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Mercredi 18 novembre 2009
 En ce moment, j'écoute ça :


 C'est le groupe principal de Steven Wilson, le mec qui a fait ça :


 Je ne vais pas en reparler (j'aurai l'occasion de le faire plus tard de toutes façons...) mais je vais vous causer du premier qui se balade depuis un bout de temps dans mon lecteur MP3. C'est à écouter absolument. Déjà parce que c'est Steven Wilson et parce qu'il a gravé des titres hallucinant de beauté sur cet album. Way Out Of Here, My Ashes, le dernier tiers d'Anesthetize ou le magnifique Sentimental. Forçat de travail, musicien admirable et surdoué, intelligent et humble, Steven Wilson est un type extra et très sympa en interview. Sa musique reste une bulle légère, belle et mélancolique, qui arrive à toucher sans tomber dans le pompier. A découvrir si votre ORL est un mec réglo.

 Sinon, j'écoute aussi ça dans mon baladeur :


 Et ça m'arrache le coeur à chaque écoute, pour des raisons personnelles mais aussi musicales. C'est heavy, ça riffe sec mais ça chante divinement bien, les refrains sont limpides et l'émotion vous colle à la peau. Après, j'ai aussi ça :


 C'est français, c'est féroce, c'est sombre et ça revient de loin. De trèèès loin. Après, il y a celui-là que j'ai du mal à écouter :


 Pas parce que c'est mauvais, loin de là. L'ex-chanteur de Reverend Bizarre pousse la voix dessus, la qualité est garantie 100% doom origine contrôlée et c'est une tuerie. Mon soucis, c'est qu'une chanson, Death Bride, me colle une angoisse de tous les diables. Véridique. Ma dernière écoute m'a pratiquement paniqué. Bon, c'était pas une bonne période d'un point de vue personnel mais wow... La crise ! Alors, pour me remettre, j'écoute ça :


 Si Baudelaire vivait aujourd'hui et faisait du metal, il chanterait dans Katatonia. C'est dit. Sinon, j'aimerai bien écouter celui-là, par curiosité :


 La pochette est suffisamment barrée pour attirer mon attention. Et si vous croyez que je n'écoute que du metal, vous avez tout faux puisque j'écoute aussi ça quand je fais mon lit :


 :)

 Bonne nuit...
Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Mercredi 11 novembre 2009

 Quand j'avais 16 ans, je ne pensais pas dépasser la trentaine.

 Surtout que je ne voulais pas vivre aussi longtemps, en fait. J'ai vécu ce que vivent bon nombre de personnes à cet âge. On est mal dans sa peau, mal dans ses pompes, on a des boutons sur la gueule, on ne sait pas, on ne se connaît pas. J'étais une sorte de geek version light. Je dis light parce que la vigilance familiale m'empêchait de plonger complètement dans un univers parallèle. Limitation de la télévision, surveillance de mes activités (maigres, ce n'était pas le plus fatigant), surveillance de mes fréquentations (comme le lait, on tourne vite mal à cet âge), limitation de l'ordinateur... Ce flicage qui venait d'un bon sentiment n'a pas été trop éprouvant. Il m'a permis de forger une petite personnalité, un esprit, une culture faite de livres, de musique et de films regardés en famille (avant que la télé française ne découvre la poule aux oeufs d'or des séries américaines).

 Quand vous êtes tout gosse et que votre univers se résume à des dessins animés, à des BDs, des livres, à bien travailler en classe, à être considéré comme beau et intelligent par votre entourage, quand votre vie se résume à ne rien craindre, à vous persuader que tout ira bien, le moment où vous percutez la réalité, l'instant où tous vos os se brisent net sur le mur de ce qu'on ne vous a jamais dit... Vous grandissez trop vite, la tête vous tourne et c'est à vous de prendre le bon (?) chemin. Je n'ai jamais pu parce que je n'ai jamais aimé le monde que j'ai découvert.

 Vous grandissez trop vite. La somme d'informations que vous devez ingurgiter en un temps record est monstrueuse. Et ce n'est pas dû à votre culture ou à votre éducation car les règles que vous devez apprendre, toutes celles que vous ne connaissez pas, la culture et l'éducation n'y ont pas droit de cité. Il s'agit d'être cool, il s'agit d'être culturellement dans une moyenne confortable (médiocre, en gros), de bien se marrer tout le temps, pour n'importe quoi. Il s'agit juste d'être con. Et pour être con en masse, cela nécessite des codes à apprendre : vestimentaire, musical, culturel, linguistique...

 Vous grandissez trop vite. Vous n'arrivez pas à vous caler dans le monde extérieur, vous ne trouvez plus la place dans votre monde intérieur. Il faut que vous poussiez les murs, changiez la couleur, déplaciez les meubles... Mais ça ne suffit pas. Vous n'êtes bien ni dedans ni dehors. Votre entourage social est stupide à 99% et ne vous accepte pas. Votre entourage familial ne vous comprend pas et ne vous comprend plus. Vous changez et vous n'aimez pas ça. Vous avez mal et ce que vous devez devenir pour calmer cette douleur ne vous plaît pas plus. La schizophrénie vous guette. Le petit garçon souriant que vous étiez voit ses yeux s'assombrir et son sourire s'effacer. Vous ne vous aimez plus. Vous ne vous aimez plus parce que vous ne savez plus qui vous êtes. Vous grandissez trop vite et vous perdez le chemin, avec cette angoisse intangible de ne jamais vraiment le retrouver un jour. Votre moi en formation entre en dissonance avec une réalité crue. Votre moi connaît une croissance troublée, qui vous poursuivra longtemps.

 Vous grandissez beaucoup trop vite. Vous ne connaissez rien à la vie donc vous ne savez pas qu'un jour, vous vous en sortirez. Malgré votre prise de contact avec le monde, vous ignorez que cela finira. Là, vous avez 16 ans. Vous êtes fragile et sans défense. Vous vivez un amour d'adolescent poète, parce que vous adorez la poésie, cette façon de parler de l'âme et de l'amour avec des jolies phrases. Vous vous trouvez laid et sans intérêt. Vous ressentez, vous voyez poindre un début de douleur inimaginable, vous frôlez un paroxysme qui ne demande qu'à éclater. Alors, parce que vous êtes trop lâche pour vous ouvrir les veines, vous décidez de vous créer un double. Un autre, une façade, quelqu'un qui vous permettra de tenir face au monde réel. Au fond, vous serez toujours le même mais votre masque vous permettra d'endurer votre peine, votre jumeau prendra les coups et les rendra. Il sera l'homme sans honte, sans remords, celui qui fera payer ce monde, qui le regardera dans les yeux. Et vous créez un mur infranchissable entre vous et le reste de l'humanité. Vous vous protégez derrière et vous attendez, vous attendez le moment où tout ce bruit prendra fin.

 Vous grandissez encore et encore. Votre sexualité vous rattrape, vos hormones vous triturent. Vous écoutez les exploits sensationnels de vos camarades, leurs histoires de cul, leurs "femmes", leur avance sur la vie. Vous, vous rêvez de l'amour, vous tricotez vos poèmes dans votre tête, vous imaginez le jour où une belle fille tombera amoureuse de vous, vous comprendra et tout ça. Vous laissez votre double déblayer le terrain. Vous passez le temps, vous ingurgitez de la culture et de la "sous-culture". Vous creusez votre différence et votre marginalité. Et vous aimez ça. Vous aimez tellement ça que votre personnage finit par se fondre avec vous-même. Vous commencez à vous croire. Vous détestez le monde, vous êtes misanthrope (merci Jean-Baptiste !), vous êtes un romantique suicidaire... Le porno vous gagne. Vous devenez un romantique fasciné par l'éjaculation faciale. Vous développez votre maladie, votre cancer de l'âme.

 Le temps passe. Vous ne grandissez plus. Votre cancer, si. Vous sortez du lycée, vous atterrissez à la fac. Vous ne savez pas quoi faire de votre vie, dans tous les sens du terme. A la fac, vous glissez, vous vous paumez complètement. Votre personnage est là mais vous suffoquez. Vous vous laissez mourir, pardon, vous vous laissez vivre dans l'apathie. Vous multipliez les échecs. La vie semble vous avoir lâché sur le bord de la route.

 Vous avez arrêté de grandir. Vous stagnez, léthargique et indifférent. Vous laissez filer vos chances. Vous repartez de zéro. Comme vous n'espérez plus rien, comme personne ne croit en vous, vous vous lancez dans la bataille sans regards en arrière. Quelque part, vous avez atteint une sorte de liberté. Vous n'avez plus d'entraves. Et, effectivement, les succès surgissent. Petits mais concrets. Et pour la première fois depuis longtemps, vous vous sentez bien. Vous semblez comprendre le monde ou, du moins, vous acclimater à lui. Mais à force de trop y croire, vous faites un faux pas fatal. Pour la première fois de votre vie, vous tombez amoureux. Une personne incarne sous vos yeux votre parfait fantasme passionnel. Ce n'est pas une coïncidence. Ce ne peut pas être une coïncidence. Cette fille doit vous revenir : sa beauté, son charme, son intelligence, son sourire...

 Vous recommencez à grandir, malgré vous. Mais cette croissance fera des dégâts irrémédiables. Premieramour vous bombarde de ses phéromones. Vous êtes le même nigaud mais dans un corps d'adulte. Le seul problème, c'est que votre coeur va battre plus fort que ne le supportera votre personnage... et vous-même. Ce travail sera long, long et éprouvant. Et vous perdez cette bataille. L'ennemi(e) a infiltré vos lignes et a placé ses charges dans les endroits stratégiques. Vous vous battez avec l'énergie du désespoir, en chantant un Te Deum déplacé. Mais clic... Tout explose. Vous vous effondrez en larmes, sans musique dramatique.

 Quand j'avais 23 ans, je ne pensais pas dépasser la trentaine. Quand j'avais 23, je croyais que ma vie était finie. La carapace que j'avais forgé a explosé en mille morceaux. Plus de protection pour mon petit coeur. J'ai 23 ans, je suis fragile et sans défense. Mais j'ai un but. Finir ma fac. Pendant cette période, je rencontre Meilleurami, ma seule béquille fiable à ce moment-là de ma vie. Il est comme moi, perdu et écorché. Je rencontre beaucoup de gens. J'en ai perdu de vue la majorité, j'en ai gardé ou retrouvé une poignée. Ils m'aident à grandir sans le savoir. Quand je passe mon année de maîtrise, je n'ai jamais autant eu confiance en moi et en mes capacités.

 Et quand je finis ma fac, je dérive de nouveau comme une bouteille lancée à la mer. Je passe une année à glander, une année à passer un concours que je rate. Et j'explose de nouveau. Je craque sous le poids de mon propre espoir. Je rate mon concours, je rate Premieramour. J'ai 26 ans et je ne pense pas dépasser 30 ans. Ce n'est pas loin me direz-vous. Mais je suis dévasté, au fond du fond. Et même si la Mort n'est plus une idée aussi obsessionnelle, elle reste une option réconfortante. Je me dis que si je me relève de ça, je me relèverai de tout...

 Je me suis relevé. J'ai continué. Mais les coups que j'encaisse désormais font plus de dommages qu'avant. Mon blindage ne tient plus, n'est plus reconstructible, n'est plus garanti. La couche de protection est partie, me soumettant à cru aux émotions, aux vagues de sentiments contradictoires et blessants. J'ai l'impression d'avoir régressé, que l'apparition de cette hypersensibilité était logique après ces années de réclusion et d'étouffement mais que mon incapacité actuelle à la contrôler est un échec. Pour certains, c'est une qualité. En ce qui me concerne, j'aimerai parfois être comme mon binome, capable de se détacher de ses émotions. J'aimerai pouvoir faire ça, mettre sur pause, bloquer le flux, prendre du recul et réfléchir dessus. Mettre en correspondance mon coeur et mon cerveau, les faire travailler ensemble.

 Je trouve un boulot. J'ai 26/27 ans, je suis seul mais ce n'est pas un problème et je grandis encore un peu plus. Une croissance naturelle. Et voilà...

 Aujourd'hui, j'ai dépassé la trentaine (de peu, restons coquet !) et j'ai l'impression d'avoir 16 ans. Aujourd'hui, je n'ai pas la pensée de ne pas franchir un certain seuil mais j'ai peur de savoir combien de seuils je vais franchir et dans quel état je vais les franchir. J'ai subi la souffrance d'une rupture injuste et humiliante et j'ignore si j'en suis guéri. Cellequej'aimais s'est perdue à jamais dans les brumes de sa folie égoïste. Cellequej'aime se mordille la lèvre inférieure, indécise et imprécise quant à ma place dans son regard. Je ne dis rien, je ne précipite rien comme j'ai pu le faire avant. J'en souffre en silence, étranglant ma tristesse par divers moyens. Je me dis que tout cela est futile, que j'ai tort et que mon instinct, mon coeur si perméable et mon increvable optimisme romantique vont encore me pousser dans les orties avec, à l'arrivée, des écorchures, des blessures, des cicatrices et des larmes. Mais un coin de mon esprit est habité par l'envie d'y croire, encore...

 J'ai dépassé la trentaine. J'ai arrêté de grandir pour commencer (je dis bien "commencer") à mûrir, même si, pour moi, cela est souvent synonyme de désillusions. La ligne est alors mince entre mûrir et pourrir. Cela doit dépendre du poids de ces fameuses désillusions, de nos regrets et du prix de nos leçons apprises. Je suis seul et ça me pose problème parce que mon coeur commence à se languir d'être solitaire et de n'avoir personne à qui parler. J'ai des amis, fidèles et aimants. Des gens formidables qui ont cherché une âme derrière ce mur d'isolement. Meilleurami est toujours là, indéfectible, sa main sur mon épaule étant à la fois un geste rassurant, amical mais aussi préventif, si jamais l'idée me viendrait de tomber. Mon binome me tient l'autre épaule. Je suis plus vieux qu'eux (1 an pour Meilleurami, plus pour binome) mais j'ai toujours l'impression qu'ils sont mes grands frères bienveillants, s'assurant que je ne tourne pas mal.

 Le gris est de retour. La Mort a retrouvé son giron, une place de réflexion à la table des concertations. Beaucoup de choses l'éloignent ou mettent un veto à ses propositions. L'angoisse est là aussi et sa voix est plus forte. C'est une habituée. Les négociations sont ardues, douloureuses et longues. Je ne devrai pas me plaindre. D'autres personnes souffrent plus que moi et dans un silence courageux tandis que je chouine pour une écharde dans le doigt. Mais je n'aime pas qu'on me vole ma tristesse sous je ne sais quels prétextes, comme quoi "la vie est dure". Je le sais et cette philosophie à la con m'insupporte. Parce que, dans cette optique, on peut toujours chercher pire et se dire que nos soucis quotidiens ne valent rien.

 Quand j'avais 16 ans, je ne pensais pas les avoir de nouveau en écrvant un blog.

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix
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Mercredi 4 novembre 2009

 Se lever tous les matins est un challenge, je ne vous apprends rien. Mais il y a des jours où le sort va vous montrer qu'il ne vous a pas oublié. Une petite ironie, une propension maladive à l'angoisse et le tour est joué.

 Ce matin, la pile de mon baladeur MP3 est morte.

 Donc, plus de musique.

 Le choc est arrivé en pleine chanson de Spiritual Beggars pendant que j'attendais à un feu rouge piéton. Clic. En une seconde, plus de jus, plus de grattes maousses, plus de voix rugueuse, plus de blues-rock gras comme un kebab frites chez l'arabe du coin. Juste le son du monde extérieur. J'ai rapidement pris sur moi, question de sang-froid. Trop loin de chez moi pour y retourner chercher une nouvelle pile et trop en retard aussi (et puis un tram qui approchait au loin), j'ai pris mon courage à deux mains : pas de MP3 aujourd'hui !

 On a beau se dire que le monde est dur, qu'on est dépressif, que notre esprit torturé est un ennemi à combattre constamment, que Cellequej'aime ne restera qu'un surnom débile et que mon coeur ratera un battement à chaque fois que ses yeux se poseront sur moi et qu'on est capable de tout abandonner sur un coup de tête. On se dit qu'on assiste à un dérèglement humain quotidien et que rien ne pourra l'enrayer, qu'avoir des enfants dans ce monde est un acte égoïste et meurtrier et que l'amour a depuis longtemps abandonné ce globe (comme Dieu). On a bien BEAU de se dire que l'on travaille avec un groupe de gens adorables mais dont les psychoses respectives finissent par brûler une motivation défaillante, qu'abandonner n'est pas une solution même si on a VRAIMENT envie de passer la main à quelqu'un d'autre, histoire de pouvoir dormir un peu, enfin. On cherche tous les jours à panser ces blessures, nouvelles et anciennes, en espérant qu'elles arrêtent de saigner un jour et qu'elles arrêtent d'apparaître aussi.

 Bref, on se forge un faux mental d'acier pour parvenir au bout de cette journée qui va mélanger le travail éreintant, l'amour déçu, le ressentiment, la tristesse et la fatigue... et là, votre lecteur MP3 Creative MuVo100 2Go vous lâche. Comme ça. Clic.

 J'ai tout tenté : la réanimation (marche pas !), la menace (s'en fout !), la supplication (pareil !), l'espoir (je vous ai dit que j'étais désespéré). Au final, je me suis retrouvé à affronter le tram et l'extérieur sans protection musicale. Vous le savez mais je le précise encore : la musique est ma drogue, l'équivalent de l'air à respirer pour un être vivant. C'est mon Temesta, mon Doliprane, ma Vicodine, mon Tranxene, mon Prozac 1000... La musique est mon courage, mon baume réparateur, mon attelle de l'âme, mon expression sentimentale... Des fois, ça ne marche pas car on ne répare pas tout et les pires blessures avec de la pommade mais la musique est la chose la plus importante pour moi.

 Et me voilà à affronter le monde extérieur, sans aide ni soutien décibellique. Ce qui m'a permis de me raccorder un temps au monde extérieur. Morceaux choisis.

 "Alors là, le mec, style, il m'a quand même dit qu'il avait été séduite par mon intelligence !" (Hoooo admiratif d'une foule de deux copines) "Hé ouais, c'est trop mignon. Pourtant Xav', c'était une tronche le mec mais lui il m'a (suite incompréhensible)"

 "Et toi ? T'as quelqu'un ? C'est trop mignoiiiiiiiiiiiii"

 Oui, pour la dernière, ne me demandez pas. Je pense qu'il y avait un dérèglement des circuits qui faisait que chacune de ses phrases se terminaient par un "iiiiiiiiiiii" frisant l'ultrason. Et moi, je regardais mon baladeur, petit oisillon sans vie dans ma main. (soupir).

 Toujours est-il que, une fois rentré maison, une nouvelle pile a remplacé l'ancienne, bordel de merde ! Il n'est pas dit que j'affronte de nouveau un monde hostile sans munitions !

 ...

 ça change un peu, non ?

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Dimanche 1 novembre 2009

 Elle est là, bien présente. Ma boule sur l'estomac.

 Pendant un moment, j'ai réussi à la tenir à l'écart. A l'éloigner de moi. A lui faire face. Mais à croire que je lui manque, elle revient sans cesse. Ce poids écrasant sur la poitrine, sur le ventre. Ce truc immatériel qui vous appuie et qui vous fait mal, un mal de chien. Entre la douleur de l'âme et la présence dérangeante. Cette boule que votre esprit vous fabrique tranquillement dans un coin de votre crâne et vous balance à l'instant adéquat pour réaliser un strike de toute beauté.

 Cette boule, c'est dedans et dehors. Elle est le fruit d'un travail patient d'évènements extérieurs qui laissent des traces. Des traces qui sont mixées, cuisinées et servies chaudes par notre psychologie intérieure, tout ça pour en faire un beau condensé de névroses, un vrai festin de stress qui feront la joie de vos intestins. C'est la recette miracle de peurs, de rêves brisés et de souffrances existentielles. C'est notre désespoir par le menu.

 Ma boule est faite de peur, d'angoisses passées et à venir, de plans sur la comète, d'amours déçus et d'un amour infaisable.
 C'est une transition qui se fait dans la douleur.
 C'est un blog muet.
 C'est Cellequej'aime.
 C'est Cellequej'aime avec quelqu'un d'autre, cet inconnu à venir qui me la prendra sous mes yeux.
 C'est moi impuissant, victime d'une injustice.
 C'est la difficulté d'être quand on se déteste.
 C'est un personnage créé il y a 17 ans qui ne veut plus partir.
 C'est une lutte incessante avec soi-même.
 C'est l'impossibilité d'être aimé quand on arrive à peine à se trouver des qualités.
 C'est la volonté de se laisser mourir parce que plus rien n'en vaut la peine.
 C'est faire mal à ceux qu'on aime parce qu'on paraît toujours ce que l'on n'est pas.
 C'est une fragilité et une hypersensibilité destructrices.
 C'est une haine qui flambe comme un feu de forêt.
 C'est être à la merci d'un destin sarcastique.
 C'est une quête désespérée de la paix intérieure.
 C'est donner des leçons et tirer la couverture à soi.
 C'est être le voisin de douleurs habituelles.
 C'est ne plus faire la différence entre ce qu'il y a derrière soi et ce qu'il reste devant soi, tellement le paysage est désolé et désolant.
 C'est être le témoin d'un monde qui va aux chiottes et du malheur de notre entourage chéri.
 C'est le nombrilisme, l'égoïsme et l'auto-affliction comme médaille et trophée.
 C'est savoir qu'on arrivera jamais à être heureux.
 C'est ne pas pouvoir trouver quelqu'un à qui dire qu'on en peut plus, que cette vie est épuisante et qu'on souhaite en finir au plus vite.
 C'est ne pas arriver à avouer qu'on a envie d'abandonner, dans un dernier acte privé.
 C'est se forcer à se lever tous les matins pour affronter une journée merdique et que l'on n'a plus de motifs pour le faire.
 C'est la peur, à tous les étages.
 C'est se demander quand arrivera le moment où je passe mon tour, où je quitte la partie pour me mettre à vivre et à aimer et laisser le malheur à un autre candidat.
 C'est le visage d'une fille que l'on aime. C'est la fabrication du fantasme de l'amour salvateur.
 C'est une suite de choix dont on ne se débarrasse jamais des conséquences.
 C'est savoir que notre malheur n'est rien par rapport à d'autres personnes mais que malgré tout, le notre est insurmontable.
 C'est essayer de changer...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix
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Vendredi 23 octobre 2009

 J'adore mon binome.

 Je continue à l'appeler "binome" au lieu d'"ex-binome" parce qu'au fond, 3 ans d'activités quotidiennes communes, ça ne s'efface pas d'un simple changement de poste. Aujourd'hui, même si notre distance de travail s'est réduite, ce n'est plus du tout pareil. Pendant 3 ans, je savais qu'en poussant les portes de mon boulot, je le trouverai à son poste, un paquet de biscuits à coté de son ordi (parce qu'il était encore parti à l'arrache à 6h54 et qu'il n'avait pas eu le temps de déjeuner alors que sa mobylette était tombée en panne devant son train qui était en retard à cause d'une grève surprise) et qu'il avait posé sur mon bureau un article du Métro du jour supposé m'intéresser (en général, oui). Je savais qu'il aurait une histoire pas possible à me raconter sur un malheur qui lui serait arrivé à lui ou à sa copine ou aux deux en même temps. Ou un film d'horreur vu sur NT1 ou NRJ12, avec des fourmis mutantes qui font fuir les saumons des rivières (ou un truc comme ça, j'ai jamais vraiment compris). Ou un livre qu'il était en train de lire. Ou un deux trois films qu'il avait vu dans la nuit, avant de me lâcher un "j'suis claqué, moi !". Et ce n'était rien par rapport au retour de week-end où nous devions aligner une heure de travail effectif dans la matinée, tellement le debriefing était long.

 Je regrette ce temps. Rien n'est éternel, je sais. Mais je regrette ce temps où je savais que, quotidiennement, je revoyais quelqu'un sur qui je pouvais compter. Tant sur le plan du travail que sur le plan humain. Bien sûr, mon cher binôme n'était pas Meilleurami, avec qui nous formions une dream-team féroce. Évidemment, mon cher binome s'égarait par moments  dans une volonté de faire la blague absolue qui pouvait effriter ma patience (très limitée). Bien entendu, sa logique imparable et le fait qu'il avait rarement tort arrivaient à toujours m'emmerder, là où j'aurai souhaité une compassion feinte. C'est tuant, quand on est une grande chose fragile, de voir sa logique passionnelle s'échouer comme une merde face à une logique toute rationnelle... et réaliste. C'était un peu le caractère de notre duo : le rêveur d'absolu et le réaliste pensif. Le cynisme et le stoïque. L'impatience contre le calme olympien.

 En fait, mon cher binôme n'a jamais cherché à me juger ou à juger qui que ce soit. Un principe souvent trop appliqué à mon goût (il n'y a pas à être trop tolérant avec des intolérants, eux ne le seront pas avec vous. Non, ce n'est pas de moi...) mais qui lui a toujours permis de me donner des conseils avisés. Longtemps, j'ai cru qu'il ne savait pas y faire alors que ce bougre attend juste le bon moment. Tout est organisé dans sa tête et, même si c'est un cancre en orthographe (et je suis gentil), il est imbattable à l'oral.

 Inutile de se voiler la face dans ce blog : si mon binôme me manque, c'est que je n'ai plus quelqu'un à qui me raccrocher. Il a toujours été là quand j'allais mal. Il a été là quand j'ai coulé à pic après le crash avec Cellequej'aimais. Il m'a soutenu, encouragé et ne m'a pas berné avec des contes de fée. Sur le moment, c'est effroyable parce que vous ne voulez pas entendre quelqu'un qui a raison. Mais à force, il m'a permis de me remettre sur pieds. Et aujourd'hui, alors que je traverse un sentier inconnu dont j'ignore moi-même la destination (mais j'ai une idée...), il s'efforce d'être là, autant qu'il peut. Comme tout ami s'efforce de le faire.

 Ce qui me fout la trouille, ce sera son absence, quand il quittera son boulot et que là, je n'aurai plus l'occasion même de le croiser. Et que je devrai couper le cordon et faire face à mes démons. Sa présence, même silencieuse, est une bouffée d'oxygène et un espoir. Parce que, même si j'essaye autant que possible de ne pas le faire, je sais qu'il est là, à portée de mains, pour pouvoir m'épancher si les cicatrices s'ouvrent à nouveau. Mais quand il ne sera plus là ? Qui pourra m'apporter de la gaze et du mercurochrome quand j'aurai l'âme pleine de bleus ? Je ne cherche pas une infirmière à plein temps mais, en tant que pleureur professionnel, mon cher binôme était mon coté humain. Ma peur n'est pas seulement de voler en éclat sous la pression mais de redevenir une armure blindée, protégée contre tout ce qui vient de l'extérieur. Il me mettait son pied au cul, osait aller plus loin qu'un simple "après tout, c'est aussi ta vie, tu te débrouilles". Car cet inconscient croit en moi, comme si je faisais partie de sa famille.

 Parce que, quoi qu'il en dise, sous cette apparente nonchalance et "logic attitude" se cache un coeur énorme qui a aussi peur que le mien de ce qu'on va faire avec. Comme moi, mais avec plus de talents, mon cher binôme est un sensible qui se dissimule. Mais lui a le courage d'aller à la rencontre des autres et d'être TOUJOURS présent pour eux même si cela ruine son capital santé.

 Tout ça pour dire que cet imbécile me dit constamment que ce qu'il préfère dans mon blog, ce sont les posts perso, ceux où je parle de moi. Alors, je vais lui faire plaisir : tu vas me manquer, grand con !

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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