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Mercredi 4 novembre 2009

 Se lever tous les matins est un challenge, je ne vous apprends rien. Mais il y a des jours où le sort va vous montrer qu'il ne vous a pas oublié. Une petite ironie, une propension maladive à l'angoisse et le tour est joué.

 Ce matin, la pile de mon baladeur MP3 est morte.

 Donc, plus de musique.

 Le choc est arrivé en pleine chanson de Spiritual Beggars pendant que j'attendais à un feu rouge piéton. Clic. En une seconde, plus de jus, plus de grattes maousses, plus de voix rugueuse, plus de blues-rock gras comme un kebab frites chez l'arabe du coin. Juste le son du monde extérieur. J'ai rapidement pris sur moi, question de sang-froid. Trop loin de chez moi pour y retourner chercher une nouvelle pile et trop en retard aussi (et puis un tram qui approchait au loin), j'ai pris mon courage à deux mains : pas de MP3 aujourd'hui !

 On a beau se dire que le monde est dur, qu'on est dépressif, que notre esprit torturé est un ennemi à combattre constamment, que Cellequej'aime ne restera qu'un surnom débile et que mon coeur ratera un battement à chaque fois que ses yeux se poseront sur moi et qu'on est capable de tout abandonner sur un coup de tête. On se dit qu'on assiste à un dérèglement humain quotidien et que rien ne pourra l'enrayer, qu'avoir des enfants dans ce monde est un acte égoïste et meurtrier et que l'amour a depuis longtemps abandonné ce globe (comme Dieu). On a bien BEAU de se dire que l'on travaille avec un groupe de gens adorables mais dont les psychoses respectives finissent par brûler une motivation défaillante, qu'abandonner n'est pas une solution même si on a VRAIMENT envie de passer la main à quelqu'un d'autre, histoire de pouvoir dormir un peu, enfin. On cherche tous les jours à panser ces blessures, nouvelles et anciennes, en espérant qu'elles arrêtent de saigner un jour et qu'elles arrêtent d'apparaître aussi.

 Bref, on se forge un faux mental d'acier pour parvenir au bout de cette journée qui va mélanger le travail éreintant, l'amour déçu, le ressentiment, la tristesse et la fatigue... et là, votre lecteur MP3 Creative MuVo100 2Go vous lâche. Comme ça. Clic.

 J'ai tout tenté : la réanimation (marche pas !), la menace (s'en fout !), la supplication (pareil !), l'espoir (je vous ai dit que j'étais désespéré). Au final, je me suis retrouvé à affronter le tram et l'extérieur sans protection musicale. Vous le savez mais je le précise encore : la musique est ma drogue, l'équivalent de l'air à respirer pour un être vivant. C'est mon Temesta, mon Doliprane, ma Vicodine, mon Tranxene, mon Prozac 1000... La musique est mon courage, mon baume réparateur, mon attelle de l'âme, mon expression sentimentale... Des fois, ça ne marche pas car on ne répare pas tout et les pires blessures avec de la pommade mais la musique est la chose la plus importante pour moi.

 Et me voilà à affronter le monde extérieur, sans aide ni soutien décibellique. Ce qui m'a permis de me raccorder un temps au monde extérieur. Morceaux choisis.

 "Alors là, le mec, style, il m'a quand même dit qu'il avait été séduite par mon intelligence !" (Hoooo admiratif d'une foule de deux copines) "Hé ouais, c'est trop mignon. Pourtant Xav', c'était une tronche le mec mais lui il m'a (suite incompréhensible)"

 "Et toi ? T'as quelqu'un ? C'est trop mignoiiiiiiiiiiiii"

 Oui, pour la dernière, ne me demandez pas. Je pense qu'il y avait un dérèglement des circuits qui faisait que chacune de ses phrases se terminaient par un "iiiiiiiiiiii" frisant l'ultrason. Et moi, je regardais mon baladeur, petit oisillon sans vie dans ma main. (soupir).

 Toujours est-il que, une fois rentré maison, une nouvelle pile a remplacé l'ancienne, bordel de merde ! Il n'est pas dit que j'affronte de nouveau un monde hostile sans munitions !

 ...

 ça change un peu, non ?

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Dimanche 1 novembre 2009

 Elle est là, bien présente. Ma boule sur l'estomac.

 Pendant un moment, j'ai réussi à la tenir à l'écart. A l'éloigner de moi. A lui faire face. Mais à croire que je lui manque, elle revient sans cesse. Ce poids écrasant sur la poitrine, sur le ventre. Ce truc immatériel qui vous appuie et qui vous fait mal, un mal de chien. Entre la douleur de l'âme et la présence dérangeante. Cette boule que votre esprit vous fabrique tranquillement dans un coin de votre crâne et vous balance à l'instant adéquat pour réaliser un strike de toute beauté.

 Cette boule, c'est dedans et dehors. Elle est le fruit d'un travail patient d'évènements extérieurs qui laissent des traces. Des traces qui sont mixées, cuisinées et servies chaudes par notre psychologie intérieure, tout ça pour en faire un beau condensé de névroses, un vrai festin de stress qui feront la joie de vos intestins. C'est la recette miracle de peurs, de rêves brisés et de souffrances existentielles. C'est notre désespoir par le menu.

 Ma boule est faite de peur, d'angoisses passées et à venir, de plans sur la comète, d'amours déçus et d'un amour infaisable.
 C'est une transition qui se fait dans la douleur.
 C'est un blog muet.
 C'est Cellequej'aime.
 C'est Cellequej'aime avec quelqu'un d'autre, cet inconnu à venir qui me la prendra sous mes yeux.
 C'est moi impuissant, victime d'une injustice.
 C'est la difficulté d'être quand on se déteste.
 C'est un personnage créé il y a 17 ans qui ne veut plus partir.
 C'est une lutte incessante avec soi-même.
 C'est l'impossibilité d'être aimé quand on arrive à peine à se trouver des qualités.
 C'est la volonté de se laisser mourir parce que plus rien n'en vaut la peine.
 C'est faire mal à ceux qu'on aime parce qu'on paraît toujours ce que l'on n'est pas.
 C'est une fragilité et une hypersensibilité destructrices.
 C'est une haine qui flambe comme un feu de forêt.
 C'est être à la merci d'un destin sarcastique.
 C'est une quête désespérée de la paix intérieure.
 C'est donner des leçons et tirer la couverture à soi.
 C'est être le voisin de douleurs habituelles.
 C'est ne plus faire la différence entre ce qu'il y a derrière soi et ce qu'il reste devant soi, tellement le paysage est désolé et désolant.
 C'est être le témoin d'un monde qui va aux chiottes et du malheur de notre entourage chéri.
 C'est le nombrilisme, l'égoïsme et l'auto-affliction comme médaille et trophée.
 C'est savoir qu'on arrivera jamais à être heureux.
 C'est ne pas pouvoir trouver quelqu'un à qui dire qu'on en peut plus, que cette vie est épuisante et qu'on souhaite en finir au plus vite.
 C'est ne pas arriver à avouer qu'on a envie d'abandonner, dans un dernier acte privé.
 C'est se forcer à se lever tous les matins pour affronter une journée merdique et que l'on n'a plus de motifs pour le faire.
 C'est la peur, à tous les étages.
 C'est se demander quand arrivera le moment où je passe mon tour, où je quitte la partie pour me mettre à vivre et à aimer et laisser le malheur à un autre candidat.
 C'est le visage d'une fille que l'on aime. C'est la fabrication du fantasme de l'amour salvateur.
 C'est une suite de choix dont on ne se débarrasse jamais des conséquences.
 C'est savoir que notre malheur n'est rien par rapport à d'autres personnes mais que malgré tout, le notre est insurmontable.
 C'est essayer de changer...

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Mon monde intérieur n'est pas une zone de paix
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Vendredi 23 octobre 2009

 J'adore mon binome.

 Je continue à l'appeler "binome" au lieu d'"ex-binome" parce qu'au fond, 3 ans d'activités quotidiennes communes, ça ne s'efface pas d'un simple changement de poste. Aujourd'hui, même si notre distance de travail s'est réduite, ce n'est plus du tout pareil. Pendant 3 ans, je savais qu'en poussant les portes de mon boulot, je le trouverai à son poste, un paquet de biscuits à coté de son ordi (parce qu'il était encore parti à l'arrache à 6h54 et qu'il n'avait pas eu le temps de déjeuner alors que sa mobylette était tombée en panne devant son train qui était en retard à cause d'une grève surprise) et qu'il avait posé sur mon bureau un article du Métro du jour supposé m'intéresser (en général, oui). Je savais qu'il aurait une histoire pas possible à me raconter sur un malheur qui lui serait arrivé à lui ou à sa copine ou aux deux en même temps. Ou un film d'horreur vu sur NT1 ou NRJ12, avec des fourmis mutantes qui font fuir les saumons des rivières (ou un truc comme ça, j'ai jamais vraiment compris). Ou un livre qu'il était en train de lire. Ou un deux trois films qu'il avait vu dans la nuit, avant de me lâcher un "j'suis claqué, moi !". Et ce n'était rien par rapport au retour de week-end où nous devions aligner une heure de travail effectif dans la matinée, tellement le debriefing était long.

 Je regrette ce temps. Rien n'est éternel, je sais. Mais je regrette ce temps où je savais que, quotidiennement, je revoyais quelqu'un sur qui je pouvais compter. Tant sur le plan du travail que sur le plan humain. Bien sûr, mon cher binôme n'était pas Meilleurami, avec qui nous formions une dream-team féroce. Évidemment, mon cher binome s'égarait par moments  dans une volonté de faire la blague absolue qui pouvait effriter ma patience (très limitée). Bien entendu, sa logique imparable et le fait qu'il avait rarement tort arrivaient à toujours m'emmerder, là où j'aurai souhaité une compassion feinte. C'est tuant, quand on est une grande chose fragile, de voir sa logique passionnelle s'échouer comme une merde face à une logique toute rationnelle... et réaliste. C'était un peu le caractère de notre duo : le rêveur d'absolu et le réaliste pensif. Le cynisme et le stoïque. L'impatience contre le calme olympien.

 En fait, mon cher binôme n'a jamais cherché à me juger ou à juger qui que ce soit. Un principe souvent trop appliqué à mon goût (il n'y a pas à être trop tolérant avec des intolérants, eux ne le seront pas avec vous. Non, ce n'est pas de moi...) mais qui lui a toujours permis de me donner des conseils avisés. Longtemps, j'ai cru qu'il ne savait pas y faire alors que ce bougre attend juste le bon moment. Tout est organisé dans sa tête et, même si c'est un cancre en orthographe (et je suis gentil), il est imbattable à l'oral.

 Inutile de se voiler la face dans ce blog : si mon binôme me manque, c'est que je n'ai plus quelqu'un à qui me raccrocher. Il a toujours été là quand j'allais mal. Il a été là quand j'ai coulé à pic après le crash avec Cellequej'aimais. Il m'a soutenu, encouragé et ne m'a pas berné avec des contes de fée. Sur le moment, c'est effroyable parce que vous ne voulez pas entendre quelqu'un qui a raison. Mais à force, il m'a permis de me remettre sur pieds. Et aujourd'hui, alors que je traverse un sentier inconnu dont j'ignore moi-même la destination (mais j'ai une idée...), il s'efforce d'être là, autant qu'il peut. Comme tout ami s'efforce de le faire.

 Ce qui me fout la trouille, ce sera son absence, quand il quittera son boulot et que là, je n'aurai plus l'occasion même de le croiser. Et que je devrai couper le cordon et faire face à mes démons. Sa présence, même silencieuse, est une bouffée d'oxygène et un espoir. Parce que, même si j'essaye autant que possible de ne pas le faire, je sais qu'il est là, à portée de mains, pour pouvoir m'épancher si les cicatrices s'ouvrent à nouveau. Mais quand il ne sera plus là ? Qui pourra m'apporter de la gaze et du mercurochrome quand j'aurai l'âme pleine de bleus ? Je ne cherche pas une infirmière à plein temps mais, en tant que pleureur professionnel, mon cher binôme était mon coté humain. Ma peur n'est pas seulement de voler en éclat sous la pression mais de redevenir une armure blindée, protégée contre tout ce qui vient de l'extérieur. Il me mettait son pied au cul, osait aller plus loin qu'un simple "après tout, c'est aussi ta vie, tu te débrouilles". Car cet inconscient croit en moi, comme si je faisais partie de sa famille.

 Parce que, quoi qu'il en dise, sous cette apparente nonchalance et "logic attitude" se cache un coeur énorme qui a aussi peur que le mien de ce qu'on va faire avec. Comme moi, mais avec plus de talents, mon cher binôme est un sensible qui se dissimule. Mais lui a le courage d'aller à la rencontre des autres et d'être TOUJOURS présent pour eux même si cela ruine son capital santé.

 Tout ça pour dire que cet imbécile me dit constamment que ce qu'il préfère dans mon blog, ce sont les posts perso, ceux où je parle de moi. Alors, je vais lui faire plaisir : tu vas me manquer, grand con !

 Bonne nuit...

Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Jeudi 22 octobre 2009
Par Buster Casey - Publié dans : Fragments d'une vie parmi tant d'autres
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Mercredi 21 octobre 2009

 N'étant pas Hephaïstos, je ne me permettrai aucune longue dissertation sur l'utilité d'une reprise dans le monde de la chanson. Si je peux juste avancer un avis court, je trouve que dans 95% des cas, c'est inutile et nul. La reprise bouche un trou dans un album, sert de titres bonus extra-rares et collector dans une édition limitée (à 6 millions d'exemplaires) ou alors permet une gloire éphémère à un groupe qui le sera tout autant. En gros, on ressert la soupe et les gens achètent (mais les gens sont cons, autant en profiter me direz-vous).

 Et puis il arrive qu'une reprise soit utile. Elle transfigure le morceau original, elle lui donne une nouvelle patine, elle l'emmène là où il n'allait pas forcement. Ces reprises peuvent être pour le fun (Beatallica et ses reprises des Beatles à la sauce Metallica ou encore les Me First And The Gimme-Gimme qui se sont spécialisés dans les reprises de succès à la sauce ska/punk), peuvent rendre hommage à un genre (Undisputed Attitude de Slayer pour le punk/hardcore, le dernier Hatebreed...) et d'autres...

 L'exemple qui nous occupe est une reprise d'un genre particulier puisque le "repriseur" est plus vieux que le "reprisé". Pour faire clair, il s'agit d'une reprise de Hurt de Nine Inch Nails par Johnny Cash. En gros, un vieux chanteur folk/rock reprend une chanson d'un groupe d'indus metal. Inutile de vous pincer jusqu'au sang, la vidéo qui va suivre le prouve. Le grand écart stylistique entre les deux bonshommes est monstrueux mais le fond du message les unit : la Mort est toujours au bout du chemin. Chez NIN, Hurt clôt l'éprouvant The Downward Spiral sur une note définitive. La reprise par Johnny Cash est effrayante : si le titre original suintait la décrépitude absolue, celle-ci invoque les fantômes, les douleurs passées et la fin prochaine, plus encore que chez NIN. Constat d'autant plus troublant que Cash suit le texte et la musique quasiment à la mesure près. Sa performance est tellement juste, évidente et émouvante qu'on s'étonne encore que ce ne soit pas NIN qui l'ait repris à Cash. Sa mort, peu après l'enregistrement de son album de reprises, donne à ce morceau une aura particulière. Si chez NIN, Hurt vous donnait envie de vous tailler les veines, celle de Johnny Cash vous fera pleurer et courir serrer dans vos bras celui ou celle que vous aimez. Toujours ça de pris...



 

 Bonne nuit...
Par Buster Casey - Publié dans : Cuuuuulte !!!! Non ? - Communauté : Vive le désordre !
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