Qui ? Quand ? Quoi ?

Le RSS n'est pas un revenu

  • Flux RSS des articles

Ils l'ont dit sur ce blog

T'écris quand ? (voir ci-dessous)

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Vous pouvez le faire !

Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 21:52

40e01 HowToDestroyAngels EP cover

 

 

 Histoire de chambouler un peu plus la logique d'un blog sous perfusion et parce que la frustration de ne rien arriver à écrire de potable depuis plusieurs semaines me donnant envie de coller des coups de boule à mon clavier, je vais vous parler rapidement d'une petite bombe musicale. Oui, je dis "rapidement" car, vu que ce disque va intéresser au bas mot 14 personnes sur la planète et 2 lecteurs de ce blog, je ne vais pas non plus y passer des plombes.

 

 Bref, How To Destroy Angels est le nouveau groupe/projet/terrain d'expérimentation de Trent Reznor, génie et tête pensante de (feu ?) Nine Inch Nails, qui nous a offert quelques disques marquants et marqueurs dont l'immense The Downward Spiral, The Fragile ou Year Zero. Dépressif et drogué, Reznor a touché le fond avant de remonter, chargé à bloc et inspiré comme deux. Résultat, il fait n'importe quoi avec son groupe, le dématérialise (Youpi !!!! L'idée du siècle !), le barre en couilles et se prend le mur. Chapeau l'artiste ! Quand je pense que j'ai trouvé son nouvel album, The Slip, totalement par hasard chez mon disquaire, sans pubs ni annonces, il y a des claques derrière la tête qui se perdent ! Enfin...

 

 Toujours est-il que, désormais marié et avec 20 kilos en plus, Reznor ne reste pas inactif. Producteur, compositeur de la musique de The Social Network de David Fincher (et prochainement de Millenium, apparemment), il lance son nouveau groupe en compagnie d'Atticus Ross (grand bidouilleur d'electro) et sa femme, Mariqueen Maandig (à vos souhaits !), ex-West Indian Girl (non, ne me regardez pas, je ne connais pas non plus...). Et tout ce beau monde de sortir... un album d'indus ! Avouez que la surprise est de taille, non ?

 

 Je passerai sur la notoriété de l'objet (je l'ai entendu la première fois en fond sonore dans un café où je mange régulièrement), signe inquiétant de la volonté de Reznor de se la jouer "artiste rebelle, tu 'ois ?". Mais moquerie mise à part, ce mini album de 6 titres pour quasiment 26 minutes de musique se déguste avec préciosité. Déjà parce que Reznor renoue avec ses premiers amours, à savoir l'électronique froide et les beats syncopés. Pas de guitare du tout mais des machines, des machines et encore des machines. Et surtout, il vous faudra être patient pour apprécier ce disque à sa juste valeur. Totalement anti-dansant, complexe, inconfortable par moments, pollués de bruits parasites par endroits et de sons distordus, HTDA arrive en dépit de tout ça à garder une veine presque pop par la voix éthérée de Maandig. Et l'on se surprend à avoir un refrain en tête que ne gâche pas une instrumentalisation biscornue. Signe des grands compositeurs ! La tonalité générale est des plus sombres, flirtant avec la poésie morbide des premiers travaux de sieur Reznor. Bref, si vous êtes amateur de métal "true", vous allez hurler à la lune. Si vous êtes fan de dubstep, retournez vous branler sur Skrillex. Un album exigeant mais d'une grande richesse sous ses airs abrupts. Un très grand mini album, en attendant un album complet qu'on imagine dantesque de complexité et de spleen. A suivre de près...

 

 Et pour la vidéo, c'est cadeau...

 

 

Par Buster Casey - Publié dans : Débouchez-vous les oreilles !
T'en penses quoi ? - Ils sont 1 à avoir écrit !
Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 21:51

 

 

 

 Marcher - Tomber - Se relever - Continuer - Espérer - Travailler - S'entêter - Continuer - Croire - Y croire - Encaisser - Résister - Foncer - Se vautrer - Se blesser - Se relever - Marcher encore - Se renforcer - Y croire - Ne pas craquer - Patienter - Lever la tête - Continuer - Attendre - Rencontrer - Espérer - Attendre - Perdre espoir - Encaisser - Marcher, toujours - Rencontrer - Discuter - Plaire - Embrasser - Tomber amoureux - Aimer - Espérer - Aimer encore - Supporter - Encaisser - Rater - Arrêter - Tomber - Mordre la poussière - Pleurer - Attendre - Se relever - Marcher, doucement - Attendre - Se morfondre - Ressasser - Blesser - Se blesser - Se rattraper - Se reprendre - Travailler - S'investir - Patienter - Rencontrer - Passer - Rencontrer - Oublier - Écrire - Écrire - Ne pas oublier - Ressasser - Comprendre - S'effacer - Survivre - Rencontrer - Discuter - Échanger - Croire - Espérer - Rencontrer - Embrasser - Y croire - Aimer - Toucher - Coucher - Se confier - Avoir confiance - Enlacer - Ne pas changer - Être trahi - Se briser -  S'effondrer - Saigner - Pleurer - Rester couché - Abandonner - Détester - Se détester - Vomir - Se vomir - Blesser - Se blesser - Déchirer - Hurler - Ne pas se relever - Poignarder - Arracher - Saigner encore - Mourir, encore et toujours - Attendre - Cicatriser - Pleurer - Désespérer - Se relever - Claudiquer - Avancer - Guérir - Écouter - S'imprégner - S'oublier - S'ouvrir - Apprécier - Découvrir - Rencontrer - Parler - Débattre - Sourire - Rire - Vivre - Attendre - Ne plus espérer - S'effacer - Rencontrer - Rester superficiel - Craindre - Se protéger - S'y faire - Se résigner - Avancer - Marcher - Se cultiver - Sourire - Ne plus espérer - Attendre de mourir - Croiser - Discuter - Sourire timidement - Rougir - Appeler - Rencontrer - Plaire - Avoir peur - Reculer - S'en vouloir - Se ressaisir - Se battre, toujours - Aimer - ???

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
T'en penses quoi ? - Ils sont 2 à avoir écrit !
Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 14:03

 

 

 

 Sûrement mû par une curiosité morbide (ce qui m'arrive de temps en temps mais pas tous les jours), j'ai consulté les articles sauvegardés de mes publications bloggesques. Ils sont au nombre de sept et ce sont tous des articles mort-nés. Certains dépassent les deux ans d'âge de quelques semaines, d'autres y arrivent bientôt. Certains sont récents (genre début 2011...) et tous ont cette particularité d'avoir démarré sur de bons sentiments, voir même sur les chapeaux de roux roues... avant de s'écraser comme des merdes sur le sol de mon indifférence et de ma déprime chronique. Détail en règle d'avortements littéraires scandaleux (mais l'Histoire jugera !) :

 

 1. Un Son Du Samedi N°6 ! Rafraîchissez votre mémoire, il s'agissait d'une catégorie que j'avais créé il y a de nombreuses lunes et dans laquelle je chroniquais subjectivement des albums marquants ou oubliés. Compte tenu de ma boulimie musicale, un tel projet relevait à la fois du fantasme humide, de l'irresponsabilité parentale et du treizième travail d'Hercule (encore qu'Hercule n'a jamais écouté Burzum ou Killing Joke, me semble-t-il). Bien évidemment, devant l'ampleur de la tâche, ma paresse a pris le pas sur la passion, elle-même fortement érodée par l'accueil à peine polie des premiers articles. Héééééé oui, on a la grosse tête ou on l'a pas !!! Ce sixième numéro réservait pourtant un article pantagruélique sur le double DVD du Big 4 sorti l'année dernière, concert regroupant les quatre grands du Thrash des années 80, à savoir Anthrax, Megadeth, Slayer et Metallica (excusez du peu !). 5 heures de live et un documentaire d'une heure sur les coulisses de l'évènement, il y avait de quoi tapoter. Malheureusement, après quatre paragraphes denses où j'entamais à peine la critique du concert d'Anthrax (qui était... le premier groupe !!), je jetai l'éponge d'un geste ample, à la fois valeureux et dérisoire. Dommage, me diriez-vous, étant donné que j'aurai du dire beaucoup de bien du concert de la bande à Scott Ian malgré un Belladonna un peu à la traîne, que Dave Mustaine a retouché toutes ses parties vocales lors du concert de Megadeth, que Slayer ratiboisait tout le monde (avec un Dave Lombardo absolument impérial et intouchable) en ayant l'air de s'en battre royalement le noeud et que Metallica a fait du Metallica et tient toujours la barre malgré un Lars Ulrich qui reste le plus mauvais batteur du monde (un plan sur deux finit dans les fraises... Chapeau bas !). Ben, tout ça, des nèfles... Si vous voulez en savoir plus, achetez le DVD !

 

 2. La Séance Du Dimanche !!! Qui s'en souvient ?? C'était pourtant la catégorie culturelle qui tenu le plus longtemps : 12 numéros écrits de sang et de sueur ! Là, je dois vous faire une confidence : je n'étais pas peu fier de ces articles ! C'était n'importe quoi, je ne connaissais rien à rien mais je m'en foutais. Le but n'était pas de servir une critique pointue afin de faire avancer la cause cinéphilique (perdue d'avance) mais de sortir de l'ombre des films qui n'ont pas eu leur chance au cinéma ou ont été carrément oublié. D'autant que je défendais les films comme je les dégommais (Max Payne ou encore Truands). 12 chroniques pénibles plus tard, que reste-t-il ? Rien. Un plaisir solitaire épuisant pour un écho inexistant. En même temps, des blogs qui critiquent des films, il y en a à peu près autant que des blaireaux qui posent en lunettes noires sur leur photo profil Facebook. Là encore, la paresse et la vacuité du combat auront eu raison d'une idée pourtant géniale à défaut d'être peu répandue. J'en éprouve un (très) léger regret puisque La Séance N°13, moisie depuis maintenant des mois, portait sur deux films (fromage ET dessert) italiens produits pendant les terribles années de plomb qui ont vu l'industrie cinématographique ritale exploser mondialement. Dans le cas présent, il s'agissait de deux bandes policières, appelées Poliziotteschi, où l'on retrouvait l'immense Tomas Milian, qui a du tourner dans les 3/4 des productions de l'époque. Son personnage était surnommé "Monnezza" ou "La Poubelle" en français et il incarnait un voyou au grand coeur faisant équipe malgré lui avec un flic dur à cuire. Deux pelloches populaires et assez radicales dans leur genre, reflet d'une époque pas si révolue. Deux pelloches qui resteront dans la corbeille à souvenirs... avec la rubrique ! Allez, je ne suis pas chien, je vous donne les deux titres de ces oeuvres fortement recommandables : Le Clan Des pourris (Il Trucido E Lo Sbirro) et L'Executeur Vous Salue Bien (La Bandi Del Trucido).

 

 3. Biutiful devait être l'occasion d'une nouvelle rubrique sobrement intitulée "La Parole A La Défense". Excédé par les jugements à l'emporte-pièce entendus ici ou là sur un peu tout et n'importe quoi, j'avais décidé d'ouvrir une tribune pour défendre avec mes petits poings et mes petits mots des sujets divers et variés sur lesquels je pensais toucher un peu ma bille. Ou au moins, nager à contre-courant. Sur les premiers sujets, je comptais traiter de Lost et de son final tant décrié (que je n'avais pas vu) ainsi que de catch, pour expliquer que ce n'était pas qu'un divertissement pour bas du front. Conclusion : le catch attendra une autre plume pour voir sa réputation lavée et Lost passera pour la série has-been au même titre qu'X-Files avant que je parvienne à savoir comment tout ce bordel se termine (puisque je ne l'ai toujours pas vu !). Pour vous donner une vague idée, je suis en ce moment au début de la 3e saison de The West Wing ! Quant à Biutiful, il aura eu droit à deux paragraphes hésitant et cafouilleux avant de finir à la cave avec les autres. Dire que ce film méritait plus que sa réputation de film-souffrance était méritoire... mais ce n'est pas moi qui l'écrirai pour l'occasion !

 

 4. Un début d'article où je parlais de mon boulot et y décrivais ma souffrance quotidienne. Le moment où j'avais commencé à l'écrire importait énormément. Je m'ennuyais, j'avais de la peine, mon patron était un con, ma vie n'avait guère de but et tout le monde me faisait chier. Bref, la conjoncture parfaite pour un article yoplaboum ! Et ça démarrait fort, avec jet de fiel sur 25 mètres et bile bien acide... et puis plus rien ! Au moment d'attaquer mes collègues, je ne me sentais pas de tirer sur des ambulances et de me donner un beau rôle que je n'ai et ne mérite pas. Par la suite, j'ai distillé des bribes de cet article dans d'autres. Le reste fait du compost au fond de mon jardin bloggesque...

 

 5. Un article sur mes insomnies. Un premier paragraphe interessant et après, la panne séche ! Pas de but directeur, pas d'inspiration et pas un sujet follement passionnant non plus, il faut l'avouer. J'ai quand même réussi à évoquer ce problème pénible dans un article dont je suis sincèrement très fier parce que je l'ai écrit et terminé dans une sorte de transe où tout semble évident, de la construction au choix des mots, et où vos tripes sont directement connectées à votre clavier. Il est plein de défauts et il mériterait d'être recoiffé mais je l'aime comme ça parce qu'il retranscrit exactement ce qui palpitait en moi à ce moment-là. Oui, je me jette des fleurs !

 

 6. Un article appelé "Coeur", à un moment où je voulais intituler chaque article par un organe ou une partie du corps. C'est l'article que je garde depuis deux ans et plus et dans lequel je faisais une non-déclaration d'amour à une personne. Elle n'est pas nommément citée mais suffisamment décrite pour être identifiable. J'ai laissé tomber après une première partie assez ventrue où, à force de reculer pour mieux sauter, je développais une réflexion sur la manière d'écrire nos articles par rapport à la connaissance intime de "notre public", comme quoi il est moins évident d'écrire ce que l'on veut quand vous connaissez la moitié des personnes qui vous lisent que quand vous baignez dans un anonymat douillet, protégé derrière un pseudo débile. Attention, je ne milite pas pour que tous les bloggueurs aient leur identité révélée. Juste qu'il est paradoxalement plus facile de s'ouvrir à des inconnus quand on porte un masque que de se confier à ses amis. Bref, cette partie était assez réussie à mon goût. Après, ça s'empêtrait et le coeur de la chose n'est jamais arrivé. Tant mieux, dirai-je. On a tellement l'occasion d'être ridicule qu'on peut s'en passer de temps en temps...

 

 Et c'est tout. La liste est certes courte mais comme il m'est rare d'entamer un article sans le terminer (ou alors, je l'efface purement et simplement), elle n'en reste pas moins miraculeuse. Je ne vous parlerai pas des articles effacés, ni même de ceux que je pense écrire comme : les bébés, le suicide, le film Triangle, les accroches publicitaires abrutissantes, les magazines pseudo-geek remplis de vent ou comment j'ai raté la plus belle fille du monde et j'en passe... Mais j'ai déjà réussi à écrire un article sur des articles non publiés, avouez que c'est du costaud !

 

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Des fois, je m'emballe tout seul...
T'en penses quoi ? - Ils sont 3 à avoir écrit !
Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 21:46

 

 

 

 Tu en as marre, hein ? Tu aimerais tout envoyer valser sur un coup de tête. Si tu pouvais, tu couperais tout contact. Comme ça, en claquant des doigts. Tu as beau t'être "socialisé", cela te bouffe la tête. Couper Facebook, qui ne sert à rien, serait un premier pas. Supprimer ton blog, que tu ne visites plus, enlèverait un poids. Tu n'as plus envie d'écrire, raconter ta vie ou tes passions qui intéressent quatre personnes et trois bloggers aussi paumés que toi. Tu as un compte FB parce que tu as répondu à l'invitation d'une amie. Tu as une trentaine d'amis et tu communiques avec les cinq même. Et puis tu joues à un jeu de construction de ville. Et ces deux occupations inutiles te crament tout ton temps. Et ça t'énerve d'y rester accroché pendant des heures...

 

 Là, en ce moment, tu en as ras le bol. Mais ça traîne depuis des semaines, en fait. Ce n'est rien de nouveau et c'est justement ça qui finit par te faire monter la pression. La négativité ambiante, celle que tu reçois de tous les cotés. Tu as eu beau prendre tes distances sur tout, l'acidité de tout ce cirque te ronge le moral, ton humeur et ton bien-être mental. La bêtise quotidienne à laquelle tu es exposé tous les jours, tu y fais face. Elle laisse ses traces, ses marques de passage un peu partout en toi. Et le soir, tu moulines. Tes voisins, tes clients, ton boulot, tes amis... Même tes amis ? Oui, parfois, tu décroches. Tu observes des gens en plein déni d'eux-même, au bord du précipice de leur propre folie. Cette folie de reconstruire les débris de leur vie, cette folie d'être heureux à n'importe quel prix, cette folie qui les pousse à des actes et comportements irréfléchis. Cette fuite du temps qui passe, cette angoisse de l'horloge humaine, cette quête désespérée de réussir. Ces sentences sans appel sur la vie, l'amour, le monde, emmenées sans réflexion ni recul. Des gens brisés qui ne prennent pas le temps de s'arrêter, histoire de se poser, de faire l'inventaire, de ne plus suivre la cadence infernale du monde pendant quelques instants. Juste pour se regarder en face, honnêtement. Mais repousser le problème sur les autres ou geindre à longueur de temps... Tu n'en peux plus, hein, mon garçon ? Ces gens qui radotent et parlent avec leur nombril, ils te gavent. Ils te rappellent toi, n'est-ce pas ? Ils te rappellent ce blog, ces discussions interminables où tu justifies ton inaction, ces moments où ton corps et ton esprit ne répondent plus présents. Des fois, c'est horrible tellement leur misère te gonfle et te fait plaisir en même temps. Parce que tu n'es pas le seul à souffrir. Parce que ces gens qui ont toujours la solution évidente à tes problèmes s'en prennent plein la gueule en faisant l'exact inverse de ce qu'ils te préconisaient.

 

 Mais ça aide à te ronger, à te dissoudre le coeur. Tu aimerais tuer tes voisins bruyants ou quand l'abruti d'en face fait chier le quartier en balançant son rap (mauvais, en plus) à fond la caisse le matin. Faire exploser le scooter, la moto et la mobylette à leur conducteur respectif (avec eux dessus, ce serait encore mieux !). Tu deviens vieux et acariâtre et tu n'aimes pas trop ça. Tu serres les dents, tu encaisses. Tu penses à des endroits meilleurs mais tu te dis que l'optimisme compassé, ça ne te va pas. Et ton boulot, n'aide pas. Tu commences à supporter de moins en moins de monde. Tes collègues, concentrés de psychanalyse sauvage et d'électrochocs, paire de claques à distribuer et soupirs forcés (tu ne peux pas tuer les gens, ça reste interdit !). Tes clients, que tu brûlerais volontiers au briquet à essence ou que tu cognerais à loisir. Non, ton boulot t'a cramé et vidé. Tu t'y rends par réflexe, tu passes le temps, tu n'y crois plus...

 

 Tu n'as plus l'étincelle, le petit truc auquel tu t'accrochais pour avancer petit pas par petit pas. Tu es dans l'automatisme de sentiments, tu cours après une impression mais rien de tangible. Ton monde fait de rêves vacille et s'effrite. La réalité est là, elle frappe à la porte, elle s'invite dans ton salon, elle ne s'est même pas essuyée les pieds. Elle ressemble à la Mort. Elle ressemble à une lumière réconfortante. Elle est habillée de noir, elle fume, elle te rit au nez et elle est froide. Elle est habillée de noir, elle te regarde, elle a le coeur qui bat la chamade, elle voudrait que tu l'embrasses.

 Elle est froide comme la Mort et elle t'a arraché le coeur.

 Elle est pleine de chaleur et elle te prend dans ses bras parce qu'elle est brisée comme toi.

 

 Pourquoi ne rappelles-tu pas cette fille ? Pourquoi tu ne te lances pas ? Quelles sont les risques, au pire ? Ta solitude continuera encore quelques années de plus. Pourquoi ne te comportes-tu pas comme le reste de l'humanité ? Juste pendant quelques instants, pas toute ta vie. Prends tes balloches, ton téléphone et tente de faire un pas en avant. Pourquoi tu ne rappelles pas cette fille ? Trop jeune ? Elle t'a ramené à ton âge, elle t'a fait souvenir que tu avançais dans le temps et que tes 16 ans sont bel et bien révolus. Mais elle a de la jugeote et de la vie pour une jeune. Elle a morflé elle aussi. Et quand tu parles, elle t'écoute. Elle est belle, elle te correspond. Elle est le reflet de ton auto-destruction, hein ? Tu as peur de toi, pas d'elle. Tu as peur de glisser un peu trop, d'y prendre goût, de baisser ta garde et de finir en charpie, encore une fois. Tu as peur de cette fois-là, de cette fois de plus, de cette fois de trop. Celle devant qui tu seras sans force ni combativité et devant qui tu abandonneras le combat.

 Elle sera froide comme la Mort et elle t'arrachera le coeur...

 

 Tu es fragile. Pendant longtemps, tu as combattu cette faiblesse, tu as essayé de te corriger. Tu étais malheureux, jusqu'à ce que tu comprennes que cette fragilité faisait partie intégrante de toi et qu'il ne fallait pas l'effacer mais la dompter et la comprendre. C'est elle qui t'apporte la lumière qui éclaire ton jugement comme elle te plonge dans les ténèbres. Elle rend ta solitude plus difficile. Elle rend l'art plus viscéral. Elle rend ton quotidien épuisant. Elle accentue tes instants de bonheur. Elle est la lame sur tes veines et la main qui caresse le visage de celle que tu aimes. Mais elle devient de plus en plus le paravent derrière lequel tu te caches, ton excuse à la fuite. Mais tu sais ce que ça fait quand ça se brise. Tu connais le bruit, tu connais les suites. Tu as atteint ce fond et tu n'as pas envie d'y retourner. Tu laisses aux autres le soin de philosopher sur la vie. Tu as vu tes limites, tu as vu les vraies ténèbres, tu les as regardé au plus profond. Tu t'en es sorti et tu y as laissé des plumes. Tu sais que t'ouvrir est dangereux, que les gens sont maladroits et manipulent les choses sans finesse. Ils font rapidement comme chez eux et laissent un bordel terrible quand ils partent. Tu en as marre d'avoir la boule au ventre, un plomb à la place du coeur.

 Elle a été froide comme la Mort et elle t'a recrachée...

 

 Tu voudrais la prendre dans tes bras. Tu voudrais poser tes mains sur ses hanches. Tu espères. Incroyable, non ? Toi, tu te prends à espérer pouvoir la toucher. Aller au-delà de ta porcelaine intérieure et espérer t'en sortir vivant. Là serait la véritable nouveauté : survivre à un nouvel hiver nucléaire ! Mais tu divagues. Ton blog divague et prend la flotte de toutes parts. C'est la plaie, ce n'est même plus fun, c'est un boulet et une souffrance. Tu n'as plus envie d'écrire. Tu es sec, terne, vide. Plus d'idées, plus de sujets. Tu en as marre de pondre des articles qui te prennent deux semaines à taper, qui te rongent la tête, tout ça pour quatre pelés qui ne percutent rien à ce que tu racontes. Non, ce n'est plus drôle du tout. C'est carrément chiant et ça t'énerve. Ton blog ne te permet plus d'exprimer ton mal-être, il te fait baigner dedans. Mais surtout, quoi faire après ? Une fois que tu auras tout fait sauter, tout couper, brûler tous les ponts qui te relient au reste du monde... Que vas-tu faire ? Attendre ? Attendre quoi ? Attendre que ça vienne ? Qu'un train déraille et te percute ? Ou gagner au loto ? Le changement nécessite une action, une action entraîne des conséquences qu'il faudra assumer et porter.

 

 Elle te manque. Tu temporises tes sentiments, tu restes cool, tu prends les choses comme elles viennent et tu essaies de ne pas transformer le moindre dos d'âne en montagne. Tu gardes la tête tiède. Mais elle te manque. Ses yeux, son sourire et la douceur qu'elle dégage... Ton envie réprimée de caresser sa peau... Tu prends tes distances, un recul cosmique, limite à observer tout ceci avec des jumelles. Tu connais ta capacité à te faire des films insensés, à multiplier l'interprétation du moindre mouvement anodin. Tu as besoin de calme, de sang-froid. Parvenir à ne pas te faire mal volontairement serait un exploit. Tu éteins tes sentiments pour éviter la rechute. Mais tu te sens devenir triste. Tes émotions crépitaient d'une douleur d'enfer mais tu te sentais vivant, prêt à faire n'importe quoi pour les calmer. Aujourd'hui, il te semble que ce calme cache un abandon. Et tu as beau reculer et retarder l'échéance, trouver des excuses ou soupirer que la vie est compliquée, elle a refait battre ton coeur. Est-ce de l'amour ? Est-ce un fragment de vie d'elle qui t'a imprégné quand elle t'a parlé ? Mais depuis, rien à faire. Tes demandes et tes rendez-vous tombent à l'eau à cause d'empêchements ou de moments mal choisis. A croire que le destin veut s'en mêler, te faire tourner en bourrique avant de te recracher. Encore une fois.

 Son coeur bat la chamade. Elle voudrait que tu l'embrasses.

 Quel rêve, hein ?

 

 Tu es au bord de la falaise. En bas, il y a les cadavres de tes rêves, tes espoirs brisés, les os brillants de tes échecs. Ce que tu vas décider de faire, le prochain mouvement que tu vas accomplir sera capital. Tu es arrivé au bout d'une logique, au terme d'une vie qui t'étrangle. Ton prochain geste sera décisif, entraînera de nombreuses choses. Tu fumes le mégot d'une existence terminée depuis longtemps. C'est ça le goût amer que tu as au fond de la gorge. Tu te décomposes de l'intérieur, voilà l'odeur que tu sens tous les jours. Il va falloir un changement radical, le prochain pas est décisif...

 Tu regardes en bas...

 Ta dépression, tes angoisses, ta solitude, ton manque de confiance... Tes amis détestés, tes ennemis si proches...

 Ils sont tous en bas, à t'attendre. Ils t'accueilleront, comme toujours. Tu seras toujours au chaud dans ton malheur, tu ne seras jamais dans l'inconnu. Le Monde n'est qu'un tissu de mensonges, chantent-ils. Tes cicatrices le prouvent, ton coeur piétiné le prouve, ton esprit perturbé le prouve. Reste avec nous...

 Tes sirènes ont raison. Elles ne t'ont jamais déçues. La bonté, la gentillesse, l'amour ne sont que des grenades enrobées de sucre et de bonnes odeurs. On en revient toujours aux mêmes endroits, aux mêmes conclusions : la douleur, la peine, la trahison. A quoi bon vouloir changer quelque chose, au fond ?

 

 Tu regardes en bas...

 Tu es fatigué, tu voudrais dormir. Arrêter ce monde un moment et te reposer. Ne pas devenir ces croulants plein de bile que tu croises tous les jours. Ne pas devenir quelqu'un qui a abandonné le combat. Ne pas te laisser dominer par tes démons, ne pas écouter leurs mensonges. Ne pas te dénigrer. Ne pas te frustrer consciemment pour jouer les victimes. Ne plus rater les départs comme tu l'as si souvent fait. Ne pas rater tes chances. Ne pas rater cette fille qui te sourit comme tu as raté celle qui aurait tout fait pour toi. Ne pas être toi tout le temps.

 

 Tu devrais conquérir plutôt que te détruire !

 

 Ne regarde plus en bas.

 Lève les yeux.

 Que vois-tu ?

Par Buster Casey - Publié dans : Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix
T'en penses quoi ? - Ils sont 3 à avoir écrit !
Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 23:30

 Comme promis, compte tenu d'un choix impossible à faire et de la volonté à respecter une demande pressante d'une amie lointaine, voici la deuxième partie d'un projet qui aura ma peau. Trêve de bavardages stériles, mesdames zet messieurs, accueillez comme il se doit Mes 15 Albums Marquants Part 2 :

 

 

bsb paranoid

 Black Sabbath : Paranoid

 

 Découvert très tardivement par votre serviteur mais volontiers cité par TOUS les groupes de heavy metal du cru, Black Sab' est le géniteur de tout le mouvement musical que nous chérissons aujourd'hui (oui, même toi qui écoutes Lady Gaga !) et dont les riffs fertiles ont ensemencé 98% des formations passées, présentes et futures. Bien qu'empreint d'un fort héritage blues et nanti d'une pochette hideuse, Paranoid, deuxième album du combo est un best-of à lui tout seul. Pratiquement tous repris depuis, chaque morceau invente et réinvente le metal moderne. Du lourd de chez lourd (Iron Man, Electric Funeral) à la ballade acoustico-mélancolique (Planet Caravan) en passant par le tube (Paranoid), Black Sabbath transcendait, en 1970, un style balbutiant. Moins progessiste et chiant qu'un Led Zeppelin, moins symphonique et psychédélique qu'un Deep Purple, le groupe plombe définitivement un courant musical naissant, porté par les riffs diaboliques de Tony Iommi, la basse de fer de Geezer, la batterie-enclume de Bill Ward et la voix inédite de Ozzy "Lord Of Darkness" Osborne, entre plainte et démence. Si le groupe connaitra par la suite de nombreuses vies, il est le seul et unique créateur du genre. Point.

 

 

 

 Sex Pistols : Nevermind The Bollockssexpistols.jpg

 

 Contre réaction à un rock technique et devenu vaguement élitiste (Led Zeppelin en tête), le punk est un cri musical indissociable de son héritage social. La misère, le chômage, la précarité et un avenir sombre furent le terreau nécessaire à la naissance d'un rock radical, jetant les prouesses musicales aux orties pour revenir aux bases : du son, de la révolte, du bordel ! Chef de file de ces musicos venus de nulle part et ne sachant pas jouer de leurs instruments, les Sex Pistols furent le météore cristallisant toute cette anarchie et cette frustration accumulées. Laids, grossiers, approximatifs et revanchards, armé d'un skeud au titre fleuri (en gros, "on s'en bat les couilles !") et porteur de titres phares du rock dont le moindre punk aurait vendu sa crête au diable pour la moitié de ces hymnes (Anarchy In The U.K., God Save The Queen, Holidays In The Sun, No Feelings et tout le reste), cet unique album reste et restera comme un glaviot gras et poilu craché au visage du music business, des costards cravates et de la monarchie. Cramé d'entrée par un producteur véreux, le groupe explosera en vol, laissant Sid Vicious sur le carreau de la postérité. La marque des légendes pour un one shot intemporel.

 

 

 

Iron Maiden - Powerslave

 Iron Maiden : Powerslave

 

 Quand on se dit fan de Metal, il y a des passages obligés. Iron Maiden en est un ! Ainsi, si un glandu vous bourre le mou de sa passion "métal" et vous assène qu'il n'aime pas Iron Maiden, collez une baffe à cet imprudent et jetez-le aux orties, ça lui fera circuler le sang ! Maintenant, que dire sur cette légende vivante du Heavy Metal qui n'ait pas déjà été dit ? Que Steve Harris est un compositeur génial, que Bruce Dickinson est l'un des meilleurs frontmans de tous les temps, que le groupe a en son sein deux des plus fines gâchettes guitaristiques, que le groupe a signé des albums de référence dans le genre que nous chérissons, qu'il a aligné un nombre de tubes intouchables à vous foutre le vertige ? Toujours imité, jamais approché ? C'est vrai, que dire sur le plus grand groupe de heavy metal du monde ? Ben... Que s'il faut en choisir un, votre serviteur choisirait celui-ci. De sa pochette sublime à la tournée pharaonique qui s'en suivra, Powerslave est l'album qui a mis Maiden sur orbite pour ne plus l'en faire redescendre. Musicalement, on n'en est même plus là : les cinq atteignent un tel niveau que c'en est indécent. Pas une seconde de perdue, aucun titre en trop et une pièce maîtresse (Rime Of The Ancient Mariner) de 13 minutes qui clôt un véritable chef-d'oeuvre. Quant à ceux qui n'ont pas vu la lumière, laissez-les dans leurs orties...

 

 

 Slayer : Reign In Bloodreign-in-blood

 

 1986. Depuis quasiment quatre ans, la scène Thrash se développe. Née des déflagrations impies de Venom, cette version accélérée et sans pitié du heavy metal fait des petits. Anthrax a porté le premier coup avec Fistful Of Metal, suivi de près par Metallica et son évocateur Kill'Em All, puis Slayer avec son non moins évocateur Show No Mercy avant que Megadeth ne ferme le bal avec Killing Is My Business... And My Business Is Good ! Même si moultes autres formations apparaitront par la suite, ces quatre-là formeront les fameux Big 4 ou les quatre cavaliers de l'Apocalypse du genre (A noter l'exxxxcellent DVD sorti l'année dernière dont je vous parlerai peut-être un jour !). Bref, depuis quatre ans, toutes ces formations sortent des albums impeccables et ouvrent une nouvelle voie au metal. Mais, en 1986 donc, Slayer décide, sciemment ou non, de ne plus partager le trône et de porter seul la couronne. Cette revendication prend alors la forme d'un album, Reign In Blood. Et c'est le traumatisme auditif ! Il suffira au groupe de 28 petites minutes pour asseoir sa suprématie avec un disque où tout va trop vite, véritable avalanche de riffs, de cassures rythmiques, de soli savonettes et de VITESSE, portée par un batteur qui entre d'emblée au panthéon des plus grands. Attentat sonore dont la polémique engendrée ne s'éteindra jamais, à cause de textes férocement morbides, Reign In Blood a pris 50 ans d'avance sur tout le monde, tuant la scène d'un coup. Avant, il y avait des groupes de Thrash. Après, il y a eu des groupes qui faisaient ce qu'ils pouvaient. Et au milieu, plus rien !

 

 

 

indexNirvana : Nevermind

 

Dans la famille "classique", je demande le fils. Obscur groupe de rock énervé, auteur d'un premier album assez bruitiste et brouillon très inspiré par les cousins de Sonic Youth et enregistré pour 650 $ selon la légende, Nirvana aurait dû connaître un succès d'estime grandissant avant de devenir une formation culte vénérée une fois le groupe dissous. Manque de bol pour lui, leur leader Kurt Cobain deviendra le héros d'une adolescence angoissée, souffrante et mal dans ses pompes... comme lui ! Loin d'un attirail glam flashy typique du rock fin 80, Nirvana (et sa suite) allait remettre en avant les fringues trouées et le pantalon qu'on sort même pas pour les poubelles. Mais aussi balancer une grenade dégoupillée dans un paysage musical en total décalage avec les angoisses qui étreignaient la jeunesse à l'aube de la nouvelle décennie. Guitare rugissante, basse fuzz et batterie de bucheron mettent en musique un spleen inédit dans une Amérique fric. Manifeste rock dans toute sa splendeur, sujet à polémique débile entre métalleux mongolos qui ne parlaient que de technique et de rockeurs crétins qui suivaient le sens du vent, avalanche de hits prouvant que l'équipe savait composer des CHANSONS, Nirvana, en un single bien balancé, entre en osmose totale avec son nom. Des cîmes que Kurt Cobain paiera au prix fort, après nous avoir donné d'autres excellents albums. Rançon cruelle pour une gloire éternelle. Mais putain, quel album !!!

 

 

Rammstein : Muttermutter

 

 Ils sont allemands, chantent dans la langue de Goethe, pratiquent un métal industriel martial et mettent, au sens propre, le feu sur scène. Après deux albums, un live explosif et un monumental coup de pouce de David Lynch qui les incluera dans la B.O. de son film Lost Highway, les propulsant sur le devant de la scène, Rammstein sort ni plus ni moins que son meilleur album à ce jour. Prouvant au reste du monde que l'on peut avoir du succès à l'international sans obligatoirement avoir recours à l'anglais, Rammstein a décroché la timballe à force de travail. Il a ajouté quelques grammes de finesse dans sa mixture, rehaussé les mélodies, durcit le ton là où il fallait tout en gardant son identité. Beau et glauque, violent et épique, incroyablement pop avec un son de tank Panzer, Mutter prouve avec éclat que le groupe peut toujours signer des tubes fédérateurs (Sonne et Ich Will qui donneront par ailleurs les deux meilleurs clips du groupe) emplis d'une émotion trouble, tout en flirtant avec le second degré et les sujets sensibles (la Mort, la sexualité, le transexualisme, la drogue... ce qui nous change de la pédophilie, du meurtre et de la sodomie des albums précédents avant d'aborder de front l'homosexualité, la baise et le cannibalisme sur les suivants). Quand on sait les relations houleuses et tendues qu'entretiennent les membres à chaque enregistrement, la qualité qui en ressort tient du miracle, tant l'album produit un effet de passage en boucle sur la platine. Loin de moi de dénigrer l'excellence du travail accompli sur les disques suivants, d'authentiques réussites, mais jamais le groupe ne retouchera un tel niveau.

 

 

 

SWALLOW-THE-SUN-NEWMOON-COVER1Swallow The Sun : New Moon

 

Carrière interessante que ce groupe qui nous vient du nord de l'Europe. Pratiquant un doom/death d'école, Swallow The Sun nous délivre deux premiers albums bien comme il faut, à la production propre et aux chansons carrées. C'est posé, c'est en place mais... l'alchimie prend peu. Le succès grandit néanmoins et surtout, le groupe mûrit. Après un Hope à faire passer My Dying Bride pour un groupe de reprises de La Compagnie Créole, arrive New Moon. Dès le premier morceau, These Woods Breathe Evil, c'est la grosse baffe. Une puissance écrasante menée par un tempo enlevé, un chant diabolique et une mélodie omniprésente mettent les choses au clair : on ne rigole plus. Et on ne rigolera pas une seconde tout au long de cet album sombre où la lourdeur n'occulte jamais la fragilité des mélodies et la palette vocale étendue du chanteur, alternant growl et chant clair délicat (Falling World ou New Moon et son refrain au bord du sanglot). Une puissance émotionnelle très forte se dégage de ce disque remarquablement digeste compte tenu du genre dans lequel il évolue (le doom/death pouvant vite virer au rébarbatif), puissance qui trouve son apogée dans un monumental Weight Of The Dead, à l'ouverture hystérique et à la conclusion radicale de tragédie, cortége funéraire musical rythmé au son d'une cloche atone et d'un choeur lugubre. Le voyage est sans retour mais il est magnifique.

 

 

Faith No More : Angel Dustangeldust

 

Si un groupe mérite amplement l'étiquette de fusion, c'est bien lui. Inclassable, mélangeant allégrement metal, pop, claviers, chants indiens, chorale d'enfants, piano jazz, vocaux hystériques... La surprise est totale d'un morceau à l'autre, un éclatement musical qui a été critiqué à sa sortie, certains spécialistes ronchons pestant du manque d'homogéneité du disque. Mais pouvait-il en être autrement d'un groupe qui a toujours chamboulé les codes et dont le précédent titre de gloire, Epic, invitait chant rap, refrain pop et guitare quasi-maidenesque au sein d'un même morceau ? Faith No More ose tout et ne se refuse rien, marque de fabrique de leur son. Iconoclaste jusqu'au bout, la bande reprendra le Easy de Lionel Richie et I Started A Joke des Bee Gees version crooner. Mais le carton planétaire n'attendra pas ces reprises jugées opportunistes par quelques mal-éclairés venant après la bataille. Midlife Crisis passe en boucle sur MTV, avec sa rythmique tribale, son ambiance étrange et son chant de taré et c'est le début de la gloire. Une gloire qui se batira au terme de tournées harassantes et de première partie de luxe (Metallica et Guns'N Roses, à qui ils collent une rouste un soir sur deux). La suite est dans le ton : le guitariste hirsute se barre, l'album suivant appuie encore plus sa difference. Mike Patton, leur exceptionnel chanteur, lancera une multitude de projets tous plus fous les uns que les autres. Le groupe a splité, s'est reformé pour une tournée mondiale... Que dire d'autre ? Qu'Angel Dust est un chef-d'oeuvre !

 

 

 

0802644811420.jpgSteven Wilson : Insurgentes

 

Oui, stop, arrêtez de crier !! Je ne vais pas en rajouter plus encore sur ce disque dont j'ai déjà du vous parler 132 fois. Pour une chronique et des sentiments plus détaillés, je vous renvois directement ici et . Sinon, ce sera juste le meilleur album que vous écouterez de votre vie. Hein ? Et l'album de Lady Gaga ? Ouste ! T'es pas sur Skyblog, là !!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shining : V4260037849836.jpg (Halmstad)

 

Même si la photo a été "noirci" pour éviter un scandale, un procés, une censure et quelques atermoiements, l'idée est là : suicidez-vous ! Plus choquant qu'une image gore avec des zombies cannibales, Shining nous renvoie dès la pochette à nos instincts et à nos sentiments les plus sombres. Et musicalement, c'est encore pire. D'un black metal ralenti et crasseux du début, le groupe et son maitre à penser dérangé Niklas Kvarforth a grandi et évolué musicalement. Et V : Halmstad est son pic et, paradoxalement, une abysse. Celle où Kvarforth met en musique une dépression suicidaire absolue, mélange incandescent de guitares cradingues et de parties acoustiques déchirantes, d'un chant hystérique et de voix claires remplies de larmes. Artiste borderline pronant l'auto-destruction et adepte des scarifications (pas une photo ou un concert où il ne se taillade pas les bras !), Kvarforth et SON groupe, Shining, vous font plonger dans les ténébres d'un esprit dérangé. Un voyage torturé et tortueux à la puissance émotionnelle décuplée par les dites parties acoustiques capables de fendre n'importe quelle armure, renforçant la négativité virale des morceaux. Un album aux contrastes tranchées, repoussant et fascinant, d'une dangerosité rare mais avec ce petit goût de revenez-y impalpable. Compositeur de génie mais profondement perturbé, Kvarforth aura précédé la sortie de ce disque d'un petit scandale fumeux (il a disparu pendant 6 mois sans donner de nouvelles avant de réapparaitre en plein concert du groupe, grimé comme à Halloween). Les albums suivants seront très bons, dont VII, absolument excellent même si frustrant, mais aucun n'aura autant l'impression de vous tailler les veines comme celui-ci, créant presque à lui seul le courant de Suicidal Depressive Black Metal. Tout est dit...

 

 

nin.jpgNine Inch Nails : The Downward Spiral

 

Restons dans l'allégresse et les couleurs chatoyantes avec NIN. Point de black metal et de guitares heavy mais... des machines ! Beaucoup de machines ! Et pour les grattes, oubliez les soli et autres performances du cru, on n'est pas chez Dream Theatre. Elles ne servent que de tapisserie au reste, rajoutant un peu plus de bruit à l'ensemble et sont aussi sales que le T-shirt d'un chanteur de hardcore après un concert. Vu le succès confidentiel du "groupe" en France, alors qu'il écoulait des albums par camions aux States, et le peu de curiosité musicale de mes camarades lycéens (qui marchaient aux branleurs stériles de manches), j'étais bien seul à adorer ce morceau de charbon. Car oui, noir c'est noir, avec NIN, il n'y a plus d'espoir. Rien. Nada. Peau de zob. Musicien très perturbé, drogué mais farouchement génial, Trent Reznor met en chaos un mal-être insoutenable, une furie débridée de machines électroniques pour exorciser ses démons intérieurs. Un combat presque perdu d'avance tant la noirceur du projet vous saisit à la gorge. Drogue, solitude, oppression, dépression, sado-masochisme, suicide, mort... Trent Reznor nous fait tout le panel ! Et si quelques moments calmes permettent de respirer ça et là, ce n'est que pour s'enfoncer encore plus l'instant d'après dans un déluge de sons mécaniques (Reptile mixé par Robocop) telle une véritable spirale négative entrainant le pauvre auditeur vers une conclusion inévitable. Conclusion emmenée par un Hurt fané, passé, laissant Reznor exsangue et qu'on imagine pendu à son micro, les veines ouvertes. Il faudra des années, un double album autiste (The Fragile) et une tournée épuisante avant que le leader de NIN sorte enfin la tête de l'eau et developpe d'autres thématiques, d'autres sons et d'autres ambitions. En attendant, cet album froid comme la Mort fait figure de pièce maitresse dans son oeuvre.

 

 

Pearl Jam : Tenpearl jam

 

Dès son premier album, Pearl Jam réussit le hold-up parfait en proposant un classique instantané ! Et je le dis car j'ai dû user mon lecteur à force d'écoute de cette pépite de rock. Balancé dans le panier grunge comme tout un tas d'autres groupes qui n'avaient rien à voir musicalement, Ten reste une bombe dans le paysage musical du moment. Si Nirvana explosait ses guitares dans son Nevermind, Pearl Jam tricote des mélodies et des chansons faussement simples. Le niveau est élevé (sans être non plus du progressif, faut pas déconner !) et les musiciens touchent leur bille. Les deux guitaristes se complétent pour former un entrelac de riffs à siffler sous la douche, le batteur est une vraie pieuvre et le bassiste suit sans peine. Mais surtout, tout cela ne serait rien sans ce qui a fait, selon moi, le succès du groupe : Eddie Vedder, le chanteur. Un vrai chanteur avec du coffre et une palette d'émotions incroyables. Il ne beugle pas mais quelle puissance ! Et surtout, il tenait la corde live, ce qui n'était pas donné à tous ses camarades. Concerts où le groupe était proprement intouchable tant l'énergie électrique et physique qui s'en dégageait était étourdissante. Un album de rock comme on en fait plus, sincère et touchant, profondement ancré dans les angoisses adolescentes de l'époque, période où le rock savait traduire cette frustration avec de vraies chansons "populaires". Sur ce point, l'album aligne un nombre de tubes frisant l'insolence quand il ne marque pas l'histoire du rock de son empreinte avec Alive et Even Flow, probablement deux des meilleures chansons jamais écrites, juste à coté de Smells Like Teen Spirit et Would?. Par la suite, le groupe a suivi son chemin, sortant de bons albums mais loin, très loin de faire la moindre petite trace d'ombre à celui-ci. Juste un peu immortel, quoi...

 

 

dirt2hcAlice In Chains : Dirt

 

Autre larron dans la bande des quatre qui formèrent le mouvement "grunge", Alice In Chains est le plus heavy du lot. Grosse guitare bien lourde sur des chansons biens mastocs hantées par le jeu de double voix du guitariste Jerry Cantrell et du chanteur Layne Staley. Et autant dire que ça cauchemarde sec dans ce deuxième album d'une des formations les plus sinistres du genre précité. Si le grunge cristallisait les angoisses d'une jeunesse déboussolée à l'aube des années 90, Alice in Chains marque celles-ci du sceau du désespoir. D'une incroyable noirceur et d'un ton sans appel, Dirt porte bien son nom. La Mort, la drogue, la rupture amoureuse, la perte du goût de vivre et le suicide donnent la substance à une collection de chansons à forte majorité pesantes et, surtout, au fort potentiel anxiogène. Layne Staley vomit tout son dégoût et sa frustration dans des textes ne souffrant d'aucune interrogation (Dirt). En fait, il n'y a guère de choses à dire autour de cet album tant il paraît évident, sincère et douloureux. Un groupe qui ne se cache pas et qui ne prétend pas. Une honneteté qui se soldera par un carton mondial, une place au soleil et une chute vertigineuse, laissant le pauvre chanteur, drogué jusqu'à l'os, sur le carreau. Encore un qui n'aura pas su dompter ses démons. A croire que les classiques définitifs se payent à ce prix...

 

 

Ministry : Psalm 69MinistryPsalm69Front

 

Oeuvre charnière (pour ma pomme) dans sa carrière, jusqu'alors cantonné à n'être qu'un groupe industriel goth un peu trop timide (même si ses débuts electroniques n'ont pas à rougir) et après avoir trempé un orteil timide dans l'indus légèrement plus sale avec The Mind Is A Terrible Thing To Taste, Ministry nous fait une crise de croissance immédiate avec ce Psalm 69 de malheur. Et dès que retentissent les premières notes, l'auditeur innocent se retrouve plaqué au mur, impuissant devant un tel déluge sonore. Triple couche de guitares au bord de l'explosion, vocaux carbonisés, batterie pilon, gavé ras la gueule de samples, indus martial et noise terrible... Autant dire qu'en 1992, l'apocalypse avait pris vingt ans d'avance ! Même les groupes de Death Metal les plus furibards de l'époque n'arrivaient pas à rivaliser avec ce véritable totem oppressant, tout entier érigé au Dieu du bruit. Bombe nucléaire dans le paysage indus, mélange toxique de métal prenant violemment à sec les machines (ou l'inverse, je ne sais plus !), Psalm 69 est l'Attila musical de ce début de décennie. Encore plus fortiche, le groupe se paye deux classiques, le politique N.W.O. et son tempo hypnotique et le férocement binaire Just One Fix. Culte, classique, intouchable, séminal et toutes ces sortes de choses. Le groupe continuera sur la voie de l'expérimentation, proposant des albums sans cesse differents mais toujours interessants avant de tirer sa révérence avec son tryptique contre l'administration Bush Jr. Mais pour combien de temps ?

 

 

my-dying-bride-the-angel-and-the-dark-river-front-cover-422My Dying Bride : The Angel And The Dark River

 

Quand on décide de se donner comme nom de scène "Ma Fiancée Mourante", il est évident que les chansons sonneront plus comme une balade au cimetière du coin par un clair de lune de décembre que d'une reprise du Tirelipimpon. Et c'est le cas avec ces tristes sires anglais, pratiquant un doom/death d'école. Comprendre : pas de passages gentillets ou de mélodies guillerettes. Ce sera gris, triste et cafardeux. Maintenant, vu qu'il s'agit du dernier album chroniqué ici, je me dois d'être honnête : je n'ai jamais écouté cet album en entier ! Déjà parce qu'il est particulièrement plombant, à faire pleuvoir dans votre salon ou votre chambre dès que le disque tourne dans la platine. Ensuite parce que le morceau d'ouverture, The Cry Of Mankind, est juste à rester sans voix. Une mélodie entêtante répétée à l'envi, des guitares prêtes à se pendre, un piano qui égrene ses dernières notes et quand le chanteur prend le micro, c'est la cerise sur le tube de tranxène : possédé, enregistré au fond d'un puit et récitant d'une voix atone des paroles totalement déprimantes. Une telle pièce servie d'entrée et c'est tout le reste qui en pâtit ! Résultat, vidé et extenué par une cartouche de ce calibre, il reste peu de force à l'auditeur pour continuer son périple. Non pas que le reste des titres soient moins bons... Mais ils ne sont pas de taille. Et vous non plus !

Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ?
T'en penses quoi ? - Ils sont 4 à avoir écrit !
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés