Assez de cinéma !
 
 Le préjugé facile de dire que Cannes n'est qu'un repaire de m'as-tu-vu s'entrechoque violemment avec un autre préjugé qui consiste à dire qu'à Cannes, les films sont chiants et qu'on y comprend rien puisque les gagnants viennent tous des pays de l'est, bande de voleurs de poules ! C'est toute la schizophrénie de ce Festival. Une maladie que les producteurs américains ont bien compris. S'ils détestent Cannes et n'ont cure de leur palmarès intello (aux U.S.A., la mention Palme d'Or sur un film fait chuter ses ventes !), ils savent utiliser ce coup de projecteur démentiel à leur escient : investissement en masse au Marché Du Film (devenu le vrai coeur du Festival) et présentation en grandes pompes des machines de guerre (cette année : Madagascar 3). Sans parler des campagnes d'affichage qui retapissent le moindre palmier sur 3 kms. C'est le Débarquement de Cannes.
 
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Oui, y'a du chef-d'oeuvre...
 
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 Little White Lies alias The Little Mouchoirs in french... quand personne ne savait ce que c'était !
 
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 Petite curiosité qui s'ajoute à la loooongue liste des "films qu'on a les affiches du projet mais qu'on a jamais tournés".
 
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 Attention au piège cependant : certains de ces films ont bien été tournés. Sauras-tu les reconnaître ?
 
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 The Muscles From Brussels en pleine retape... Courage mec !
 
 Comme je l'expliquais plus avant, le Festival a donné le bâton pour se faire battre. A sur-intellectualiser la chose cinéma, en huant les succès incontestables (Pulp Fiction) et en sacrant le n'importe quoi (qui se souvient de L'Humanité de Bruno Dumont ?), Cannes a, encore, cette étiquette de festival de films chiants. Et cette étiquette est en partie vraie. En partie car, comme dans une émission télé, la qualité du Président du jury donne le cap. Et, à moins de faire une bourde, quand le membre le plus éminent est américain, EN GENERAL, on récompense du cinéma :
 Eastwood ? Pulp Fiction
 Scorsese ? Theo Angelopoulos certes mais La Vie Est Belle en Grand Prix.
 Tarantino ? Michael Moore d'accord mais Old Boy en Grand Prix
 De Niro ? The Tree Of Life... Bon, là, on peut discuter (mais tout le monde ne peut pas saisir la charge viscérale d'un tel film !)
 
 Et si le Président est important, la sélection joue beaucoup aussi. Il y a peu de chances qu'on retrouve une qualité de films comme l'année dernière (2011) de sitôt : The Tree Of Life, Melancholia, Drive, The Artist, Polisse... Beaucoup de bons films qui, malgré des sujets difficiles, n'oubliaient jamais le grand public sur le bord de la route.
 
 Mais je critique, j'assassine, je honnis ce Festival où le botox a remplacé la beauté et où le paraitre devient une priorité... Il me faut être honnête : je donnerai un bras, une jambe et même une couille pour vivre ce putain de Festival pendant ces 12 putains de jours. L'ambiance électrique, les petits déjeuners à 14h30, les steaks-frites à 17h30 et le repas à 4 heures, la course à la séance entre les sections paralléles, ressortir grisé par un film ou completement deboussolé par une daube prétentieuse, découvrir le futur classique, être toujours surpris de toutes manières... Voir l'équipe du film presenter son bébé devant un parterre de journalistes et de VIP (j'en étais, je me la péte... Bon, c'était pour Copacabana avec Isabelle Huppert et le film a fait 35 sièges à sa sortie mais quand même !! Bon ok, j'avais supplié mes acolytes de l'époque d'aller courir voir La Casa Muda, un film d'épouvante mexicain réalisé en un seul plan-séquence... et j'étais le seul que ça interessait. Mais qui c'est qui s'est payé un remake, hein ? Voilà, fin de la parenthése !)... Pouvoir m'endormir aux films de la selection officielle... Découvrir les gros morceaux de cinéma en avant-première... Et pourquoi pas, après tout, profiter de la vie de la Croisette : les films, les teufs, les pouffes, parler avec Frederic Beigbeder, rencontrer des journalistes que j'adore lire (Christophe Lemaire et... Christophe Lemaire !), m'amuser du Barnum Fellinien qui arpente le pavé cannois pendant ces 12 jours, hanter le Marché du Film et picorer au hasard des flyers les plus improbables, compter les happenings, visiter le reste de la ville deserté, bouffer du cinéma jusqu'à l'écoeurement !!!! Mais comment être écoeuré quand on annonce la projection de la version INTEGRALE d'Il Etait Une Fois En Amerique ! Il Etait Une Fois En Amerique, bordel de putain d'un Luc Besson à la con !!! Un des plus grands films de l'humanité en version remasterisé et rallongé pour une durée démentielle de 4 plombes ! Comment jouer le blasé comme tous ces journaleux qui... STOP ! Je ne recommencerai pas ! Rien que pour ces moments-là, quand le grotesque cotoie le sublime, le médiocre avec le gratin, la forme avec le fond... Pour résumer, le Festival de Cannes est une photo avec un modéle sublime et glamour au premier plan et un allemand en short en train de se gratter le cul derrière. Je continuerai alors à vivre avec ma bipolarité de cinéphage et rien que pour ça : merci !
 
 Bon, sinon, avant de partir, en cadeau bonux, on ne peut l'oublier : La Montée Des Marches !!
 
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 Comme si vous y étiez... Enfin, presque...
 
  Grand rassemblement hétéroclite, grand rituel aussi passionné (on va voir des stars !!) que vain (on voit que dalle !), la montée des marches est le rendez-vous obligatoire de tous les curieux, cinéphiles, mateurs obsédés et retraités. Une visite festivalière sans montée des marches, c'est comme Wallace sans Gromitt : ça ne se fait pas ! Une excitation aussi palpable que la distance est courte mais que voulez-vous... On est une midinette ou on ne l'est pas.
 
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 Un marché de l'échelle en face des marches ? Tiens donc...
 
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 On se rassemble pour la messe...
 
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 Comme j'ai dit et répété : Cannes = grande classe
 
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 Les Marches... Mais là, y'a personne...
 
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 ...Du coup, on se fait un peu chier !
 
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 Les fidéles se massent...
 
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 Et c'est parti : envoyez les vachettes !
 
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 - Putaing, tu le vois Elie Semouneu ? - Ta gueule ! (Remember les échelles au fond ?)
 
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 A l'écran : Mads Mikkelsen, le plus grand acteur du monde ! (De battre, mon coeur s'arrêta)
 
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 Forcement, faut toujours qu'il y en ait un qui se la raconte...
 
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 Noomi Rapace sur les marches, moi derrière mon appareil : comment voulez-vous que ça puisse marcher entre nous ?
 
  Bonne nuit...
 
  P.S. Toutes les photos datent de 2010. Pour les plus curieux, la montée des marches était pour le film de Bertrand Tavernier, La Princesse De Montpensier.
 
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 Wouf !
Par Buster Casey - Publié dans : Des fois, je m'emballe tout seul...
T'en penses quoi ? - Ils sont 2 à avoir écrit !
Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 21:01
 
 
 - Un deux un deux... C'est ok ? On m'entend ? Un deux... Les chauch... Les chaussettes de l'archiduche... Archiduc... Merde ! Allez, ça marche ! 3, 4 ! Mesdames, Messieurs, bonjour ! Gilbert Rossignol à l'antenne. Je suis ici devant le pas de la porte du célèbre, du mythique, du légendaire mais aussi du dépassé, de l'oublié et du désormais has-been Buster Casey ! En effet, après des semaines d'enquêtes fastidieuses et harassantes, j'ai enfin retrouvé la trace de celui que l'on prénommait "l'Axel Rose du blog" dans les milieux autorisés. De la musique inhumaine se déverse par flots entiers de l'intérieur, un intérieur que l'on peut imaginer sombre, désordonné et nauséabond. Un intérieur à l'image de l'homme qui y habite. Mais est-il encore un homme ? Est-il même encore en vie ? Brisons ce suspens maintenant en frappant à la porte. Mesdames et messieurs, la recherche et la découverte de la vérité journalistique exigent très souvent un sacrifice à la hauteur du scoop de l'évènement. Je frappe ! (...) Je refrappe ! Ha ! La musique diminue, j'entends des pas, mesdames zet messieurs, la tension est palpable ici, mon preneur de son est à deux doigts de s'enfuir...
 - Ben... non, pourquoi ?
 - Ta gueule ! Mais je le retiens, il doit voir, il doit savoir, il doit faire partie de l'histoire lui aussi même si l'Histoire réclame des sacrifiAAH la porte s'ouvre médamzémessieux et et et...
 - Oui ?
 - Buster Casey ??
 - Et vous êtes ? Répondez sans crier, merci...
 - Gilbert Rossignol, journaliste d'investigations !
 - Et vous investiguez sur quoi ?
 - Hein ?
 - Vous enquêtez sur quoi en ce moment ?
 - Mais sur vous, voyons !
 - Vous êtes au chômage ?
 - Hein ?? Non mais Buster Casey, la plus grande énigme du net, le blogger mystérieux, l'Axel Rose du blog, le Zor... Ne fermez pas la porte !!! Laissez-moi vous interviouver !
 - Pour quoi faire ? J'ai déjà eu affaire à deux de vos collègues par le passé et je préférerai encore me faire triturer l'anus avec du barbelé en écoutant du Zaz que de recommencer.
 - Putain, c'est bon, il nous la joue vulgaire ! J'espère que tu m'as enregistré ça ?
 - Bon pour le son...
 - Mais ne vous inquiétez pas, je suis un professionnel. Les dérapages de mes collègues ne s'appliquent pas à moi. J'ai déjà interviouvé certains de vos semblables, vous savez.
 - Ha bon ?
 - Oui ! J'ai décroché une interviouw-exclu-mondiale d'Hephaistos639 ! Et je n'en suis pas peu fier !
 - Ben dites donc... Et comment va-t-il ?
 - Je ne sais pas, il n'a pas voulu me parler... NE FERMEZ PAS CETTE PORTE !!!
 - Bon sérieusement, pourquoi vous m'emmerdez ? Vous pouvez pas aller taper à la porte de Lizly ? Même quand elle ne dit rien, elle peut en faire trois paragraphes... Allez l'interviewer et foutez-moi la grappe !
 - Hein ?
 - Lâchez-moi la paix !
 - Que... ?
 - Merde !
 - Un petit mot, s'il vous plaît !
 - Tuc. C'est le plus petit que je connaisse...
 - ... ???
 - (soupir) Bon, c'est quoi vos questions ?
 - Super ! Pourquoi avez-vous arrêté d'écrire ?
 - Parce que je n'avais plus rien à dire.
 - Vraiment ? Pourtant, les gens qui vous connaissent disent que vous pouvez parler de sujets chianpassionnants pendant des heures.
 - Parler et écrire sont deux activités différentes... Et j'ai entendu que vous alliez dire "chiants" !
 - Padutout ! Pourtant les gens qui vous connaissent disent que vous avez une belle plume.
 - Mmmmhh...
 - Un problème ?
 - Nan, je cherchais un jeu de mots avec "plume" mais je n'ai rien trouvé. Pour ce qui est de l'avis des gens... Vu le niveau exécrable de la culture et du savoir à l'heure actuelle, si vous parvenez à écrire quatre lignes en incluant deux mots de plus de deux syllabes, le tout sans faire de fautes, vous passez pour un génie. N'importe qui peut écrire...
 - Pourtant les gens qui vous connaissent trouvent que vous avez du talent...
 - Parce qu'ils sont gentils. Ils ne veulent pas froisser un dépressif potentiel. Et avoir du "talent" est une chose mais quand vous n'avez rien à dire, il ne sert à rien.
 - Et pourquoi n'avez-vous rien à dire ? Quand même, entre votre vie merdique, votre boulot, les élections... Vu votre cinéphilie galopante, des films comme "Le Prénom" ou encore "Mince Alors !" devraient exciter votre sens critique (pub gratuite ! Comprenne qui pourra !), non ? Pourquoi vous vous frottez les paupières ?
 - A ce rythme, vous risquez des séquelles permanentes, vous savez ?
 - Heu...
 - Bon, là, vous êtes comme un des mes articles.
 - Ah ?
 - Ouais, vous devenez super-emmerdant !
 (La porte se ferme)
Par Buster Casey - Publié dans : Rien à dire...
T'en penses quoi ? - Ils sont 3 à avoir écrit !
Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 23:08
 
 
 Ne plus pouvoir parler, c'est le stade ultime. Avant ça, c'est de ne plus pouvoir t'exprimer qui te ronge.
 
 Pour toi, ignare de la psychologie, la perte des émotions et l'impossibilité d'extérioriser cette absence de douleur sont les dernières marches de la dépression avant le bouclage total. Le stade ultime. Fermeture du magasin. Liquidation totale. Mais avant ce silence subie, tu passes par l'impossibilité d'écrire. Et pour toi, l'hermétique du sentiment oral, c'est comme une castration. Tu sens que quelque chose te manque mais tu ne sais pas quoi. Depuis des semaines, tu cherches à comprendre ce qui te perturbe, d'où te vient ce sentiment d'incomplétude.
 
 Tu regardes tes démons dans les yeux. Depuis quelques lunes, tu parviens à faire face à des sentiments qui t'auraient mis à genoux. Tu vis, tu subis et tu digères. Le malheur des autres aide beaucoup, certes, mais tu parviens à gérer ses émotions. Tu te sens plus "fort" dans ta faiblesse. Tu fais face à ce boulot qui aura raison de toi à un moment ou un autre mais tu parviens à rester stable, à presque aimer ça, comme une expérience sado-maso. Parce que ton travail est devenu ta vie, ta dame de coeur, ta résidence secondaire, ton lieu d'expression, ta scène de théâtre, ton lieu de rencontres, ton parc de socialisation. Ton travail sur tes démons, sur tes émotions négatives, ton moi psychologique. Parce qu'il en faut pour rester sain là où tu bosses, tant la névrose peut devenir une maladie transmissible, une tache gluante sur ta peau dont tu n'arrives pas à te défaire et qui te transforme en ce que tu ne veux pas devenir.
 
 Tu tiens ton coeur dans la main. Malgré une succession d'échecs presque méritoires, malgré un comportement illogique prédominant chez tes (non-)partenaires, malgré un célibat et une solitude que tu aimerais rompre, tu parviens à ne pas te briser en morceaux. Aurais-tu mûri, grandi, évolué ? Autour de toi, les gens sont paumés. Les célibataires sont catastrophés, angoissés, tiraillés... Leur avenir est sombre, tout s'écroule et personne ne voudra d'eux ! Alors ils se jettent dans les bras de n'importe qui, histoire d'atténuer leur peine et leur douleur. Ils se disent qu'en couple, c'est la bonne combinaison. A deux, c'est plus qu'à un, non ? Et puis, ils font parties du cercle des "gens en couple". Ils rencontrent d'autres gens comme eux. Des gens ensemble et qui n'arrivent plus à se voir. Car l'autre, c'est l'enfer ! C'est des cris et des larmes, des concessions et un estomac qui se noue. Des tripes qui font mal et des têtes qui bourdonnent sous le crépitement des pensées. A deux, c'est une solitude encore plus présente, une différence encore plus marquante. L'enfer, c'est eux !
 
 Ton démon tient ton coeur dans sa main. Tu le regardes dans les yeux. Tu n'as plus peur de la douleur qu'il pourrait t'infliger. Tu avances et tu tombes. Tu tombes et tu te relèves. Facile, non ? En traversant tout ça, tu t'es même dit que tu pouvais y arriver...
 
 Et soudain, le vide...
 
 Au départ, ce blog n'a jamais été qu'une soupape de sécurité. Tu ne voulais pas parler de toi en tant qu'être. Parler de tes hobbies, de tes potes, de tes petits tracas quotidiens, en bref raconter ta vie. Tu as toujours tenu à parler de tes passions de la façon la plus sincère possible, de faire en sorte que même une personne qui n'y connaîtrait rien puisse être, sinon autant passionnée, au moins intéressée par tes écrits. Mais au départ, tu as écrit parce que tu ne pouvais plus contenir ce qui barbotait dans ta tête. Tu n'as pas créé un blog pour remplir un vide mais pour évacuer un trop plein : un trop-plein de choses à dire et un trop-plein de sentiments qui ne demandaient qu'à être couchés sur une page virtuelle pour exprimer leur souffrance. Tu n'as pas raconté ta vie : tu as hurlé ta mort à visage couvert. Et plus que tout, en liant un ensemble d'articles disparates, tu as laissé parler ces démons, tu les as mis à plat avec toute l'impudeur qu'un pseudonyme peut permettre. Ta frustration d'être humain trop fragile dans ce monde absurde et primitif, ta quête désespérée d'un amour trop destructeur, ta recherche futile d'acceptation par autrui, ton dégoût véritable pour tout ce qui t'entoure et ton besoin presque vital de musique.
 
 Ton blog fut un cri primal. Chaque article naissait dans la douleur. Chaque article te dégoûtait plus que jamais. Pourquoi s'infliger ça continuellement ? Mais quel poids en moins sur la poitrine une fois l'article paru ! Quelle petite fierté de le soumettre à tes 5 lecteurs !
 
 Et puis plus rien ! Plus d'inspiration, plus d'envie. L'impossibilité d'écrire quelque chose qui se tient. De la merde par paragraphes entiers. Tu essayes, tu bloques, tu n'y arrives pas. Tu laisses, tu attends, tu t'occupes, tu oublies. Ton démon a ton coeur dans la main et tu le regardes dans les yeux. Et même ça, tu n'arrives plus à l'écrire. Alors, tu décides de supprimer ton blog. Tu n'as plus rien à écrire qui en vaille la peine. Tu commences à rédiger ton dernier article et même là, tes mots te fuient.
 Et c'est la crise ! Ta douceur de vivre, ton statut d'homme "fort", ta patience, ton sentiment de quiétude et ta gestion des sentiments... Ton paravent a des trous béants. Ton silence embarrassé à parler de toi n'est pas une forme de timidité ou de réserve. Tes doigts suspendus au-dessus de ton clavier, dans l'incapacité de frapper les touches, sont le premier des symptômes. Ton silence a commencé par les doigts. Ce ne sont plus tes mots qui ont fui : ton unique talent est cassé ! Ta capacité à écrire a foutu le camp.
 
 Le démon a ton coeur dans la main. Qui le lui a donné ?
 Tu as essayé, tu as échoué. A qui la faute ?
 Tu sais que tu ne t'accorderas jamais avec la vie. Ce qu'il y a au fond de toi n'est pas qu'un simple jeu d'ombres. Ton démon n'est jamais parti. Il a juste attendu dans son coin. Il a attendu que tu lui donnes toi-même ton coeur. Ce n'était pas un test ou une preuve de courage de ta part. C'était ton allégeance silencieuse. Ton calme n'est pas un signe de maturité : il est ton abandon total. Quelle est l'étape suivante ?
 
 Ton pire ennemi n'a jamais quitté la partie...
Par Buster Casey - Publié dans : Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix
T'en penses quoi ? - Ils sont 4 à avoir écrit !
Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 21:52

40e01 HowToDestroyAngels EP cover

 

 

 Histoire de chambouler un peu plus la logique d'un blog sous perfusion et parce que la frustration de ne rien arriver à écrire de potable depuis plusieurs semaines me donnant envie de coller des coups de boule à mon clavier, je vais vous parler rapidement d'une petite bombe musicale. Oui, je dis "rapidement" car, vu que ce disque va intéresser au bas mot 14 personnes sur la planète et 2 lecteurs de ce blog, je ne vais pas non plus y passer des plombes.

 

 Bref, How To Destroy Angels est le nouveau groupe/projet/terrain d'expérimentation de Trent Reznor, génie et tête pensante de (feu ?) Nine Inch Nails, qui nous a offert quelques disques marquants et marqueurs dont l'immense The Downward Spiral, The Fragile ou Year Zero. Dépressif et drogué, Reznor a touché le fond avant de remonter, chargé à bloc et inspiré comme deux. Résultat, il fait n'importe quoi avec son groupe, le dématérialise (Youpi !!!! L'idée du siècle !), le barre en couilles et se prend le mur. Chapeau l'artiste ! Quand je pense que j'ai trouvé son nouvel album, The Slip, totalement par hasard chez mon disquaire, sans pubs ni annonces, il y a des claques derrière la tête qui se perdent ! Enfin...

 

 Toujours est-il que, désormais marié et avec 20 kilos en plus, Reznor ne reste pas inactif. Producteur, compositeur de la musique de The Social Network de David Fincher (et prochainement de Millenium, apparemment), il lance son nouveau groupe en compagnie d'Atticus Ross (grand bidouilleur d'electro) et sa femme, Mariqueen Maandig (à vos souhaits !), ex-West Indian Girl (non, ne me regardez pas, je ne connais pas non plus...). Et tout ce beau monde de sortir... un album d'indus ! Avouez que la surprise est de taille, non ?

 

 Je passerai sur la notoriété de l'objet (je l'ai entendu la première fois en fond sonore dans un café où je mange régulièrement), signe inquiétant de la volonté de Reznor de se la jouer "artiste rebelle, tu 'ois ?". Mais moquerie mise à part, ce mini album de 6 titres pour quasiment 26 minutes de musique se déguste avec préciosité. Déjà parce que Reznor renoue avec ses premiers amours, à savoir l'électronique froide et les beats syncopés. Pas de guitare du tout mais des machines, des machines et encore des machines. Et surtout, il vous faudra être patient pour apprécier ce disque à sa juste valeur. Totalement anti-dansant, complexe, inconfortable par moments, pollués de bruits parasites par endroits et de sons distordus, HTDA arrive en dépit de tout ça à garder une veine presque pop par la voix éthérée de Maandig. Et l'on se surprend à avoir un refrain en tête que ne gâche pas une instrumentalisation biscornue. Signe des grands compositeurs ! La tonalité générale est des plus sombres, flirtant avec la poésie morbide des premiers travaux de sieur Reznor. Bref, si vous êtes amateur de métal "true", vous allez hurler à la lune. Si vous êtes fan de dubstep, retournez vous branler sur Skrillex. Un album exigeant mais d'une grande richesse sous ses airs abrupts. Un très grand mini album, en attendant un album complet qu'on imagine dantesque de complexité et de spleen. A suivre de près...

 

 Et pour la vidéo, c'est cadeau...

 

 

Par Buster Casey - Publié dans : Débouchez-vous les oreilles !
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 21:51

 

 

 

 Marcher - Tomber - Se relever - Continuer - Espérer - Travailler - S'entêter - Continuer - Croire - Y croire - Encaisser - Résister - Foncer - Se vautrer - Se blesser - Se relever - Marcher encore - Se renforcer - Y croire - Ne pas craquer - Patienter - Lever la tête - Continuer - Attendre - Rencontrer - Espérer - Attendre - Perdre espoir - Encaisser - Marcher, toujours - Rencontrer - Discuter - Plaire - Embrasser - Tomber amoureux - Aimer - Espérer - Aimer encore - Supporter - Encaisser - Rater - Arrêter - Tomber - Mordre la poussière - Pleurer - Attendre - Se relever - Marcher, doucement - Attendre - Se morfondre - Ressasser - Blesser - Se blesser - Se rattraper - Se reprendre - Travailler - S'investir - Patienter - Rencontrer - Passer - Rencontrer - Oublier - Écrire - Écrire - Ne pas oublier - Ressasser - Comprendre - S'effacer - Survivre - Rencontrer - Discuter - Échanger - Croire - Espérer - Rencontrer - Embrasser - Y croire - Aimer - Toucher - Coucher - Se confier - Avoir confiance - Enlacer - Ne pas changer - Être trahi - Se briser -  S'effondrer - Saigner - Pleurer - Rester couché - Abandonner - Détester - Se détester - Vomir - Se vomir - Blesser - Se blesser - Déchirer - Hurler - Ne pas se relever - Poignarder - Arracher - Saigner encore - Mourir, encore et toujours - Attendre - Cicatriser - Pleurer - Désespérer - Se relever - Claudiquer - Avancer - Guérir - Écouter - S'imprégner - S'oublier - S'ouvrir - Apprécier - Découvrir - Rencontrer - Parler - Débattre - Sourire - Rire - Vivre - Attendre - Ne plus espérer - S'effacer - Rencontrer - Rester superficiel - Craindre - Se protéger - S'y faire - Se résigner - Avancer - Marcher - Se cultiver - Sourire - Ne plus espérer - Attendre de mourir - Croiser - Discuter - Sourire timidement - Rougir - Appeler - Rencontrer - Plaire - Avoir peur - Reculer - S'en vouloir - Se ressaisir - Se battre, toujours - Aimer - ???

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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