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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 22:07

 Hello ? Vous vous souvenez de moi ? Hein ? Oh, je ne vous en veux pas, c'est compréhensible...

 Je reparais aujourd'hui pour me faire un peu d'auto-promo. Mon absence n'est pas simplement  la conséquence d'une profonde paresse. Oui, j'étais mal au moment de couper la communication et j'avais besoin d'un éloignement indéterminé de ce blog. Oui, rassurez-vous, je me sens toujours perturbé dans les boyaux de la tête. Ne jouez pas les vierges effarouchées, cela va remettre ce blog sur les rails. Ha, vous voyez que vous souriez !

 Oui, éloignement, isolement, problèmes externes, démons intérieurs, hôpital, travail, dépression et choux à la crème forment ainsi depuis un mois un vigoureux cocktail d'émotions remuantes. On a beau vouloir s'échapper, prendre ses distances, essayer de feinter... ben, ça ne marche pas. Ce que vous êtes, ce qui fait votre force, ce qui vous détruit, tout cela est chevillé à vous et se rappelle à votre bon souvenir quand il faut. C'est pénible de vivre avec soi, je l'ai déjà dit. Alors, au temps vous prévenir maintenant, je vais le répéter. C'est comme ça, vous avez eu un mois de vacances, fallait en profiter !!

 Bon, tout ça pour dire quoi ? Que je n'ai pas chômé malgré tout et que j'ai pensé à vous tout ce temps. Et comment j'ai pensé à vous ? Hein ? Pardon ? Ah non, ça c'est dégueulasse ! Et puis, y'a des mecs au milieu en plus... Ggghhh !!! Reprenons : j'ai bossé. Et je suis fier de lancer une nouvelle rubrique : la rubrique des "films que vous n'avez pas vu". Et vous vous demandez pourquoi...

 Primo, c'est une idée qui me tenait à coeur. Cela faisait une paye que je ne fournissais plus mes critiques navrantes et ce n'est pourtant pas faute d'aller au cinéma. Juste que je n'avais plus envie, je ne trouvais plus ça utile. C'est con parce que le principe du blog, c'est pourtant d'écrire des tonnes d'articles nombrilistes en étant persuadé qu'ils incroyablement palpitants et foncièrement excellents. En ce qui me concerne, je trouvais que mes critiques ne trouvaient pas d'écho et étaient aussi utiles qu'une critique normale, consultable dans des organes spécialisés. Et puis, en triturant le concept et sentant toujours cette forte envie de partager mes coups de coeur ou coups de gueule, j'ai eu cette idée. C'est pas révolutionnaire, je vous l'accorde mais j'ai surtout cédé à un plaisir purement onaniste. Je pourrai vous dire que ça vient du coeur et que j'ai besoin de faire circuler mon besoin de culture mais je ne me fais pas d'illusions. Pourquoi ? C'est le secundo. Si j'ai appelé cette rubrique comme ça, ce n'est pas par hasard. La majorité des films que je vais chroniquer n'ont pas eu de véritable chance de percer, d'être reconnu et d'être vu. Faute à une sortie salle purement technique, soit à un direct-to-dvd honteux, ces films n'ont pas trouvé leur public et/ou n'ont pas eu le rayonnement qu'ils méritaient. Il s'agit aussi de réhabiliter des films passés en trombe et complètement ignoré ou snobé par une presse arthritique et/ou un public amorphe. Bref, il s'agit d'une rubrique "zorro" servant simplement à épancher mon ego sur-dimensionné et à étaler mes miettes de culture en faisant croire que j'en connais un bout. Vous verrez, l'effet est immédiat, d'autant que ce bougre d'Hephaistos a décidé de s'y mettre aussi.

 Après, on peut rêver, peut-être que mes critiques pourront pousser votre curiosité à vérifier par vous-même. Je me doute que la totalité des films ne tomberont pas sous le coup de cet instinct, vu que je visite des genres à chaque fois très différents. Donc, soit vous tombez sur un genre de votre convenance, soit vous êtes diablement ouverts. Ce qui m'incitera à ne pas fermer boutique.

 Ensuite, il faut aussi préciser une chose : je ne suis pas un professionnel de la profession. Mes critiques sont des critiques de passionné. Donc, avec toutes les erreurs et approximations que cela suppose. J'ai conscience d'avoir oublié des choses, des points "importants" mais ce n'est pas mon métier, je ne suis pas payé pour ça. Mes chroniques ont pour but de vous distraire dans le pire des cas. Je sais que la précision n'a pas lieu d'être mais bon, on vit avec son ego, hein...

 Enfin, ces petites merveilles d'écriture (ego, ego, egooo...) seront disponibles tous les dimanches en début d'après-midi. J'ai essayé de rendre quelque chose de correct mais ne vous attendez pas à des merveilles d'HTML, c'est pas marqué Lizly, là...

 Voilà voilà. Sur ces bonnes paroles, je vous dis à la prochaine. Vous m'avez manqué...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Rien à dire...
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 22:21

 Comme vous l'avez remarqué, il ne se passe pas grand-chose sur ce blog. Abonné absent, coma artificiel, crise léthargique, chômage technique, etc... Bref, ça frise le dépôt de bilan cette histoire. Rassurez-vous : même si j'applique ce que j'ai écrit récemment (repos culturel), je n'en oublie pas ce blog. Et je suis même en train de préparer un petit truc sympa (sans plus). Patience, patience, tout vient à point... En tout cas, merci à vous de continuer à le faire tourner via vos renvois dans vos articles, ça évite l'arrêt cardiaque. Et comme je n'ai pas envie de partir comme ça, je vais vous faire un petit point inutile sur les disques dans mon MP3 en ce moment. Je sais, c'est inutile mais c'est rigolo (pour les initiés, les autres retournent à leurs sudoku).

  1. Anathema : A Natural Disaster

  2. The Parlor Mob : ...And You Were A Crow

  3. Ihsahn : AngL

  4. Alice In Chains : Black Gives Way To Blue

  5. Goatwhore : Carving Out The Eyes Of God

  6. Mastodon : Crack The Skye

  7. Mass Hysteria : Failles

  8. Steven Wilson : Insurgentes

  9. Ghost Brigade : Isolation Songs

  10. Emperor : IX Equilibrium

  11. Diablo Swing Orchestra : Sing-Along Songs For The Damned & Delirious

  12. Amorphis : Skyforger

  13. Green Carnation : The Quiet Offspring

  14. Them Crooked Vultures : Them Crooked Vultures

  15. Shining : VI-Klogapsalmer

  16. Isis : Wavering Radiant

  17. Walls Of Jericho : With Devils Amongst Us

  18. Amon Amarth : With Odin On Our Side

 Et comme je suis pas un chien, vous avez même droit aux derniers Cds achetés

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 Et sur ce, bonne nuit...
Par Buster Casey - Publié dans : Rien à dire...
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 19:00

 En général, le matin, après m'être douché, lavé et séché les cheveux, habillé et préparé, je me rends à la cuisine pour mon petit-déjeuner. Le silence règne dans les pièces et dans ma rue. Mes parents dorment toujours (oui, je vis avec mes parents, ça te défrise ?) et l'eau bout. Bref, dans ce moment impalpable où le temps semble suspendu à la cuisson de mon eau, je m'emmerde. Le silence, c'est beau mais ça m'angoisse avant de partir me faire chier au boulot. Donc, en général, le matin, je mets un disque. Avant quand je commençai beaucoup plus tôt, je regardais La Matinale. C'était bien, je grappillais des morceaux d'infos diverses et c'était assez divertissant pour démarrer du bon pied.

 Maintenant, je mets un disque. Résultat, je peux passer trois bonnes minutes à scruter mon armoire à CDs afin de trouver LE disque qui va donner le La de ma journée. Du death-metal qui tache si je suis mal réveillé, du rock si la journée s'annonce mitigée, expérimental quand je sens que la journée ne recèle pas d'horreurs particulières. Bref, dès le matin, MUSIK !!

 Sauf un matin... Mon père étant tombé du lit et ayant atteint la chaîne du salon avant moi, nous eûmes droit à la radio et à Europe 1 pour être exact. Et, à cette heure-ci, c'est Fogiel qui officie. Vous savez, Fogiel, celui qui mordait ses invités aux mollets et étalait sans honte une culture faite de fiches préparées par ses assistants-stagiaires. Ben lui, il travaille sur Europe 1 maintenant. Et il épouvante les gens qui osent se réveiller tôt. Bon, l'avantage de l'écouter quand je déjeune, c'est Nicolas Canteloup. Il officie pile à ce moment-là et c'est un bon quart d'heure d'humour décapant qui met en jambe. Bref, Canteloup ayant fini son oeuvre, j'entends alors Fogiel lancer le sujet du prochain débat : "Avatar : chef-d'oeuvre ou juste une prouesse technologique ?". Autant dire que ma bonne humeur s'est effritée assez vite, imaginant à la vitesse grand V les poncifs et conneries qui allaient sortir d'une telle discussion. Je pars donc me laver les dents et, à mon retour, le débat avait commencé.

 - Et je passe la parole au journaliste de Telerama, qui n'a pas aimé le film apparemment.
 - Non, en effet. J'ai le souvenir d'un truc vaguement bleu tout en images de synthèse (il papote deux conneries puis) et puis on rentre dans un monde avec des arbres partout, les êtres sont bleus, les animaux ont six pattes, je suis désolé on comprend rien, rien n'est expliqué. Au moins dans Star Wars, on sait pourquoi les animaux ont six pattes...

 J'ai cherché un siège, tremblant et transpirant. Et alors que j'essayais de reprendre mon souffle, la parole est donnée aux auditeurs.

 - Alors Dupont, vous l'avez aimé le film ?
 - Ben, non. Le scénario est classique de chez classique avec les méchants militaires et tout... Et puis en plus, la 3D du film est pas impressionnante. Vous allez dans des parcs d'attractions, vous avez des attractions en 3D beaucoup plus réussies. En fait, le film est en relief, il n'est pas en 3D alors du coup...
 - Ho la la, hé ben, le film s'en prend pour son grade. Et vous Machine, vous avez aimé ?
 - J'ai aimé ma parole, comme il est trop bien ce film !!

 Bon, là, je me suis levé pour partir en prenant soin d'éteindre ma chaîne et non de la bousiller du pied. Avouez que partir au boulot déjà énervé, c'est frustrant...

 Que retenir de cet étalage de stupidité ? Qu'Avatar ne doit son succès impressionnant au simple fait qu'il faille mettre une paire de lunettes sur le nez ? D'autres films en 3D sont déjà sortis, ils n'ont pas faits 10 millions d'entrée France et un demi-milliard de recettes US en cinq semaines. Ils n'avaient pas le même nombre de salles ? Ok... N'empêche qu'ils n'ont pas eu de succès, 3D ou pas (Avatar est aussi diffusé en 2D). Si je résume la pensée critique, le seul exploit technologique permettrait ainsi de déplacer plus de 10 millions de spectateurs devant un film de 2h41, payé plus cher (à cause des lunettes). Chapeau ! C'est effectivement digne d'un Telerama (qui n'a jamais vu Star Wars, apparemment) !

 Donc 3D + scénario apparemment simpliste = baraka ! Vu que ce sont les mêmes critiques qui avaient accueillis Titanic (et je ne parle pas du Seigneur Des Anneaux), on peut s'interroger sur l'état de la critique cinéma en France. Passéiste, décatie ou complètement à la ramasse, elle ne vit encore (comme ses cinéastes d'ailleurs) que sur une culture du mot et non de l'image. Considérer Avatar comme un "simple" exploit technique consiste à enlever au film toute sa substance magique, son message écologique évocateur, son rejet de toutes formes de militarisme, sa condamnation sans appel de l'espèce humaine (le héros abandonne définitivement sa dépouille corporelle pour devenir un vrai Na'vi) et son incroyable instinct de destruction et de cupidité. C'est interdire au film son message pacifiste et son magnifique romantisme qui fait palpiter le coeur. C'est nier le pouvoir de conteur de James Cameron et son sens aiguë de l'image et de la narration. C'est volontairement faire fi de sa capacité à utiliser l'outil 3D pour rendre son film quasi-sensitif et viscéral et pas simplement joli. Mais c'est ainsi que vivent certaines critiques en France (et un paquet de spectateurs aussi). Et pendant que certains se branlent sur Le Ruban Blanc du donneur de leçons réactionnaire Haneke, d'autres font des films.

 Et tant pis si je passe pour un intolérant. La connerie, ça me met hors de moi...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Des fois, je m'emballe tout seul...
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 17:31

 J'ai une maxime à chaque fin d'année : je souhaite toujours l'année qui suivra, pas celle qui démarre. Une vieille habitude pour signifier que ça ira mieux demain... sauf que demain sera dans 365 jours (366 pour les années bissextiles, calmez-vous ce n'est pas un mot cochon !). Alors, je vous vois déjà vous lever de votre siège et jeter votre tasse de café ou votre canette de Coca sur votre écran qui vous a coûté cher (notez l'assonance !) en beuglant que pour écrire une connerie pareille, ça valait pas la peine d'attendre un mois.

 Vous avez raison (et ce n'était pas la peine de ruiner votre écran pour ça). En soit, répéter ça chaque fin d'année, ça ne sert à rien sauf à appuyer votre humeur détestable et à vous rendre intéressant. Mais, et si vous lisez ce blog ça ne vous aura pas échappé, je conçois de plus en plus difficilement une "bonne" année. Il n'y a pas de bonne année. Il y en a des presque réussies, des passables, des mauvaises mais bonnes, je connais pas. Et 2010 n'en fera pas exception. Je résume...

 J'ai commencé 2010 en mangeant, en regardant du catch puis, aux alentours de 4 heures du matin, en vomissant. La veille avait donné lieu à une journée de boustifaille non-stop : petit-déj' avec mon (désormais ex) binôme, McDo avec mon (désormais ex) binôme puis galettes des rois et cidre à 17 heures avec mon (terriblement ex) binôme et le (ex aussi) comptable. Ensuite, retour rapide chez moi, histoire de me rafraîchir avant de repartir à toutes blindes chez Meilleurami pour un repas léger : crudités en apéro avec Malibu-orange, saumon-crevettes en entrée puis raclette copieuse et vin blanc et rosé. A la fin de la raclette, mon estomac avait déjà mordu la ligne rouge, les messages d'alerte clignotaient dans un coin de mon cerveau et une évidence se faisait jour : j'étais mal barré. Bref, bravant l'interdit d'un geste inconscient, j'ai plongé dans les desserts (un pluriel important !) et arrosé le tout de soda. Conclusion logique, un estomac tendu comme un étudiant avant son oral de CRFPA, une sensation de lourdeur véritable et une ligne rouge loiiiiin derrière. Donc, après une tentative de sommeil agitée et houleuse, à 4 heures du matin, lisez plus haut. Démarrage en trombe, donc, qui a connu un air de déjà-vu 10 jours plus tard avec une bonne gastro éclair. Two thumbs up !

 Depuis le 1er janvier, je travaille sans mon binôme. Je n'ai pas vécu ça comme un traumatisme irréparable ou un vide sans fond. Tout ça, je l'ai vécu avant. Plus exactement le 30 décembre, dans le tram du retour, après avoir raccompagné mon binôme à la gare. Je regardais dehors, il faisait nuit, froid, pluvieux, un temps digne de Dickens, j'étais fatigué et, allez savoir pourquoi, la boule que j'avais dans l'estomac est remontée. Comme ça... Et elle a éclaté. Soudain, tout ce que je gardais enfoui au fond depuis quelques temps, toutes mes angoisses, toutes mes questions, tout ce que je ne souhaitais pas affronter, tout est remonté. Mon binome qui disparaîtra de ma vie, mon boulot qui ne fera qu'empirer, mes angoisses sans béquilles désormais, Cellequej'aime qui ne le sera plus, la dernière fois que je raccompagne mon binôme jusqu'à la gare avant longtemps... C'est comme avoir un accident au ralenti. On le voit arriver, on en est victime, on voit et ressent tout mais on ne peut rien faire pour l'empêcher. Un contre-coup émotionnel, un choc post-traumatique, que sais-je ? Une immense envie de pleurer, une tristesse impossible à contenir tout seul... J'ai fait de mon mieux mais le soupir qui est sorti de ma poitrine aurait pu décorner n'importe quel boeuf à proximité. Le départ définitif de mon binome le lendemain a entériné cet état de fait, son empressement (habituel, comme le lapin d'Alice) pour attraper son train, sa déception de n'avoir pas pu "ritualiser" plus son départ, ma solitude rampante... Tout cela a scellé une année 2009 bien sombre.

 2010 ? Je travaille mécaniquement. Je n'ai plus d'angoisse sur mon travail. Enfin si, encore un peu mais amoindri. J'exécute mon boulot, je suis en froid avec mon patron et je deviens le formateur du nouveau. Mon travail me plaît mais ne m'intéresse plus, en fait. L'absence d'une oreille attentive me pousse à la discrétion et à l'oubli de mes soucis. Je ne me fais pas d'illusions, ceux-ci sont simplement dans un coin et leur réapparition sera remarquée. Je pensais sombrer dans une dépression terrible mais au final... C'est pire. Je me sens vide et peu concerné.

 J'ai perdu mon binome, Cellequej'aime, la flamme pour mon boulot... Par contre, en compensation, j'ai repris goût à la musique, au cinéma, à la lecture. Tout ça pour dire que j'ai abandonné ce blog parce que je ne voulais pas parler de ça, parce que je sentais que j'avais envie de faire autre chose, retrouver mes passions premières, renouer avec cette soif de culture qui m'avait abandonné, ce besoin de TOUT savoir même si c'est impossible... Alors oui, ce blog n'est pas à jour tous les deux jours mais c'est juste que j'avais besoin de m'en éloigner, de retrouver une vie, de remettre de l'ordre par la découverte culturelle comme je l'ai toujours fait dans ma vie. Parce qu'avoir démarré 2010 de cette façon nécessitait une remise à niveau ou je me tirais une balle.

 Je ne crois pas que j'abandonnerai ce blog mais soyez patient, parce que j'ai enfin compris qu'il ne remplaçait pas ma vie.

 Merci et bonne année (c'est valable pendant un mois, non ?)

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 17:00

 Elle est assise sur mes jambes. Elle est face à moi, mes mains sur ses hanches, ses bras autour de mon cou. Sa bouche frôle mon front, ses cheveux chatouillent mes joues. J'ai toujours cru que ce genre de description faisait cliché quand je les lisais dans un roman qui essayait de "capter" une scène amoureuse, intime. Mais là, je me rends compte que je me fous complètement du cliché. Nos comportements en ont tous une part et quoi que l'on fasse pour s'en débarrasser ou ne pas y entrer, s'y abandonner est souvent un luxe trop bête à refuser.

 Elle est face à moi, mes mains remontant remontant son buste. Ses doigts me caressent le cou et fricotent dans mes cheveux. Étrangement, je ne me sens pas hyper-excité. Je suis bien, sans empressement ni précipitation. J'adore ce moment. Celui où nous sommes maladroits. Celui où nos baisers se loupent une fois sur deux. Celui où nous accordons nos mouvements. Je ne ressens pas de rush. Dehors, il fait froid, il est tard. Je suis avec elle, elle est avec moi. Le temps est ailleurs que dans cette pièce. Mes soucis, mes problèmes pourront attendre le lever du jour.

 Je déboutonne sa chemise et pose ma tête contre sa poitrine. J'entends battre son coeur. Tout ça pue le cliché, encore. Un vrai film de Roland Emmerich. Je ne sens plus le mien. Les litres d'endorphine que mon état de bien-être balance dans mon corps annihile toutes douleurs et tout stress. Ma peau devient sensible. Le manque d'habitude, sûrement.

 Le temps s'est arrêté quelque part sur la route. Je contemple son corps dans une lumière diffuse. Il ne ressemble à aucun corps qui peuplait mon monde de fantasme. Et probablement que le mien doit lui faire le même effet. Mais je m'en fous. Je le touche le plus affectueusement qui soit, enfonçant encore plus le cliché. Dehors, le monde a disparu, lointain et silencieux. Dehors, les gens dorment, rient, pleurent, boivent comme des trous, se battent, se droguent, tentent de se suicider, ruminent leurs vies minables, trompent leurs conjoints, dorment ou meurent. Nous, nous essayons d'échapper à ce tumulte pendant quelques temps.

 Dehors, il fait froid et il est de plus en plus tard pendant que j'embrasse un amour compliqué, que je succombe à un attirance charnelle qui m'aura bouffé le cerveau. Nous sommes ensembles. Cet amour blessé se radoucit. Cette tension s'apaise. J'embrasse ma propre complication, mon conflit interne, une guerre sans nom qui fait rage en moi. J'enlace une hypocrisie, une douleur, un questionnement, une lâcheté, un courage... Je me dis que la réponse viendra. Je caresse un espoir, une tentation, une utopie.

 J'aimerai qu'elle puisse voir mon champ de ruines. Mes désillusions, mes idées mortes, mes désirs fanés, mon romantisme en berne et mon besoin d'amour jamais inassouvi. J'aimerai qu'elle n'ait pas peur, qu'elle soit patiente, qu'elle ait de la compassion pour ma faiblesse. J'aimerai changer, lui éviter ma douleur. J'aimerai savoir pourquoi je me léve tous les matins.

 Sa gentillesse est infinie, sa douceur me fait perdre mon calme. Comment se douter qu'il n'y aura pas d'autres instants comme ça ? Elle est face à moi, nue, mes mains sur ses cuisses. Elle est prête à me poignarder en plein coeur. Comment croire qu'il n'y aura pas d'autres moments comme ça ?

 J'aimerai que Cellequej'aime devienne plus qu'un concept abstrait et idiot. Même si j'ai balayé mon espoir sous le tapis du salon. J'aimerai toucher un absolu impossible, juste pour me dire que je l'ai fait. Mais c'est stupide. Je ne veux pas rêver une vie. Je veux la vivre avec Cellequej'aime, avec une vraie compagne. Le remord et les souvenirs amers sont toujours plus vivaces en période "festive". Les choix non faits aussi. Les dures facettes de la réalité, le retour au quotidien, à ce que l'on est VRAIMENT... Comment ne pas espérer arriver à les oublier un jour  ?

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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